02/06/2026
"Maman, est-ce que tu t'en fous de ce que les autres pensent de toi ?"
Nous attendons le bus scolaire. Je viens de faire un "pseudo et intense coup de karaté" accompagné d'un "yaaa!!" bien sonore. Une dame marche dans notre direction en souriant et un ado nous dépasse. Ma fille a vu le sourire et surtout, le rictus moqueur de l'ado, sans doute en lien avec ma piètre imitation de karaté kid. D'où la demande.
Je prends 1-2 secondes de "checkin", pour lui fournir une réponse honnête.
Flashback dans mon passé : j'ai 15 ans, je calcule tout ce que je mange, je veux perdre du poids, je suis tannée de faire rire de moi à l'école. Je développe un trouble alimentaire. J'ai 18 ans. Je scrute les magazines, je veux ressembler aux modèles, avoir les bons vêtements, être "dans le coup". J'ai 22 ans, je me regarde continuellement dans le miroir, même si je mange plus normalement maintenant je suis encore très préoccupée par mon image, et je n'ose pas dire ce que je pense.
J'ai 28 ans, une gang de percussionnistes jouent coin St-Laurent et St-Joseph (Mtl), et j'ai une furieuse envie de danser, mais je n'ose pas... et c'est LÀ, ce soir-là, que je me suis dis que c'était assez, de m'en faire avec ce que les autres pensent. Une intention qui est devenu un chemin quotidien, vers la reprise de mon pouvoir personnel, la guérison de mes traumas, la présence à mes besoins. Yoga, voyages, formations, impro vocale, thérapies... et tutti. Ça a été ma quête des 17 ish dernières années. Être capable de me réguler et de sentir mon espace de sécurité intérieur, pour pouvoir être authentique et m'en c**** de ce que les autres pensent. Pas contre personne. Pour moi.
J'ai 45 ans... et oui, je peux si je veux faire des niaiseries, spontanément, aux yeux de tous. Ça ne veut pas dire que je le fais sans peur : c'est juste que la peur m'impressionne moins qu'avant et ne me paralyse plus autant.
J'ai encore beaucoup à "unlocker" de mon pouvoir personnel, (pour plusieurs vies !) et y'a encore une couple de situations qui m'aspirent dans les bas fonds de ma réactivité inconsciente, mais je "remonte" pas mal plus vite qu'avant, et avec plus de bienveillance.
Je lui réponds : "Je ne m'en fous pas toujours, mais de plus en plus souvent, mon chaton."
Si ça te parle, peut-être que c'est parce que tu aimerais ça, toi aussi, être en mesure d'être plus vraie, plus ancrée, plus régulée, plus libre. Plus présente à toi et tes besoins. Et t'autoriser à les honorer, ces besoins. Je te le souhaites, de tout mon coeur.
On parle beaucoup de la périménopause ces temps-ci : surtout a/n des hormones, devrait-on en prendre ou non, et tout ça..
Je trouve pour ma part qu'une des vraies questions, à partir de la mi-quarantaine, c'est : suis-je cohérente avec moi ? Suis-je présente à mes besoins ? Pour qui est-ce que je fais "tout ça" ?
Peut-être que nos corps réagissent autant pour nous brasser un peu : assez de chercher à répondre aux attentes extérieures, de pensez aux autres avant nous-mêmes et d'utiliser notre corps sans amour pour le soumettre à un rythme qui ne lui convient plus. Ralentir ? peut-être. Au moins pour ressentir. Et faire des choix. Et des changements. Surtout si t'es au bout du rouleau, vidée... ton corps te parle, es-tu prête à l'écouter ?
Je suis là, si t'as besoin.