06/04/2026
La roue ne commence pas et ne finit pas, elle se déploie, elle se transforme, elle respire à travers celles qui la traversent, et c’est précisément ce mouvement vivant qui donne sens à la transmission que j’incarne aujourd’hui.
Ce que j’observe, avec beaucoup de justesse et presque une forme d’évidence intérieure, c’est que pendant que mes élèves gardiennes en présentiel arrivent au terme de leur traversée de la roue de médecine, d’autres femmes, en parallèle, entrent dans ce même cycle par un autre seuil, une autre porte, une autre temporalité, et pourtant dans une cohérence profondément organique.
Celles qui étaient avec moi en présentiel ont marché la roue, pas comme un concept théorique, mais comme un véritable chemin initiatique, en traversant les directions de l’Est jusqu’au Nord, en rencontrant à chaque étape des archétypes, des résistances, des ouvertures, et surtout des clés, ces clés initiatiques qui viennent toucher quelque chose de caché, de subtil, de profondément enfoui dans l’être, là où réside la gardienne.
Dans chaque direction, il ne s’agissait pas simplement de comprendre, mais de vivre, de ressentir, d’être traversée, et c’est dans cette immersion que quelque chose s’est déplacé, que quelque chose s’est révélé, jusqu’à ce moment très particulier où l’on ne devient pas gardienne au sens extérieur du terme, mais où l’on entre dans une résonance, dans une manière d’habiter le monde, de percevoir l’invisible, de tenir un espace avec une qualité de présence qui ne s’apprend pas, mais qui s’incarne.
Et pendant que ce cycle se referme pour certaines, un autre s’ouvre ailleurs, autrement.
À distance, d’autres femmes viennent tout juste de franchir le seuil de l’Est, cette direction du commencement, du souffle initial, de l’émergence, et elles y entrent à travers le conte initiatique, cette manière très particulière que j’ai de transmettre, qui ne passe pas uniquement par des contenus ou des explications, mais par des récits qui ouvrent des espaces intérieurs, qui activent des archétypes, qui viennent toucher directement le corps et l’inconscient.
Parce que je n’ai jamais conçu cette formation comme une succession de modules à suivre, mais comme une roue vivante dans laquelle chaque femme entre à l’endroit juste pour elle, au moment juste pour elle, en résonance avec ce qu’elle est prête à rencontrer.
La roue de médecine s’est imposée à moi comme une évidence, non pas intellectuelle, mais profondément incarnée, parce qu’elle reflète les lois du vivant, les cycles du corps, les saisons intérieures que traversent les femmes que j’accompagne, et il m’aurait été impossible de transmettre autrement que dans cette circularité.
Certaines arrivent dans le feu de l’Est, avec l’élan, le désir, l’appel, d’autres arrivent dans des espaces plus denses, plus introspectifs, et chacune vient se placer dans la roue à un endroit qui fait sens pour son propre chemin, sans qu’il n’y ait jamais de re**rd, ni d’avance, ni d’erreur.
C’est cela qui me touche profondément aujourd’hui, cette simultanéité des mouvements, ce croisement invisible entre celles qui clôturent un cycle et celles qui en initient un, cette sensation très forte que la roue continue de tourner indépendamment de toute volonté de contrôle, et qu’elle porte, à sa manière, chacune exactement là où elle doit être.
Alors non, il n’y a pas de début, il n’y a pas de fin, il y a une continuité, une spirale, un mouvement perpétuel dans lequel la gardienne ne naît pas à un instant précis, mais se révèle progressivement, au fil des traversées, des passages, des seuils franchis.
Et peut-être que la seule vraie question, au fond, n’est pas de savoir quand tout cela commence ou se termine, mais simplement de sentir, avec honnêteté et présence, où l’on se situe aujourd’hui dans sa propre roue.
Cindy Pinchart
Formation Gardienne de Cercles, en présentiel et en distanciel