Maternité en Pleine Conscience

Maternité en Pleine Conscience ✨ Approche holistique et bienveillante de la maternité ✨
🦋 Estelle Di Zenzo, sage-femme indépendante et instructrice Pleine Conscience - MBSR 🦋

Je suis Estelle Di Zenzo, fondatrice de cette communauté dédiée à la maternité en pleine conscience. En tant que sage-femme, passionnée par la parentalité consciente, je me suis plongée dans l’univers de la pleine conscience et en suis devenue instructrice pour accompagner au mieux le parcours de maternité, et c’est avec beaucoup de joie que je souhaite partager ce chemin avec vous.

Le post-partum est souvent présenté comme un temps doux, instinctif, naturellement heureux. Cette image, largement véhic...
08/04/2026

Le post-partum est souvent présenté comme un temps doux, instinctif, naturellement heureux. Cette image, largement véhiculée, laisse peu de place à une réalité pourtant fréquente : le stress intense et l’épuisement psychique des jeunes mères.

✨ Toutes les femmes en difficulté ne pleurent pas.
✨Toutes ne se sentent pas « tristes ».
✨Certaines sont en mode survie.

Ce mode de fonctionnement se manifeste parfois par :
• une incapacité à faire des siestes malgré une fatigue extrême
• des difficultés à s’endormir ou à rester endormie
• un réveil brutal, rapide, avec une montée d’angoisse
• une hypervigilance permanente autour du bébé
• une impression de ne jamais pouvoir lâcher prise
• une tension interne constante, même au repos

D’un point de vue neurobiologique, ces manifestations ne sont pas un échec maternel.

Elles correspondent à une réponse normale du système nerveux face à un stress prolongé, à la privation de sommeil, au surmenage et parfois à un manque de soutien.

👉 Le cerveau maternel reste en alerte.
👉 Le corps ne se sent pas suffisamment en sécurité pour se relâcher.

Dans ce contexte, la pression sociale à « bien vivre son postpartum », à être organisée, heureuse, compétente, peut devenir un facteur aggravant.

La femme tente alors de tenir, de contrôler, de répondre aux attentes… au détriment de ses propres besoins.

Pourtant, le postpartum n’est pas un examen à réussir.
C’est une période de vulnérabilité physiologique et psychique majeure.

𝗤𝘂𝗲 𝗽𝗲𝘂𝘁 𝗳𝗮𝗶𝗿𝗲 𝘂𝗻𝗲 𝗳𝗲𝗺𝗺𝗲 𝗹𝗼𝗿𝘀𝗾𝘂’𝗲𝗹𝗹𝗲 𝘀𝗲 𝗿𝗲𝗰𝗼𝗻𝗻𝗮𝗶̂𝘁 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗰𝗲𝘀 𝘀𝗶𝗴𝗻𝗲𝘀 ?
🌙 En parler à une sage-femme, lors du suivi postnatal
🌙 Consulter un·e professionnel·le de santé formé·e à la périnatalité (médecin, psychologue, psychiatre)
🌙 Mettre des mots sur ce qui se passe avec son ou sa partenaire
🌙 Réduire les exigences : faire moins, pas mieux
🌙 Se faire aider concrètement pour le quotidien
🌙 Rechercher des espaces d’écoute sécurisants, sans jugement

Un postpartum difficile n’est pas un manque d’amour pour son bébé.
Ce n’est pas une faiblesse.
C’est souvent le signe qu’une femme a trop donné, trop longtemps, sans suffisamment de soutien.

Reconnaître ces signaux précoces permet d’agir avant que l’épuisement ne s’installe durablement.

🤍 Prendre soin de la santé mentale maternelle,
c’est aussi prendre soin du lien, du bébé, et de la famille entière.

Estelle, sage-femme 🦋

🚗 En route pour Mons !Aujourd’hui, je pars en réunion autour d’un projet qui me tient profondément à cœur :𝒍𝒂 𝒄𝒓𝒆́𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏 ...
06/04/2026

🚗 En route pour Mons !

