25/01/2026
Le TDAH chez les filles : quand le trouble devient invisible...
Pendant longtemps, le TDAH a été pensé, décrit et repéré à travers un modèle très masculin.
Un enfant qui court, dérange, coupe la parole, bouge sans cesse, dérange la classe.
Ce modèle existe… mais il ne raconte pas toute l’histoire.
Chez beaucoup de filles, le TDAH prend une autre forme.
Plus discrète, plus intériorisée, souvent plus coûteuse sur le plan émotionnel.
Et c’est précisément pour cela qu’il passe si souvent inaperçu.
Une hyperactivité qui ne se voit pas toujours
De nombreuses filles qui ont un TDAH ne sont pas forcément agitées dans leur corps.
Elles sont agitées dans leur tête.
Leurs pensées vont vite, parfois trop vite.
Elles anticipent, analysent, imaginent, se projettent sans arrêt.
Elles peuvent sembler calmes, posées, sages… alors que leur cerveau ne s’arrête jamais.
À l’école, elles tiennent souvent.
Elles observent, imitent, se suradaptent.
Elles apprennent très tôt à faire “comme il faut”.
Mais cette adaptation a un prix.
Fatigue, anxiété, perfectionnisme, peur de l’erreur, sentiment de ne jamais en faire assez.
Le TDAH est là, mais il ne dérange pas l’extérieur.
Il épuise l’intérieur.
Une socialisation qui pousse à se contenir
Les filles sont très tôt encouragées à être calmes, agréables, attentives, polies, responsables.
Quand elles sont agitées, impulsives ou trop expressives, la pression sociale est souvent plus forte que pour les garçons.
Beaucoup apprennent donc à retenir.
À masquer.
À faire passer les autres avant elles.
Ce mécanisme peut faire croire qu’elles n’ont pas de difficultés... alors qu’elles dépensent une énergie énorme pour tenir.
Attention aux raccourcis
Il est essentiel de le dire clairement :
toutes les filles qui ont un TDAH ne sont pas calmes, discrètes ou intériorisées.
Certaines filles sont aussi très hyperactives dans leur corps.
Elles bougent beaucoup, parlent fort, coupent la parole, prennent de la place, ont du mal à rester assises, explosent émotionnellement.
La différence, ce n’est pas l’absence d’hyperactivité.
C’est la manière dont elle est tolérée et interprétée.
Chez les filles, l’agitation physique est souvent jugée plus sévèrement, plus rapidement corrigée, parfois même plus honteuse socialement.
Beaucoup apprennent donc à la masquer, mais pas toutes.
Le TDAH chez les filles est donc très hétérogène.
Il peut être silencieux ou bruyant, intérieur ou visible, contrôlé ou débordant.
Ce qui les relie, ce n’est pas la manière dont ça se voit.
C’est la manière dont leur cerveau fonctionne.
Un diagnostic souvent tardif
Parce qu’elles dérangent moins, les filles sont moins repérées.
On parle plus souvent d’anxiété, de timidité, de manque de confiance, de sensibilité.
Le TDAH passe en arrière-plan.
Beaucoup de femmes découvrent leur TDAH à l’âge adulte.
Après des années à se sentir “bizarres”, trop sensibles, trop intenses, trop fatiguées, trop instables.
Ce diagnostic tardif n’est pas un détail.
Il explique beaucoup de parcours chaotiques, d’estime de soi abîmée, de stratégies de survie.
Quand la fatigue devient émotionnelle
Se contenir en permanence crée une fatigue invisible.
Les filles avec un TDAH ont souvent une grande intensité émotionnelle, une empathie forte, une hypersensibilité.
Mais elles ont appris à ne pas trop montrer.
Cela peut conduire à des effondrements, des crises, des périodes de retrait ou de grande culpabilité.
Pas parce qu’elles sont fragiles.
Parce qu’elles ont tenu trop longtemps.
Ce que ça prépare à l’âge adulte
Une fille qui grandit en se suradaptant devient souvent une femme qui s’épuise.
Perfectionnisme, peur de décevoir, difficulté à poser des limites, sentiment de ne jamais être assez.
Comprendre le TDAH chez les filles, c’est souvent comprendre des femmes entières.
Conclusion !
Le TDAH chez les filles n’est pas rare.
Il est simplement moins visible.
Et ce qui est invisible est trop souvent ignoré.
Changer le regard, c’est offrir à des milliers de filles la possibilité de grandir sans se perdre.
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