L'Uro-Logique

L'Uro-Logique L'uro-Logique est un espace qui a pour but de mettre à votre disposition les connaissances utiles à la résolution des problèmes urologiques.

L'urologie est une spécialité médico-chirurgicale qui traite les maladies de l'appareil urinaire masculin et féminin et de l'appareil génital masculin. Son objectif est de veiller sur :
Le capital néphronique (protection du rein)
Le confort mictionnel. Le but de cet espace est, d'une part de mettre à la disposition des étudiants ou des praticiens les connaissances utiles à la résolution des problè

mes urologiques et, d'autre part, de privilégier l'utilisation de ces connaissances pour mener une démarche diagnostique et thérapeutique adéquate.

Est-ce que les patients regrettent leur choix thérapeutique en cas de cancer prostatique localisé ?Nécessité de bien fai...
10/07/2023

Est-ce que les patients regrettent leur choix thérapeutique en cas de cancer prostatique localisé ?
Nécessité de bien faire participer la patient à son choix thérapeutique et de l’informer des effets secondaires des traitements.

Plusieurs alternatives thérapeutiques peuvent être proposées au patient en cas de cancer prostatique localisé, conduisant au même contrôle local mais avec des effets secondaires différents. Guidé par les praticiens, le patient fait un choix souvent difficile. Cette r***e de la littérature portant sur 14 études et une méta-analyse avec inclusion de 17 883 patients avec pour but de quantifier la proportion de patients ayant finalement regretté leur choix et identifier les facteurs explicatifs de ce regret.

Un total de 20% de patients exprime des regrets, un peu moins fréquemment en cas de surveillance active (13%). Le risque de regret a posteriori est augmenté par la survenue d’effets secondaires (urinaires, digestifs ou sexuels) et par le sentiment d’avoir peu participé au choix thérapeutique initialement. Cette étude met donc en avant la nécessité de bien faire participer le patient à la décision thérapeutique et de l’informer et de prendre en charge précocement les effets secondaires des traitements.

Actuellement, la question de la décision partagée est au cœur des débats et de l’optimisation des prises en charge. L’intégration des données issues de PROMs devrait nous permettre de mieux identifier les profils de patients pouvant bénéficier des traitements curatifs, avec un minimum de séquelles à long terme, et pourrait nous aider à guider les choix de stratégies thérapeutiques en améliorer la qualité de vie des patients. Le patient partenaire ou patient témoin, auquel on pourrait référer un patient en début de parcours, pourrait également participer à donner un maximum d’informations avant traitement, afin d’éclairer davantage le choix du patient.



Sources
Decision Regret in Patients with Localised Prostate Cancer: A Systematic Review and Meta-analysis016/j.euo.2023.02.005. Online ahead of print.
Fanshawe JB. et al.
Eur Urol Oncol . 2023 Mar 2;S2588-9311(23)00037-8. doi: 10.1016/j.euo.2023.02.005.

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Nivolumab et ipilimumab en adjuvant dans le carcinome rénal localisé après néphrectomie: résultats de l’étude de phase I...
03/04/2023

Nivolumab et ipilimumab en adjuvant dans le carcinome rénal localisé après néphrectomie: résultats de l’étude de phase III randomisée CheckMate 914.

A ce jour, la surveillance reste le standard de prise en charge après néphrectomie pour un carcinome rénal à cellules claires (RCC) à haut risque de récidive. Les essais adjuvants, exceptée l’étude S-TRAC, avec un inhibiteur de tyrosine kinase anti-angiogénique n’ont pas montré de bénéfice en survie sans maladie (SSM) et en survie globale (SG) contre placebo. En revanche, la positivité en SSM de l’étude KEYNOTE-564 évaluant le pembrolizumab administré pendant 1 an versus placebo pourrait changer les standards à court terme, même si le bénéfice en SG n’est toujours pas démontré (données non matures).

Dans ce contexte, beaucoup d’attente reposait sur l’étude de phase III randomisée CheckMate 914 évaluant d’une part la combinaison nivolumab-ipilimumab (nivo-ipi) contre placébo (Pbo) (partie A), d’autre part le nivo seul contre Pbo (partie B) après néphrectomie pour un RCC localisé à haut risque. Motzer et al. rapportent ici les résultats de la partie A, qui ont été présentés à l’ASCO® 2022 en session plénière.