Aujourd’hui, je pars en réunion autour d’un projet qui me tient profondément à cœur :
𝒍𝒂 𝒄𝒓𝒆́𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒅’𝒖𝒏 𝒑𝒐̂𝒍𝒆 𝒑𝒉𝒚𝒔𝒊𝒐𝒍𝒐𝒈𝒊𝒒𝒖𝒆 𝒅𝒆 𝒏𝒂𝒊𝒔𝒔𝒂𝒏𝒄𝒆.

Un lieu où les sages-femmes accompagnent les naissances physiologiques, en collaboration étroite avec les collègues sages-femmes hospitalières, les gynécologues et les autres médecins qui entourent la grossesse.

🌱 une attention particulière à la physiologie,
🤝 plus de travail en lien, en équipe
🍼 toujours avec la sécurité hospitalière.

❓ Sais-tu ce qu’est un pôle physio ?
❓ Penses-tu que ce modèle peut exister au sein d’un hôpital ?

Affaire à suivre…

Estelle, sage-femme 🦋

Dominique Bonnier est bien plus que ma collègue : elle est une amie précieuse et ma partenaire de cœur dans l’accompagne...
03/04/2026

Dominique Bonnier est bien plus que ma collègue : elle est une amie précieuse et ma partenaire de cœur dans l’accompagnement des naissances.

Sage-femme depuis 1987, Dominique est, comme elle le dit si justement, « sage-femme dans l’âme ». Son parcours, riche de nombreuses années d’expérience, lui a permis de développer une pratique profondément humaine, ancrée dans l’écoute, la justesse et le respect du rythme de chaque femme.

Nous nous sommes rencontrées au sein de l’Union professionnelle des sages-femmes belges, autour d’une vision commune : défendre notre profession et promouvoir un accompagnement global et respectueux de la naissance. Depuis, nos chemins se sont entremêlés à travers l’enseignement, puis aujourd’hui dans notre travail de terrain, où nous accompagnons ensemble les familles en suivi global, en accouchement à domicile, et dans différents projets qui nous tiennent à cœur.

Dominique a enrichi sa pratique de nombreuses formations, allant de l’aromathérapie à la nutrition périnatale, en passant par le massage pré et postnatal, le massage bébé, ainsi que des approches plus holistiques comme l’accompagnement en tant que doula, les rituels Rebozo ou encore les cercles de femmes. Cette diversité nourrit une approche profondément globale, où le corps, le cœur et le vécu émotionnel ont toute leur place.

Passionnée, curieuse et toujours en chemin, elle continue à se former avec enthousiasme. Mais au-delà de ses compétences, Dominique est aussi une femme pétillante, lumineuse, avec un humour précieux qui accompagne les moments les plus intenses comme les plus légers.

Travailler à ses côtés est une immense richesse. Merci Dominique pour ta confiance, ton engagement, et pour ce chemin que nous construisons ensemble, au service des femmes et des familles.

Estelle, sage-femme 🦋
Dominique Bonnier-Hanneuse Sage-femme

01/04/2026

L’oeil du débutant 👁️

Regarder le vide.
Pas pour chercher quelque chose,
mais pour laisser la place.
Quand le regard ne s’accroche plus,
le monde recommence à apparaître.
Une lumière,
un mouvement d’air,
un détail oublié.
Il n’y a pas de grand moment.
Pas de grande routine non plus.
Seulement cet instant
où le regard se repose
et où l’émerveillement revient. ✨

Estelle, sage-femme 🦋

Qu’aurais-tu aimé entendre ce jour-là ? ✨Une phrase d’encouragement.Une phrase rassurante.Une phrase qui t’aurait redonn...
30/03/2026

Qu’aurais-tu aimé entendre ce jour-là ? ✨
Une phrase d’encouragement.
Une phrase rassurante.
Une phrase qui t’aurait redonné confiance.
Ou simplement une présence différente…

Dépose-la en commentaire si tu en as l’élan 🤍
Ici, chaque vécu a sa place. Chaque histoire mérite d’être honorée.

