21/01/2026
Quand la dyslexie et la dysorthographie rencontrent le TDAH, le TSA et le haut potentiel
Une rencontre qui complique tout… mais qu’on sous-estime encore...
On parle souvent de dyslexie et de dysorthographie comme de troubles des apprentissages.
On parle souvent du TDAH, du TSA ou du haut potentiel comme de profils neurodéveloppementaux ou cognitifs.
Mais dans la vraie vie, ces réalités ne vivent pas séparément.
Elles se superposent.
Elles s’additionnent.
Elles s’influencent.
Et c’est là que beaucoup d’enfants, d’adolescents et d’adultes se retrouvent en grande difficulté, non pas parce qu’ils manquent de capacités, mais parce que leurs fonctionnements se heurtent.
La dyslexie et la dysorthographie ne sont pas juste des « problèmes de lecture »
La dyslexie, ce n’est pas lire lentement.
La dysorthographie, ce n’est pas faire des fautes.
Ce sont des différences profondes dans la manière dont le cerveau traite le langage écrit.
Le décodage, la mémorisation des formes des mots, la correspondance entre sons et lettres, l’automatisation de l’orthographe demandent beaucoup plus d’énergie.
Lire fatigue.
Écrire épuise.
Comprendre sous contrainte devient un effort constant.
Quand ces difficultés se combinent à un TDAH, un TSA ou un haut potentiel, l’impact est démultiplié.
Quand le TDAH s’en mêle
Un enfant qui a un TDAH doit déjà mobiliser une énergie énorme pour rester attentif, inhiber ses impulsions, organiser sa pensée et suivre une consigne.
Ajoute à cela une dyslexie ou une dysorthographie et tu obtiens un cerveau qui doit faire deux choses très coûteuses en même temps : se concentrer et décoder.
L’enfant ne lit pas seulement lentement.
Il lutte.
Il oublie ce qu’il vient de lire.
Il perd le fil.
Il se fatigue plus vite que les autres.
Souvent, on croit qu’il ne fait pas d’efforts.
En réalité, il en fait trop.
Quand le TSA est concerné
Chez un enfant TSA, le langage peut être perçu de façon très différente.
La lecture peut être très technique mais peu intuitive.
L’orthographe peut être très rigide ou au contraire très instable.
La dyslexie et la dysorthographie viennent perturber encore davantage l’accès au sens.
L’enfant peut savoir énormément de choses, mais ne pas réussir à les mettre en mots écrits.
Cela crée une frustration immense et parfois un retrait ou des comportements de protection.
Quand le haut potentiel entre en collision
Chez un enfant ou un adulte à haut potentiel, la pensée est souvent rapide, riche, nuancée.
Mais la dyslexie et la dysorthographie ralentissent l’expression.
Le décalage devient cruel.
Le cerveau pense vite.
La main et l’écrit suivent lentement.
L’enfant sait.
Mais il ne peut pas le montrer.
Cela nourrit un sentiment d’injustice, d’échec et parfois une perte de confiance massive.
Beaucoup finissent par croire qu’ils sont nuls, alors qu’ils sont simplement entravés.
Une fatigue invisible mais réelle
Lire, écrire, copier, produire un texte, prendre des notes, comprendre une consigne écrite sont des actes permanents à l’école et dans la vie adulte.
Pour ces profils, chaque tâche demande un surcoût cognitif.
Ils finissent souvent la journée vidés.
Irritables.
Découragés.
Cette fatigue explique beaucoup de crises, de refus, de lenteur ou de désengagement.
Ce n’est pas un manque de motivation.
C’est un épuisement.
Ce que cela change pour l’adulte
À l’âge adulte, cette comorbidité ne disparaît pas.
Elle se transforme.
Beaucoup évitent de lire.
D’écrire.
De faire certaines démarches.
Certains développent de l’anxiété, de la honte ou une tendance à la surcompensation.
Ils travaillent deux fois plus pour paraître comme les autres.
Le coût psychique est énorme.
Ce qui aide réellement
Ce qui aide, ce n’est pas de demander plus d’efforts...
C’est de réduire la charge inutile.
Cela passe par :
- des supports oraux en plus de l’écrit
- des outils numériques de lecture et de dictée vocale
- du temps supplémentaire sans pression
- des consignes simplifiées
- des évaluations adaptées
- un regard qui distingue les capacités de la difficulté à les exprimer
Et surtout, cela passe par une reconnaissance claire de cette double ou triple réalité.
Conclusion !
Quand la dyslexie et la dysorthographie se combinent au TDAH, au TSA ou au haut potentiel, l’enfant ou l’adulte ne devient pas moins capable.
Il devient juste beaucoup plus sollicité.
Comprendre cette comorbidité, c’est cesser de juger l’intelligence à travers la vitesse de lecture ou l’orthographe.
C’est enfin voir la personne derrière l’effort invisible...
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