12/22/2025
Quand on enlève le cellulaire à un ado, ce qui reste, ce n’est pas le calme… c’est le vide.
Des ados, j’en ai souvent dans mon bureau.
Quand on enlève le cellulaire, ce que je vois, ce n’est pas juste de la frustration.
C’est un vide immense.
Ils me regardent et me disent :
« Je sais pas quoi faire. »
« J’me sens mal. »
« J’m’ennuie, mais genre… profondément. »
Et ce vide-là, il ne vient pas de nulle part.
Ça fait des années qu’on a laissé les écrans entrer dans leur quotidien.
À l’école.
À la maison.
Partout.
Et soyons honnêtes…
nous autres aussi, comme parents, ça nous a souvent arrangés.
Quand l’enfant est sur un écran :
– il est calme
– il ne bouge pas
– il ne demande rien
Ça fait souffler.
Ça enlève une responsabilité.
Dans une routine déjà lourde, interminable.
Mais dans la petite enfance, quand l’écran n’est pas là, le cerveau fait autre chose.
Il cherche.
Il invente.
Il crée.
L’ennui devient un espace.
Un vide nécessaire pour apprendre à penser, à imaginer, à se réguler.
Quand on met très tôt dans les mains d’un enfant :
– un téléphone
– une tablette
– un jouet qui bouge, qui chante, qui allume, qui stimule tout en même temps
le cerveau n’a plus besoin de chercher.
Tout est donné!
Alors tsé, plus t**d, quand l’écran disparaît…
le cerveau ne sait plus quoi faire avec le silence, avec l’attente, avec lui-même.
Et là, du jour au lendemain, on enlève les cellulaires à l’école.
Sans transition.
Sans tenir compte de tout ce qui a été programmé pendant toutes ces années.
Puis on demande à ces jeunes-là :
– de rester assis
– de se concentrer
– d’écouter pendant des heures
Et on s’étonne qu’ils explosent, décrochent ou s’effondrent.
À un moment donné, il faut arrêter de regarder le cellulaire comme la cause,
et commencer à le voir comme le pansement.
Un pansement sur :
– la surcharge
– le manque de mouvement
– l’ennui non toléré
– l’absence de régulation intérieure
Enlever le pansement sans soigner ce qu’il cache…
ça fait juste plus mal.
Les jeunes n’ont pas besoin de moins d’écrans, point final.
Ils ont besoin de plus de corps, plus de jeu, plus de vide, plus de sécurité intérieure.
Et cette sécurité-là,
elle ne se décrète pas avec une interdiction.
Elle se construit.
Dès la petite enfance.
Avec les adultes qui les accompagnent.
Et ça…
c’est beaucoup plus confrontant que d’enlever un téléphone.