04/02/2024
Perdre un enfant …
Quoi de plus impensable, de plus contre nature.
C’est plus particulièrement le deuil périnatal que je voudrais effleurer aujourd’hui. Un sujet très délicat qui me tient particulièrement à coeur
Cette perte, qui peut arriver, selon la définition, pendant une période qui va de la grossesse jusqu’à 7 jours après l’accouchement, période que je vais rallonger à quelques mois après la naissance.
C’est un deuil très particulier.
Perdre un très jeune enfant, ce n’est pas perdre un être cher avec qui on a des souvenirs mais perdre un petit avec lequel nous avions des projets, avec lequel nous nous étions projetés dans l’avenir. C’est la vie et la mort qui se percutent en un labs de temps très court.
C’est aussi parfois être en décalage avec la famille ou les amis qui n’ont pas créé de lien avec ce bébé, qui peuvent penser qu’une courte durée de vie est synonyme d’une courte période de deuil.
Que le fait d’en parler ravivera notre souffrance alors qu’elle ne nous quitte pas; et que faire vivre cet enfant que l’on a perdu, en prononçant son nom, peut faire tellement de bien.
C’est aussi l’entourage qui se sent impuissant devant notre souffrance, et qui, inquiets, nous poussent à aller vite mieux, à reprendre “notre vie d’avant”.
C’est aussi des grands-parents qui vivent la double peine de perdre un petit enfant et de voir leur fille/fils souffrir. De dire des choses pour apaiser et qui engendre des tensions.
Perdre un petit, c’est encore tellement d’autres choses.
C’est aussi la lumière qui recommencera à briller, doucement.
Perdre un petit, c’est ce que j’ai vécu, en tant que grand-mère.
C’est pouvoir, aujourd’hui, penser à Gaspard, avec tout mon amour sereinement.
C’est, en tant que thérapeute, accompagner les parents et leur entourage dans cette période terriblement douloureuse.
C’est les aider à entrevoir à nouveau la lumière.
Pour tous les Gaspard, tous les papas et mamans et leur famille.