02/02/2025
Ces dernières semaines, la médecine vétérinaire a été, encore une fois, propulsée sous les projecteurs de manière intense.
Je dis encore une fois parce que ce type de reportage sensationnaliste, qui ne présente qu’un seul côté de la médaille, revient régulièrement. Chaque fois, il laisse une marque indélébile sur la profession et sur les médecins vétérinaires directement visés. Les effets sont profonds et insidieux : des vétérinaires quittent la profession ou réduisent leur charge de travail pour préserver leur santé mentale. Les cliniques, déjà surchargées, refusent de nouveaux clients, et la chaîne des répercussions s’allonge.
C’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai moi-même quitté la pratique privée pour me diriger vers l’enseignement. Il m’était inconcevable de travailler jours, soirs, nuits, fins de semaine et jours fériés, de répondre aux urgences, d’assurer des gardes, de traiter tous les petits animaux dans tous les domaines — médecine, chirurgie, dermatologie, cardiologie… — en donnant 150 % de moi-même, pour un salaire de moins de 50 000 $ par an, tout en me faisant traiter de voleuse, d’arnaqueuse, voir mon jugement clinique remis en question pour des raisons financières, mon intégrité attaquée parce que je refusais d’offrir des soins gratuits ou de renouveler des prescriptions expirées. Nous ne pouvons pas être là uniquement « pour les animaux », au détriment de notre propre bien-être.
L’attente irréaliste selon laquelle nous devrions exercer notre métier bénévolement, ou à très faible coût, est alimentée par une perception biaisée : puisque nous ne payons pas directement nos soins de santé, nous avons du mal à apprécier la valeur des soins médicaux, et encore plus les soins vétérinaires.
J’ai quitté la clinique avec des séquelles bien réelles. Même 20 ans plus t**d, elles ne sont pas entièrement guéries.
Aujourd’hui, je tiens donc à exprimer tout mon soutien aux vétérinaires des cliniques privées, qui doivent composer quotidiennement avec les répercussions de ces reportages.
Je salue particulièrement les vétérinaires de notre région, le Saguenay–Lac-Saint-Jean, qui, en plus de ces défis, font face à un manque criant de ressources. Ils tiennent à bout de bras la santé de nos animaux. Pour moi, vous êtes des héros du quotidien, et vous n’obtenez pas la reconnaissance que vous méritez.
Ce manque de ressources m’interpelle, et c’est ce qui m’amène à revenir vers la pratique. Mais ce retour se fera différemment, avec ma propre couleur, en utilisant une approche plus alignée sur mes valeurs et ma vision de la santé, et qui apporte une nouvelle profondeur aux soins disponibles dans la région.
En effet, l’acupuncture, la thérapie manuelle et le massage sont des pratiques thérapeutiques millénaires, qui ont fait leurs preuves. Elles offrent une approche à la fois différente et complémentaire à la médecine vétérinaire traditionnelle.
Cette complémentarité crée une synergie bénéfique, soutenant non seulement la guérison et la gestion de la douleur de votre animal, mais aussi la prévention des maladies chroniques, souvent plus difficiles à gérer une fois installées.
Notre profession n’est pas parfaite. Nous en sommes tous conscients. Mais chaque jour, nous nous levons avec le désir de faire mieux, de faire plus pour vos animaux. Pas pour le chèque de paie, mais parce qu’ils nous tiennent à cœur.
Cependant, il faut se rappeler que nous vivons dans une société où l’argent est nécessaire. Nous devons, nous aussi, payer nos factures, envoyer nos enfants à l’école, subvenir à leurs besoins et aux nôtres, tout comme n’importe quel autre professionnel : avocats, médecins, pharmaciens, ingénieurs, policiers, enseignants…
Alors, la prochaine fois que vous entrez dans une clinique, pensez à remercier votre vétérinaire. Sachez qu’il fait de son mieux dans des circonstances souvent complexes, avec les moyens dont il dispose.