Estelle, sage-femme 🦋

Une naissance inattendue.Il y avait comme une évidence que cet enfant allait naître ce jour-là.Sans savoir ni quand, ni ...
27/03/2026

Une naissance inattendue.
Il y avait comme une évidence que cet enfant allait naître ce jour-là.
Sans savoir ni quand, ni comment, ni de quelle manière.

Un peu comme l’histoire de ses mamans.
Elles s’étaient rencontrées sur les réseaux, presque sans y croire. Sur un site de rencontre, sans être sûres de vouloir y être. Aucune des deux n’avait vraiment envie. Plus envie de se faire mal. Plus envie d’être amoureuse. Plus envie de recommencer.
Et pourtant… l’alchimie a opéré.

La rencontre a eu lieu.
Et quelques années plus t**d, ce petit garçon s’apprêtait à naître.
Peut-être, lui aussi, à sa manière inattendu.

Les premières contractions ont commencé dans la nuit.
À 4 heures du matin, sa compagne m’appelle : les contractions deviennent régulières, intenses.

Quand j’arrive, la maison est calme. Le monde dort encore.
Je pose un monitoring pour écouter ce petit cœur.

🌕 Dehors, le ciel est encore sombre, éclairé par la pleine lune du 2 mars. Elle est là, lumineuse, presque enveloppante, comme un témoin silencieux de ce moment.

À l’intérieur, le corps travaille déjà.
Les contractions sont présentes.
Le rythme s’installe doucement.

Je propose alors de laisser encore un peu de temps. Pour un premier bébé, il n’est pas toujours facile de savoir quand appeler sa sage-femme. Les contractions peuvent surprendre, questionner, faire douter de sa capacité à en vivre d’autres encore plus intenses.

Et pourtant, le corps sait.
Il contracte encore et encore. Régulièrement. Intensément.
Pour que le col se transforme, pour que la naissance puisse se préparer.

Je repars un moment accompagner mes enfants à l’école, puis je reviens deux heures plus t**d. Je leur propose de prendre un bain, de laisser le corps s’ouvrir à son rythme.

En fin de matinée, après un examen, le travail est bien installé.
Le col s’est ouvert.

👉 Le souhait de cette maman est clair : vivre la suite avec une péridurale, dans le confort.

Nous décidons alors de partir vers la maternité.
Là-bas, sa douleur est entendue et la péridurale est posée.
Sa compagne reste à ses côtés, présente, attentive. Elle la masse longuement, encore et encore, avec tant de présence que la peau rougit sous ses mains. Bouillotte, massages, mots doux… tout est là pour soutenir ce passage.
La péridurale apporte un soulagement… mais pas complet.

Les contractions restent puissantes.
Puis vient le moment de la rupture de la poche.
Et soudain, tout bascule.
Un flot de sang.
Puis un autre.
L’urgence s’installe.
Les questions fusent : le col ? le placenta ? l’utérus ?
Dans ces moments-là, il faut surtout agir.

La naissance change de chemin.
Dans cette intensité, dans cet imprévu, ce petit garçon décide finalement de venir au monde autrement.

Il naît par césarienne.

Une naissance différente de celle imaginée, mais une naissance profondément entourée, soutenue, accompagnée.

Parce qu’en maternité en pleine conscience, nous savons aussi accueillir l’imprévu.
Accueillir les détours du corps et de la vie.
Et parfois, même les naissances inattendues portent en elles une grande puissance.

27/03/2026

Avant une naissance…
je me prépare à ma manière.

Des petits rituels simples
pour revenir à moi,
me déposer,
me rendre disponible. 🍫

Le soleil est là,
et moi aussi. ☀️

✨ Ce soir, je te raconterai une naissance inattendue.