Dans cette partie, les patients avec un RCC à haut risque, défini par un stade pT2a grade 3-4 / ≥pT2b / pN1 dans les 3 mois post-néphrectomie, étaient randomisés entre nivo 240 mg / 2 semaines plus ipi 1 mg/kg / 6 semaines pendant 4 doses, versus pbo pendant une durée totale de 24 semaines (12 nivo, 4 ipi). Le critère d’évaluation principal était la SSM, selon une r***e centralisée.

Entre le 28 août 2017 et le 16 mars 2021, 816 patients ont été randomisés, 17% avaient plus de 75 ans, 43% avaient un risque dit intermédiaire (pT2, pT3 G1-2), et 5% avaient une composante sarcomatoïde.

Avec un suivi médian de 37-0 mois (IQR 31-3-43-7), la médiane de SSM n’a pas été atteinte dans le groupe nivo-ipi contre 50-7 mois (IC 95 % 48-1 à non atteinte) dans le groupe pbo, sans aucune différence statistique entre les 2 groupes : hazard ratio (HR) 0,92, (IC 95 % : 0-71-1-19 ; p=0-53). Dans aucun sous-groupe il n’était constaté de supériorité du nivo-ipi sur le Pbo hormis dans le petit sous-groupe de patients avec une composante sarcomatoide (N=40) (HR 0,29 (IC95% 0,29-0,91)).

Les données de SG n’étaient évidemment pas matures.

En terme de tolérance, pas de signal particulier avec des effets secondaires liés au traitement (ESLT) de tous grades chez 89% sous nivo-ipi contre 57% sous Pbo, et de grades 3-4 chez 28% contre 2% respectivement. En comparaison aux données de la CheckMate 214 (CM214) en métastatique(4), le taux d’ESLT de grades 3-4 était clairement inférieur dans cette étude, 28% contre 48%, probablement du fait d’une durée de traitement plus limitée en adjuvant et/ou d’un schéma d’ipi modifié.

De manière surprenante, le taux d’arrêt pour ESLT était supérieur dans cette étude à ce qui a été rapporté en métastatique(4), 29% contre 22%, renforçant l’hypothèse d’une moins bonne acceptabilité des effets secondaires en situation adjuvante.

D’ailleurs, l’exposition réelle au nivo et à l’ipi a été en deçà de ce qu’il pouvait être attendu d’une combinaison plutôt bien tolérée : 35% de report d’administration du nivo comme de l’ipi, seulement 57% de réalisation des 12 nivo et 66% des 4 ipi. A comparer à la CM214 avec 27% de report de l’ipi et 79% de réalisation des 4 administrations(4).

Ces résultats négatifs sont très décevants et plutôt inattendus de prime abord. Pourtant, de nombreux facteurs peuvent expliquer ces résultats : : une proportion élevée de patients à risque intermédiaire (pT2, pT3 grades 1-2) qui rechutent peu ; l’absence de patients métastatiques réséqués (les fameux M1 NED (no evidence of disease)) qui tirent le bénéfice du pembrolizumab dans la KEYNOTE-564 ; la durée de traitement limitée à 24 semaines, sans compter les 29% d’arrêt précoce pour toxicité et une exposition finalement assez limité par rapport à ce qui était prévu.

Dommage pour cet échec qui nous rappelle ceux avec les TKI, qu’il faudrait éviter de reproduire trop souvent !

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VESPER , les français prouvent que le MVAC DD reste indétrônable comme traitement néoadjuvant des tumeurs de vessie.Tout...
21/10/2022

VESPER , les français prouvent que le MVAC DD reste indétrônable comme traitement néoadjuvant des tumeurs de vessie.

Toute la communauté onco-urologique française connait le design de l’étude VESPER, qui a randomisé entre février 2013 et mars 2018, 500 patients pris en charge pour un carcinome urothélial vésical localisé, recevant une chimiothérapie péri-opératoire, entre 6 cycles de MVAC DD et 4 cycles de GC.

