18/12/2025
fenêtre 18 – L' effort
On la sent, la fatigue de décembre. Les vacances au pas de la porte.
Les cartable qui semblent poser une tonne le matin.
Les réveils qui sonnent plus longtemps que nécessaire.
La cuillère qui traîne, qui tombe, qui se relève, jusqu'à atteindre la bouche.
Les pleurs, les cris, le rien qui déborde.
Et pourtant, il faut y aller. Chez eux. Chez nous.
L'effort. Tout ça, cette lourdeur, cette lenteur, ces râles. L’effort, il est rugueux, glacial parfois, jamais doux. Rarement confortable. Pour personne.
Chez un enfant, on le voit de loin. Les épaules qui s’affaissent, les yeux qui roulent au plafond, les "j’ai la flemme". Chez un adulte, l’effort est plus discret. Dans la procrastination qui nous colle aux basques, dans la flemme organisée, dans cette petite négociation intérieure du « Je commence après mon café » avant de décider à procrastiner à une date ultérieure.
Et pourtant, quelque chose de magique se passe quand on persévère.
On voit la confiance se remettre debout. Le cerveau faire clic. L’idée qui s’éclaire. La fierté qui gonfle la poitrine.
Et on se souvient cette petite phrase de nos parents ou grands-parents : « ça ne va tomber pas du ciel ». L’effort ça s’apprend, ça s’apprivoise, ça se construit. Petit à petit. Tâche après tâche. Victoire après victoire.
Et soyons honnêtes, on demande souvent à nos enfants ce qu’on a encore du mal à faire nous-mêmes. Alors peut-être que la meilleure façon de leur transmettre le goût de l’effort, c’est d’accepter le nôtre. De les laisser nous voir recommencer, râler, respirer, persévérer. De leur montrer qu’on peut ne pas y arriver du premier coup. De leur montrer que c’est normal de galérer un peu.
J’ai mis du temps à comprendre que l’effort compte souvent plus que le résultat. Championne du “je pourrais faire mieux”. Mon +1 y ait pour beaucoup. Il y a quelque chose de beau, de vulnérable dans le fait d’essayer, de s’accrocher, de recommencer.
J’ai appris à regarder le chemin plutôt que l’arrivée, à contempler le courage plutôt que la performance. Chez mes enfants. Chez moi. Chez les autres.
Parce qu’au final, l’effort, ce n’est pas un truc qui fait souffrir. C’est un truc qui fait grandir.
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