04/13/2026
Avril est le mois de la sensibilisation à la césarienne. Je te partage des textes touchants écrits par des mamans à leur bébé né par césarienne. Voici celui d' Arianne..
Mon bébé, ce n’est pas l’accouchement que j’avais imaginé..
Quand je suis arrivée à l’hôpital à 17 h, j’avais des contractions aux 5 minutes.
Après un premier toucher, j’étais seulement dilatée à 2 cm. On m’a donc laissée dans une petite salle pendant 2 heures pour voir si le travail avançait… pour voir si tu étais prêt à arriver.
Deux heures plus t**d, mes contractions étaient plus fortes, mais irrégulières. Nouveau toucher : 5 cm. On m’a mise sur monitoring, car ton petit cœur décélérait par moments.
Une heure passe… les contractions deviennent de plus en plus difficiles à gérer. Je demande l’épidurale, mais aucune chambre n’est disponible. Je ne peux pas prendre de bain non plus, car je dois rester branchée au moniteur… pour qu’on surveille ton petit cœur.
Je reste donc couchée, avec des contractions de plus en plus douloureuses.
Après environ 2 heures comme ça, je n’en peux plus. Je demande à ton papa d’aller chercher quelqu’un. Je veux l’épidurale, je ne suis plus capable.
Finalement, une infirmière arrive. Nouveau toucher : 7 cm. Elle me dit : « On va te trouver une chambre! » Quel soulagement.
Il est 23 h, je reçois l’épidurale. Enfin. C’est une épidurale ambulatoire, donc je peux bouger, aller aux toilettes, faire du ballon. Mais le travail stagne… je reste à 7 cm pendant des heures. On me donne de l’ocytocine pour aider à faire avancer le travail.
Mais tout ne se passe pas comme prévu. Mon utérus contracte sans relâche. Une contraction dure plus de 5 minutes… et ton cœur décélère. Moment de panique. Ils doivent arrêter l’hormone. On attend que le travail se fasse par lui-même. Ton cœur finit par se stabiliser.
Vers 6 h du matin, je commence à pousser. Je pousse pendant 1 heure… mais tu ne descends pas. On me fait faire du « late pushing », pour te laisser descendre par toi-même. On me couche sur le côté droit, et j’attends encore, pendant 1 h 30.
Le médecin revient. Je pousse encore 45 minutes. Toujours rien. Ton cœur décélère encore. On appelle le gynécologue.
Le gynécologue fait une échographie : tu as le visage vers le haut. Il essaie de te tourner, sans succès complet. Il me propose alors les forceps.
Je ne voulais pas les forceps… C’était écrit dans mon plan. J’avais peur. Mais on nous explique… 9 chances sur 10 que ça fonctionne, sinon c’est la césarienne.
Après 2 h 30 à pousser, épuisée et paniquée à l’idée d’une césarienne… j’accepte.
Deux tentatives avec les forceps…
Mais ça ne fonctionne pas…
Ton cœur décélère trop.
Tout s’enchaîne alors très vite…
Je pars en césarienne d’urgence.
Je me mets à pleurer. Il y a du monde partout. Les lumières sont fortes. Tout va trop vite. Je sens tout. Je leur dis que je sens tout, que je sens l’alcool couler sur mon ventre. Je vois les instruments, les scalpels… je panique. Ton papa n’est même pas encore arrivé.
L’anesthésiste me donne un masque avec le gaz pour me calmer… et je m’endors.
Mon dernier souvenir, c’est la sensation du scalpel sur ma peau… pas une douleur, juste un effleurement. On me dit qu’on sort le bébé… puis plus rien.
Je n’ai pas vu ta naissance.
Je n’ai pas entendu ton premier pleure.
Tu es né à 10 h 44… et moi, je dormais.
Je me suis réveillée en salle de réveil, confuse et faible. Je faisais 39 de fièvre. Je tremblais sans arrêt, à cause d’un médicament pour aider mon utérus à se contracter, car je perdais trop de sang.
Je t’ai pris quelques minutes dans mes bras… mais je n’avais pas la force de te tenir. Je tremblais trop… j’ai demandé à ton papa de te reprendre.
Ils t’ont ensuite amené à la pouponnière sous observation.
Je ne t’ai revu que vers 20 h… quand j’ai enfin été capable de me lever pour aller te voir. Chaque mouvement faisait mal. Me lever, marcher, m’asseoir… tout était difficile.
Enfin, je te voyais…
Mais je me sentais coupable. Coupable de ne pas avoir été capable d’aller te voir plus tôt. J’avais aussi de la difficulté à réaliser que j’avais accouché, parce que je ne t’ai pas vu naître…
La césarienne a tout changé…
Elle m’a enlevé nos premiers moments, cette connexion que j’imaginais tant… et m’a laissé avec un immense sentiment de culpabilité.
Une partie de moi aurait aimé vivre tes premiers moments autrement… être plus présente, dès le début, pour toi.
Mais malgré tout, je suis profondément reconnaissante.
Parce qu’au final…
je t’ai toi.
Un bébé en santé, qui va bien.
Et ça, ça vaut tout 💛
Arianne ta maman