03/16/2026
Autoportraits en transformation
Dans cette série d’autoportraits, l’image de soi n’est jamais fixe. Le visage apparaît comme un territoire d’exploration où les formes se transforment au gré des médiums : encre, peinture, gravure, textile ou collage. Chaque technique agit comme une manière différente d’interroger l’identité, révélant tour à tour ses lignes essentielles, ses fragments, ses couches de mémoire.
Le visage devient ainsi un espace d’expérimentation. Parfois réduit à quelques traits rapides, parfois reconstruit par la matière ou la superposition de textures, il oscille entre apparition et effacement. Les contrastes marqués, les divisions du visage ou les déformations du regard suggèrent que l’identité ne se donne jamais d’un seul bloc : elle se compose de multiples états, souvent contradictoires.
Dans certaines œuvres, l’image se rapproche du masque ou de la figure symbolique. Le travail de la gravure et du textile introduit une dimension presque rituelle : le visage est découpé, imprimé, cousu, recomposé. Ce processus de transformation rappelle que l’identité est aussi un tissu de récits, de traces et de gestes accumulés.
Ces autoportraits ne cherchent pas à représenter fidèlement un visage. Ils constituent plutôt une forme d’enquête visuelle sur la construction du soi. Chaque image propose une variation, une hypothèse, un état possible de l’être. Ensemble, ils forment une constellation de figures où l’intime rencontre le symbolique.
Dans ma démarche artistique, l’autoportrait devient un outil de recherche. Il me permet d’explorer les tensions entre le corps, la mémoire et les imaginaires qui nous traversent. En multipliant les techniques et les transformations du visage, je cherche à rendre visible cette idée simple mais essentielle : l’identité n’est pas une forme stable, mais un processus vivant, toujours en train de se recomposer.