Estelle, sage-femme 🦋

🌳 L’interconnexion — le langage invisible du vivantDans la vision bouddhiste, rien n’existe seul.Aucun être, aucun événe...
25/03/2026

🌳 L’interconnexion — le langage invisible du vivant

Dans la vision bouddhiste, rien n’existe seul.
Aucun être, aucun événement, aucune naissance n’apparaît isolément.

C’est ce qu’on appelle l’interdépendance (pratītyasamutpāda).
Tout naît en relation.
Tout se transforme par relation.

Comme les arbres. 🌳

En surface, ils semblent séparés.
Chacun son tronc, son feuillage, son espace.
Mais sous la terre,
leurs racines se touchent,
s’entrelacent,
échangent des informations,
se soutiennent.

La forêt n’est pas une somme d’arbres.
C’est un organisme vivant.

Les bébés comme racines conscientes

Dans le bouddhisme, la conscience n’est pas enfermée dans un corps.
Elle circule.
Elle prend forme.
Elle se manifeste là où les conditions sont réunies.

Les bébés arrivent avec une sensibilité intacte à ce champ invisible.
Avant les mots.
Avant la séparation.

Ils sentent ce qui est prêt.
Ils sentent quand c’est le moment.
Ils savent, d’une manière qui ne passe pas par le mental.

Comme les racines savent où l’eau circule. 💧

Alors, même quand plusieurs naissances se présentent,
le vivant s’organise.
Pas par contrôle.
Mais par intelligence relationnelle.

Quand je suis de garde pour plusieurs naissances,
je ne pense pas en termes de contrôle.
Je pense en termes de racines.
Je fais confiance à ce qui se parle sans mots,
à ce qui s’organise sous la surface.
Et je me rends disponible à ce qui demande présence.

Lâcher l’idée de maîtrise.

La pleine conscience nous invite à une posture quelque peu radicale :
𝗹𝗮𝗶𝘀𝘀𝗲𝗿 𝗲̂𝘁𝗿𝗲 𝗰𝗲 𝗾𝘂𝗶 𝗲𝘀𝘁.

Non pas par passivité,
mais par confiance dans le processus.

Dans cette perspective,
Je ne suis pas “celle qui gère la naissance”.
Je suis un point de présence dans un réseau vivant.
Et je permets par mes connaissances médicales, d assurer une forme de sécurité intérieure et physique.

Je suis la, a chaque grossesse, naissance pleinement là,
Pour permettre au système de s’autoréguler.

Le bouddhisme dirait :
quand l’ego se détend,
le Dharma agit. 🙌

Estelle, sage-femme 🦋

23/03/2026

Et si, pour traverser la naissance,
vous n’aviez pas besoin d’un plan parfait…
mais d’une boussole intérieure ?

Une boussole qui ne dicte pas le chemin,
mais qui vous aide à vous orienter,
à chaque instant,
au cœur de ce qui se vit.

⏱️ Une boussole faite de douceur, d’écoute, d’autonomie.
Elle ne vous dit pas quoi faire.
Elle vous invite à vous demander :
✨ De quoi ai-je besoin pour me sentir en sécurité ?
✨ Qu’est-ce qui m’apaise lorsque l’intensité monte ?
✨ Où ai-je besoin de tenir, et où puis-je laisser aller ?
✨ Quelle place je souhaite donner au médical ?
✨ Quel rôle j’offre à la personne qui m’accompagne ?
✨ Comment ai-je envie d’être soutenue, regardée, respectée ?

Cette boussole ne cherche pas à contrôler la naissance.
Elle vous relie à vous-même.
À vos besoins.
À votre puissance.
Et c’est dans cet espace, entre ancrage et lâcher-prise, que les choix peuvent s’ajuster, se transformer, s’affiner.

Non pas pour faire “comme il faut”,
mais pour faire au plus juste. 💫

Estelle, sage-femme 🦋

Accoucher : entre lumière, fracture, illusion / désillusionPourquoi raconte-t-on si peu les histoires complètes de naiss...
20/03/2026

Accoucher : entre lumière, fracture, illusion / désillusion

Pourquoi raconte-t-on si peu les histoires complètes de naissance ? Pourquoi tant de récits restent-ils polis, lissés, presque idéalisés, alors que l’expérience traverse le corps comme une vague brute — parfois douce, parfois dévastatrice ?

