24/03/2026
Il y a des jours à l’hôpital qui me remuent plus que d’autres.
Des jours où je rentre avec un poids, avec des émotions que je sais ne pas m’appartenir… et pourtant, elles me traversent.
Je suis sage-femme.
J’aime profondément accompagner, soutenir, être là dans ces moments de passage, de transformation, de naissance.
C’est un métier que j’exerce avec le cœur.
Mais aujourd’hui, j’ai envie de parler d’une réalité plus silencieuse.
Plus inconfortable aussi.
Il m’arrive de sentir de l’intolérance en moi.
Et c’est difficile à reconnaître.
Parce que ce n’est pas l’image que je veux avoir de moi-même, ni de la professionnelle que je suis.
Cette intolérance, elle apparaît dans certaines situations.
Quand je rencontre des couples qui attendent énormément de nous.
Qui espèrent qu’on puisse soulager, porter, réparer…
Alors même que, pendant la grossesse, peu ou pas de préparation a été mise en place.
Et je le dis avec beaucoup de douceur :
ce n’est pas un jugement.
Il y a la vie.
Il y a l’insouciance parfois.
Il y a les parcours, les histoires, les imprévus.
Mais il y a aussi une réalité que je ressens profondément :
La mise au monde n’est pas un moment banal.
C’est un passage.
Un rituel.
Une transformation immense.
C’est un corps qui s’ouvre,
une femme qui traverse,
un couple qui devient parent.
Et sur le terrain, pendant la mise au monde…
et ensuite en postpartum, lors des retours à domicile…
on le voit.
On le voit dans les corps, les émotions, les mots que les femmes posent après.
Cette étape marque, elle ne s’efface pas.
Et parfois, j’ai la sensation qu’elle est banalisée.
Comme si elle allait simplement “se faire toute seule”.
Comme si elle ne nécessitait pas d’y mettre de la conscience, de la présence, de l’investissement.
Mais quand la naissance arrive dans la peur, dans l’inconnu, parfois même dans la terreur, cela amplifie l’inconfort, et la douleur.
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