08/01/2026
La guérison ne commence pas par la paix.
Elle commence par une rupture intérieure.
Par cet instant prĂ©cis oĂč quelque chose en toi se redresse.
OĂč le corps refuse de continuer Ă porter ce qui nâest plus juste.
OĂč lâĂąme retire son consentement silencieux Ă la survie maquillĂ©e en sagesse.
La guĂ©rison arrive lorsque tu arrĂȘtes de te mentir pour rester acceptable.
Lorsque ne dis plus âça vaâ par rĂ©flexe.
Lorsque tu ne minimises plus ce qui tâa abĂźmĂ©e pour prĂ©server le confort des autres.
Et Ă ce moment-lĂ , la colĂšre monte.
Pas la colĂšre spectaculaire.
Pas celle qui cherche un coupable.
Mais la colĂšre nue. Ancienne.
Structurelle.
Celle qui surgit quand tu rĂ©alises tout ce que tu as tolĂ©rĂ© en croyant ĂȘtre forte.
Les annĂ©es Ă tâadapter.
Les compromis répétés.
Les limites dĂ©placĂ©es centimĂštre par centimĂštre jusquâĂ ne plus savoir oĂč tu commençais.
La colÚre de comprendre que tu as été loyale à des systÚmes, des relations, des rÎles
qui ne tâĂ©taient pas loyaux en retour.
Et le monde te dira de te calmer.
De pardonner vite. DâĂȘtre âĂ©levĂ©eâ.
DâĂȘtre reconnaissante pour les leçons.
Mais cette injonction-lĂ est une seconde violence.
Parce que ta colĂšre nâest pas une rĂ©gression.
Elle est un signal de réveil.
Un feu sacrĂ© qui marque la fin de lâauto-gaslighting.
Elle apparaĂźt le jour oĂč tu cesses de justifier lâinjustifiable.
Le jour oĂč tu regardes enfin la vĂ©ritĂ© en face, sans filtre spirituel pour lâĂ©dulcorer.
Le jour oĂč tu comprends que ce que tu appelais âamourâ, âpatienceâ ou ârĂ©silienceâ
était parfois de la dissociation déguisée.
Ta colĂšre est intelligente.
Elle sait exactement oĂč ça a dĂ©rapĂ©.
Elle se souvient de chaque fois oĂč tu tâes tue pour maintenir une paix qui te coĂ»tait trop cher.
Elle nâest pas lĂ pour dĂ©truire ta vie.
Elle est là pour brûler la version de toi
qui devait faire semblant que tout allait bien.
Celle qui souriait alors que quelque chose se fendait Ă lâintĂ©rieur.
Celle qui comprenait trop, pardonnait trop, portait trop.
Celle qui sâĂ©tait habituĂ©e Ă survivre dans des cadres trop Ă©troits.
La guérison passe par ce feu-là .
Parce quâil nettoie. Parce quâil tranche.
Parce quâil remet de la vĂ©ritĂ© lĂ oĂč il nây avait plus que de lâadaptation.
Ce feu ne demande pas Ă ĂȘtre aimĂ©.
Il demande Ă ĂȘtre honorĂ©.
Et une fois quâil a fait son Ćuvre, quelque chose change profondĂ©ment.
La rage ne reste pas. Elle se transforme.
Elle devient clarté.
Elle devient discernement.
Elle devient cette capacité nouvelle à dire non sans trembler.
Ă te retirer sans expliquer.
à ne plus négocier ta dignité.
AprÚs la colÚre, il y a une stabilité inconnue jusque-là .
Pas une paix molle. Une paix droite.
AncrĂ©e. Qui ne dĂ©pend plus de lâapprobation extĂ©rieure.
La guĂ©rison nâest pas un retour Ă lâancienne version de toi.
Câest une mue irrĂ©versible.
Et si ces mots te traversent,
ce nâest pas parce quâils sont âfortsâ.
Câest parce quâils touchent un endroit en toi
qui sait dĂ©jĂ que quelque chose ne pourra plus jamais ĂȘtre comme avant.
Et câest trĂšs bien ainsi.
Parce que ce qui brĂ»le aujourdâhui
Ă©tait dĂ©jĂ en train de te consumer de lâintĂ©rieur.
Maintenant, au moins, le feu éclaire.
Corinne De Leenheer
Belle soirée,
Laetitia đ
Laetitia Tinor - Butineuse de bonheur