Il existe une forme de tabou autour de ce que les femmes vivent réellement en accouchant. Non pas parce que ces histoires n’existent pas, mais parce qu’elles dérangent. Elles débordent des images simples, des récits rassurants, des cases dans lesquelles on voudrait faire entrer la maternité.

Accoucher, ce n’est pas seulement donner la vie. C’est être traversée.

Certaines naissances sont rapides, fluides, presque évidentes de l’extérieur. Tout semble “parfait” : peu d’heures de travail, un accompagnement respectueux, un cadre choisi. Et pourtant, à l’intérieur, quelque chose peut se fissurer ou pas.

Une sensation d’avoir été ouverte. Déplacée. Bouleversée jusque dans le cœur. Comme si le corps avait su… mais que l’âme, elle, était restée en arrière, tentant de rattraper ce qui venait de se produire.

On peut rentrer chez soi avec son bébé dans les bras — et ne plus savoir exactement qui l’on est.

Il y a aussi les naissances où le corps est contraint : gestes médicaux, interventions, urgence. Même lorsqu’elles sauvent, elles peuvent laisser une empreinte.

Une sensation d’arrachement. Parfois, une forme de “petite mort”.

Certaines femmes parlent de dissociation, comme si elles avaient quitté la scène au moment même où leur enfant arrivait.

Certaines frôlent réellement la mort en donnant la vie. Ce n’est pas une métaphore. C’est une réalité corporelle, physiologique, existentielle.

Et ce type d’expérience ne s’arrête pas le jour de la naissance. Elle laisse des traces : dans le corps, dans la psyché, dans les relations.

Parfois, tout l’équilibre de vie vacille ensuite — le couple, le travail, les repères. Comme si cette traversée avait tout remis en mouvement, sans laisser le temps de se reconstruire immédiatement.

Oui, il existe des récits de maternité lumineux. Et ils sont vrais.

Mais ils ne sont pas les seuls.

Chaque naissance est une expérience unique, intime, complexe. Et surtout, elle ne peut pas être comprise uniquement de l’extérieur.

Beaucoup de femmes disent : “Si j’avais su…”Mais peut-on vraiment savoir sans l’avoir vécu ?

Il ne s’agit pas d’informer moins. Il s’agit d’accepter que certaines dimensions ne s’expliquent pas — elles se traversent.

Parler de ces réalités aujourd’hui, ce n’est pas faire peur. C’est faire de la place à la vérité.

C’est reconnaître que :

une naissance “respectée” peut être vécue comme un deuil, une césarienne peut sauver tout en laissant une trace, une péridurale peut soulager autant qu’elle peut décaler une expérience, une naissance physiologique peut être puissante… et profondément déstabilisante, et qu’un accouchement peut laisser une empreinte traumatique, même quand “tout s’est bien passé”.

Accompagner les femmes, ce n’est pas leur promettre un scénario idéal. C’est être là, dans ce qui est.Dans ce qui dépasse.Dans ce qui échappe.

C’est aussi reconnaître la complexité du lien : être profondément présente, tout en sachant qu’il faudra se retirer. Ne pas devenir une amie, rester une professionnelle — même quand une intimité forte s’est créée.

Et surtout, accueillir toutes les expériences. Pas seulement celles qui rassurent.

Raconter ces histoires, ce n’est pas chercher des regards ou des validations. C’est un acte d’honnêteté.

Parce que derrière chaque naissance, il y a une femme qui a traversé quelque chose d’immense. Quelque chose qui mérite d’être entendu, dans toute sa profondeur.

Peut-être que le véritable enjeu est là : ne plus chercher à uniformiser les récits, mais laisser exister la diversité des vécus.

