23/01/2026
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: s’informer pour se protéger, sans peur ni stigmatisation
L’hépatite B est une infection virale du foie très répandue, notamment en Afrique. Elle reste pourtant entourée de nombreuses idées reçues qui alimentent la peur et la stigmatisation, alors que les données scientifiques montrent une réalité plus nuancée, et surtout plus rassurante lorsqu’on est bien informé.
Des modes de transmission bien identifiés.
Le virus de l’hépatite B se transmet essentiellement par : le sang (objets tranchants ou piquants partagés), les rapports sexuels non protégés,
la transmission de la mère à l’enfant lors de l’accouchement en l’absence de prévention.
Il est important de clarifier un point encré dans nos pratiques : La salive n’est pas une voie de transmission habituelle de l’hépatite B. Même si le virus peut être retrouvé à l’état de traces dans la salive, la quantité est généralement insuffisante pour transmettre l’infection sauf s'il y a la présence de plaies. Les baisers ordinaires, le partage des repas, des couverts, les poignées de main, les câlins, la toux ou les éternuements ne transmettent pas l’hépatite B.
La guérison spontanée : le scénario le plus fréquent
Chez l’adulte, l’hépatite B est le plus souvent une infection transitoire :
90 à 95 % des adultes infectés guérissent spontanément, sans traitement, le virus est éliminé naturellement par le système immunitaire. De nombreuses personnes ont ainsi été infectées sans le savoir et sont aujourd’hui totalement guéries.
La chronicité : une minorité des cas
Chez l’adulte, seuls 5 à 10 % des cas évoluent vers une hépatite B chronique. Le risque est plus élevé lorsque l’infection survient très tôt dans la vie, d’où l’importance capitale de la vaccination dès la naissance.
Portage inactif : vivre normalement
Beaucoup de personnes atteintes d’hépatite B chronique sont des porteurs inactifs. Elles ne présentent pas de symptômes, n’ont pas besoin de traitement et peuvent mener une vie sociale, familiale et professionnelle normale, avec un simple suivi médical régulier. J'insiste sur le suivi car le virus peut se réactiver à tout moment.
Être porteur du virus n’est ni une fatalité ni une raison d’exclusion.
Complications : possibles mais non systématiques
Parmi les personnes atteintes d’hépatite B chronique : environ 15 à 25 % peuvent développer, au cours de leur vie, des complications comme la cirrhose ou le cancer du foie. Cette évolution est lente, souvent sur plusieurs décennies, et peut être largement évitée grâce au dépistage précoce, au suivi et au traitement lorsqu’il est nécessaire.
La prévention reste la meilleure arme
La prévention repose sur :
le dépistage, les rapports sexuels protégés, éviter le partage d’objets coupants, et surtout la vaccination.
Le vaccin contre l’hépatite B est sûr et efficace, administré en trois doses.
Un point important : après la vaccination complète, il est recommandé de vérifier le taux d’anticorps protecteurs par une prise de sang afin de s’assurer que l’organisme à bien réagi et est bien protégé. Si ce taux est insuffisant, une dose supplémentaire peut être proposée.
Le traitement : ciblé et efficace
Toutes les personnes porteuses du virus n’ont pas besoin de traitement.
Le traitement est réservé aux formes chroniques actives, et permet aujourd’hui de contrôler efficacement le virus et de prévenir les complications.
En conclusion
L’hépatite B n’est ni une honte ni une condamnation. Dans la grande majorité des cas, elle guérit naturellement ou reste silencieuse.
Informer, dépister, vacciner et suivre sont les véritables clés se protéger.
La connaissance protège toujours plus que la peur.
Dr_Mady_DERA
Santé sexuelle et reproductive
Santé numérique & télémédecine