04/26/2026
Cette nouvelle pièce textile, conçue comme l’un des volets du triptyque, s’inscrit dans un moment de bascule : fin de cycle universitaire, suspension entre deux lieux, et désir latent de réancrage dans un atelier à venir. L’œuvre porte en elle cette tension — entre clôture et projection — et la matérialise par une pratique lente, répétitive et incarnée : le crochet sauvage en grosses mailles volontairement asymétriques.
Les coloris, oscillant entre verts végétaux et bleus aquatiques, construisent un paysage sensible plutôt qu’un simple agencement chromatique. Ils évoquent une mémoire organique, presque cellulaire, comme si la matière textile absorbait et restituait les traces d’un territoire vécu.
Ce registre chromatique ne renvoie pas seulement à la nature, mais à une intériorisation du paysage : une écologie du corps, où les fibres deviennent des vecteurs de réminiscence.
La forme — cette silhouette féminine d’une Vénus primordiale — introduit une dimension symbolique forte. À la fois contenant et matrice, elle convoque l’imaginaire féminin tout en le déplaçant vers une lecture plus charnelle. Le geste du crochet, enserrant, bouclant, accumulant, participe de cette logique d’enveloppement et de gestation.
Dans le contexte du triptyque, cette œuvre agit comme un seuil : elle recueille ce qui a été vécu tout en préparant une transformation. Elle ne clôt pas simplement une période ; elle en distille les affects, les inscrit dans la matière, et ouvre un espace de continuité.
Le souvenir du territoire, évoqué comme inscrit dans les cellules, trouve ici une traduction tangible : une cartographie intime, souple et poreuse, où le corps et le lieu ne cessent de se recomposer mutuellement.