30/03/2026
Je vous relaie un article de Julie Dachez au sujet du TDAH et de la périménopause.
"Si vous avez la quarantaine et un TDAH, il y a de bonnes chances que vous ayez vécu ça : un beau matin (ou une mauvaise nuit), vous réalisez que vos symptômes ont l'air d'avoir explosé. La concentration en berne, l'humeur en PLS, la mémoire qui flanche, et une fatigue cognitive que rien ne semble arranger. Et là vous vous demandez : « mais qu'est-ce qui m'arrive ? »
Spoiler : vos hormones ont décidé de jouer aux montagnes russes. Bienvenue dans la périménopause.
Ce que la recherche commence à documenter sérieusement, c'est que les oestrogènes sont de véritables alliées de la dopamine dans le cerveau. Elles boostent sa libération et sensibilisent les récepteurs dopaminergiques, ce qui améliore la concentration, la régulation émotionnelle et la mémoire de travail.
Or, le cerveau TDAH est déjà structurellement déficitaire en dopamine. Quand les oestrogènes commencent à fluctuer (puis à chuter), cet appui disparaît. Et l'effet est immédiat.
Contrairement à la ménopause, où le taux d'oestrogènes se stabilise (certes très bas), la périménopause se caractérise par des fluctuations erratiques et imprévisibles, parfois d'un jour sur l'autre. Pour un cerveau TDAH qui fonctionne déjà à flux tendus au niveau dopaminergique, c'est particulièrement déstabilisant.
Une r***e publiée en 2025 dans Frontiers in Global Women's Health (Kooij et al.) le documente clairement : les fluctuations hormonales tout au long de la vie féminine influencent directement la cognition, l'humeur et la capacité d'autorégulation chez les femmes avec TDAH. Et une étude utilisant la BADDS (Brown Attention Deficit Disorder Scale) a montré que les symptômes TDAH augmentaient significativement au passage en périménopause.
Dans une enquête menée auprès de plus de 4 000 femmes par ADDitude Magazine, 70% d'entre elles décrivent leurs symptômes TDAH dans la quarantaine et cinquantaine comme ayant un impact "qui change leur vie". Beaucoup ont reçu leur diagnostic précisément à cette période. Parce que sans le soutien hormonal, les mécanismes de compensation qu'elles avaient mis en place toute leur vie ont fini par s'effondrer !
C'est souvent à ce moment-là que le masque tombe. Ce qui donne l'occasion à l'errance médicale de prendre fin (mais bon dans les faits, ça n'est pas toujours le cas). Si vous aussi vous êtes en plein dans cette période charmante, force à vous !"
Force à vous, force à nous.
Il FAUT tenir compte de ces infos (beaucoup trop récentes d'ailleurs) quand on est en questionnement pro, qu'on doute de soi, qu'on a l'impression qu'on n'est plus capable de travailler, de changer de cap professionnel.
Prendre la décision de démissionner sur un coup de tête, par manque de régulation émotionnelle, croire qu'on est "seulement" en burnout, et que c'est le burnout qui expliquerait toutes les soudaines déficiences cognitives, être paniquée par le changement parce qu'on a des pics d'anxiété à crever les plafonds,... Ce ne sont que quelques exemples de l'impact majeur de notre santé sur TOUTE notre vie.
Il y a des solutions, mais encore faut-il savoir que ça existe, et se poser les bonnes questions.
D'où l'importance de la sensibilisation !