Sans hiérarchie. Sans jugement. Sans silence

Estelle, sage-femme 🦋

Peut-être un regard. Une main serrée très fort.Une phrase qui a soutenu.Un moment de silence où tout s’est aligné.Peut-ê...
18/03/2026

Peut-être un regard.
Une main serrée très fort.
Une phrase qui a soutenu.

Un moment de silence où tout s’est aligné.
Peut-être la puissance ressentie dans votre corps.
La surprise de découvrir une force que vous ne soupçonniez pas.
Ou simplement l’instant où votre bébé a été posé contre vous, pour la première fois.

Les naissances ne sont jamais parfaites.
Elles sont vivantes.
Parfois douces, parfois intenses, parfois bouleversantes.
Mais il y a presque toujours un fragment, un détail, une sensation qui reste gravée.
Un geste.
Un souffle.
Une présence.
Et c’est souvent là que se niche la beauté de cette traversée.

✨ Si c’était à refaire, qu’est-ce que vous choisiriez de garder ?
Un souvenir.
Une sensation.
Un moment.

Je vous propose de déposer ce mot ou cette image en commentaire.
J’ouvre un espace bienveillant pour accueillir vos histoires, vos fragments de naissance, vos souvenirs précieux. 💛

Parce que chaque naissance mérite d’être racontée.

Estelle, sage-femme 🦋

Entre deux mondes, une naissance. ✨La naissance commence souvent dans un lieu simple.Un salon baigné de lumière.Le bruit...
16/03/2026

Entre deux mondes, une naissance. ✨

La naissance commence souvent dans un lieu simple.
Un salon baigné de lumière.
Le bruit discret d’un lave-vaisselle.
Une musique grave qui enveloppe l’espace.
Et une femme qui écoute son corps.

À 7h15, les premiers messages arrivent.
Les contractions sont là, espacées de cinq à sept minutes, encore irrégulières.
Comme une mer qui cherche son rythme.
Le corps s’ouvre doucement à la naissance.

À 8h45, le monitoring confirme ce que la femme ressent déjà dans ses entrailles : le travail s’installe.
Les contractions deviennent plus profondes.
Le cœur du bébé bat calmement, autour de 130 battements par minute.
Tout est là.

À 9h30, elle souhaite savoir où elle en est.
Le col est postérieur, médian, ouvert à deux centimètres et demi, encore un peu cerclant.

Le bébé amorce doucement son chemin.
Alors la vie suit son mouvement naturel : marcher, respirer, entrer dans l’eau chaude d’un bain.
Je les laisse dans leur bulle.

Lorsque je reviens à 12h15, le paysage a changé.
Les contractions sont plus régulières, plus puissantes.
La femme est à quatre pattes, guidée par cette intelligence ancienne que le corps porte en lui.
Le cœur du bébé bat toujours avec constance.

À 13h24, l’urine s’écoule spontanément.
Le col est maintenant antérieur, souple, ouvert à quatre centimètres.
Le bébé est bien fixé.
La maternité se profile à l’horizon.
Mais pour l’instant, la naissance se vit encore ici.

Dans le salon inondé de soleil, la scène a quelque chose de profondément simple et sacré.
Le quotidien continue autour d’eux.
Le lave-vaisselle murmure.
La musique grave résonne dans la pièce.

La femme traverse les vagues de ses contractions, tantôt sur le côté, tantôt à quatre pattes.
Son compagnon masse son dos avec une présence infiniment attentive.
Et dans ce cocon ordinaire, un enfant s’apprête à naître.

À un moment, le chat de la maison s’approche doucement.
Attiré par les sons du monito, il s’installe tout près.
Son corps se blottit contre la machine, et il se met à ronronner, comme hypnotisé par le rythme régulier du cœur du bébé.
Le ronronnement se mêle aux battements du cœur.
Un instant suspendu.
Comme si, lui aussi, reconnaissait la vie qui arrive.

