26/12/2025
🩺 😭
Je me souviens encore de son sourire.
Ce n’était pas un grand sourire, ni un sourire joyeux.
C’était un sourire fatigué… mais sincère.
Elle s’appelait Mariam.
Le jour où elle est entrée dans mon cabinet, elle tenait son sac contre elle comme si c’était la seule chose qui la retenait debout. Elle s’est assise lentement et m’a dit, d’une voix très douce :
— Docteur, je ne veux pas guérir… je veux juste tenir encore un peu.
Cette phrase m’a surpris.
Les patients demandent toujours à guérir. Toujours.
Mais elle, non.
Je lui ai demandé :
— Tenir pour quoi ?
Elle a baissé les yeux, puis a répondu :
— Pour voir mon fils réussir son examen. Après… je serai tranquille.
Je n’ai rien dit.
En tant que médecin, on apprend à garder une distance.
Mais ce jour-là, quelque chose s’est fissuré en moi.
À chaque rendez-vous, elle arrivait en avance.
Toujours propre. Toujours polie.
Toujours ce petit sourire.
Un jour, je lui ai demandé :
— Est-ce que vous avez peur ?
Elle a répondu :
— Non, docteur. J’ai juste peur de partir sans dire merci.
Je ne comprenais pas.
👉 Merci pour quoi ?
Elle a ajouté :
— Merci de m’avoir écoutée comme une personne, pas comme un dossier.
Cette phrase m’a suivi toute la journée.
Les semaines ont passé.
Son état ne s’améliorait pas… mais elle ne se plaignait jamais.
Jamais.
Un matin, elle est venue avec son fils.
Un jeune garçon sérieux, silencieux.
Elle l’a regardé et m’a dit :
— Docteur, il a réussi.
Je lui ai souri.
Pour la première fois, j’ai cru voir un vrai soulagement dans ses yeux.
C’était notre dernier rendez-vous.
Le lendemain, on m’a appelé tôt le matin.
Mariam ne s’était pas réveillée.
Je suis resté longtemps assis dans mon bureau, sans parler.
Sans écrire.
Sans penser.
Quelques jours plus t**d, son fils est revenu seul.
Il m’a tendu une enveloppe.
À l’intérieur, il y avait une seule phrase écrite de sa main :
« Docteur, merci de m’avoir permis de partir en paix. »
Ce jour-là, j’ai compris quelque chose que les livres de médecine n’enseignent pas.
👉 Parfois, soigner, ce n’est pas guérir.
C’est accompagner.
Écouter.
Respecter.
Depuis ce jour, quand un patient me parle doucement,
je me tais…
et j’écoute vraiment.