À 14h39, une pression apparaît dans le vagin.
Le cœur du bébé varie autour de 140 battements.
Je pense alors à la sagesse immense des femmes.
À leur patience.
À cette capacité presque mystérieuse de plonger dans la grande douleur de l’enfantement.
La femme respire.
Par moments, elle semble s’endormir entre les contractions, abandonnée au travail du corps.

À 14h50, les vagues deviennent puissantes.
Entre elles, elle lâche prise.
Le corps sait.

Vers 15h15, elle se lève pour aller aux toilettes.

À 15h45, les mots sortent simplement :
« J’en ai marre. »

Le col est à cinq ou six centimètres.
Le bébé est bien fixé.
Le travail est solide.
Nous décidons de rejoindre la maternité, avec l’idée d’un bain qui pourrait soutenir ce passage.

Sur la route, j’appelle la salle de naissance.
La réponse est nette :
il faut passer par les urgences pour l’admission.
Et il n’y a pas de bain.

Lorsque je transmets l’information, un silence s’installe.
Un blanc.
La déception se glisse dans l’espace.
Quelque chose vient de se fissurer.

À l’arrivée, les urgences sont bondées.
La femme fait son admission au milieu du brouhaha, des regards, des commentaires.
Entre deux contractions, elle tente de rester dans son monde intérieur.
Puis l’attente.
La porte qui t**de à s’ouvrir.
Et la longue traversée du couloir.

À 17h, elle arrive enfin dans une chambre qui n’a rien d’un espace physiologique.
On tente de poser la perfusion.
Trois fois.
Trois échecs.

Le toucher vaginal annonce maintenant quatre centimètres, col cerclant.
La femme dit alors qu’elle ne veut plus être ici.
Que tout devient insupportable.
Elle demande la péridurale.
Les rideaux se ferment.
Les contractions semblent ralentir.
Le contraste est brutal.

Quelques heures plus tôt, son corps avançait librement dans le salon lumineux de sa maison.
Ici, il doit composer avec le rythme du système.
Un système où, bien souvent, les gestes deviennent routiniers.
Quand on y travaille chaque jour, on peut finir par ne plus voir ce qui se joue.

Les sages-femmes elles-mêmes sont souvent prises dans une organisation qui les oblige à courir d’une chambre à l’autre.
Débordées.
Pressées.

Mais pour chaque femme, cet instant est unique.
Pour elle, ce n’est pas une routine.
C’est la naissance de son enfant.
La bienveillance ne s’apprend pas seulement dans les livres.
Elle se vit dans la présence.
Dans l’écoute de la douleur.
Dans le temps que l’on accepte de donner.

Je propose doucement à la femme de replonger dans son travail.
Son compagnon s’allonge près d’elle.
Leur petit îlot se reforme.

À 18h05, le bain se libère enfin.
Je le désinfecte moi-même.

À 18h15, elle entre dans l’eau.
Son corps retrouve un peu d’espace.
Elle doit en sortir une demi-heure plus t**d : le cœur du bébé n’est plus capté correctement dans l’eau.
Le travail poursuit sa route.

À 21h45, le col est à huit centimètres.
La péridurale est posée.
La mobilisation continue.
Le soulagement arrive.
Et malgré tout ce qui a précédé, la naissance retrouve son chemin.

Sur le côté, dans une douceur presque irréelle, leur bébé vient au monde.
Au creux de ses mains, c’est elle qui l’accueille.
C’est elle qui le sort.
Sans manœuvre de notre part.
Sans « soutien » du périnée.
Simplement portée par la puissance instinctive de son corps.
Sous nos yeux émerveillés, la femme fait naître elle-même son enfant.
Un geste ancien.
Simple.
Évident.
Comme si, au cœur même du système, la vie avait réussi à retrouver sa simplicité.

Et cette naissance nous rappelle quelque chose d’essentiel.
Les femmes savent enfanter.
Elles ont seulement besoin d’un espace où leur corps est respecté, entendu, accompagné.
Un accompagnement continu, attentif, humain, ne devrait jamais être un luxe.
Ni un privilège.
Simplement le socle de toute naissance.

Estelle, sage-femme 🦋

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