Cette publication rapporte l’objectif principal, qui était la survie sans progression à 3 ans. Dans l’étude la plupart des patients (88%) ont reçu une chimiothérapie en situation néoadjuvante (versus adjuvante). Si pour la population générale, l’étude n’a pas atteint son objectif statistique, malgré une différence en SSP de 64% pour le MVAC DD versus 56% pour le GC (OR 0,77, [IC 95% 0,57 à 1,02] et p=0,066), en situation néoadjuvante la survie sans progression était en faveur du MVAC DD (66% vs 56%, OR 0,70 [IC 95% 0,51-0,96] p=0,025) de même que le temps à progression. Le taux de réponse complète obtenu avec le MVAC DD est de 42% versus 36% avec le GC. Concernant la tolérance seulement 40% des patients ont pu bénéficier des 6 cycles de MVAC DD versus 81% les 4 cycles de GC avec plus de toxicité rénale, digestive hematologique (anémie) et générale, sans plus de neutropénies sévères ni plus de complications post-opératoires.

En conclusion, même si le GC est devenu le standard de soins en traitement néoadjuvant pour un grand nombre d’études nord-américaines, basé sur plusieurs analyses rétrospectives, VESPER démontre que le taux de réponse obtenu avec le MVAC DD reste supérieur et impacte favorablement la survie sans progression. Se pose bien sur la question de la la dose-intensité de cisplatine entre 4 X 70mg/m² dans le GC et 6 X 70mg/m² dans le MVAC DD mais on rappelle que finalement moins de la moitié des patients ont pu recevoir les 6 cures de MVAC DD. Cet essai marque une étape importante dans la prise en charge des carcinomes urothéliaux localisés, six cycles de MVAC DD en situation néo-adjuvante (en suivant bien les effets secondaires) doit être le standard de prise en charge, jusqu’à preuve du contraire. L’impact sur la survie globale est attendu pour 2023….

Sources
Dose-Dense Methotrexate, Vinblastine, Doxorubicin, and Cisplatin or Gemcitabine and Cisplatin as Perioperative Chemotherapy for Patients With Nonmetastatic Muscle-Invasive Bladder Cancer: Results of the GETUG-AFU V05 VESPER Trial
Pfister C. et al.
J Clin Oncol . 2022 Jun 20;40(18):2013-2022. doi: 10.1200/JCO.21.02051. Epub 2022 Mar 7.

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La CRP : un marqueur simple permettant de prédire la réponse à l’immunothérapie.L’immunothérapie est devenue un standard...
21/09/2022

La CRP : un marqueur simple permettant de prédire la réponse à l’immunothérapie.

L’immunothérapie est devenue un standard en deuxième ligne de traitement des carcinomes urothéliaux métastatiques après échec d’une première ligne de chimiothérapie.

Dans un contexte où aucun biomarqueur prédictif n’a été validé, l’objectif de cette, étude récente multicentrique incluant plus de 200 patients, était de tester l’impact de la cinétique de la protéine C-réactive (CRP). Les résultats ont notamment montré que l’existence d’un « flare » de la CRP en début de traitement (augmentation de ≥ 50% de la CRP par rapport à la valeur pré-thérapeutique au cours du premier mois de traitement, suivie d’une diminution en dessous de la valeur de base dans les 3 mois) était associée à une augmentation significative de la survie sans progression et de la survie globale.

Les patients en réponse sur la CRP (définie comme une diminution de la CRP de ≥ 30% par rapport à la valeur pré-thérapeutique au cours des 3 premiers mois de traitement, sans « flare » initial) avaient un meilleur taux de réponse objective (57,1% versus 17,9% pour les non-répondeurs CRP, p

Irradiation pelvienne plus hormonothérapie courte : le standard qui se dessine comme traitement de rattrapage en cas de ...
18/08/2022

Irradiation pelvienne plus hormonothérapie courte : le standard qui se dessine comme traitement de rattrapage en cas de récidive biologique après prostatectomie radicale ?

Etude de phase III (SSPORT) montrant le bénéfice de l’irradiation des aires ganglionnaires et d’une hormonothérapie courte, associées à l’irradiation de loge prostatique en cas de récidive biologique après prostatectomie radicale.

L’étude de phase III SSPORT a randomisé un total de 1792 patients ayant une récidive biologique après prostatectomie radicale (PSA immédiatement détectable ou récidive biologique avec PSA entre 0,1 et 2 ng/ml), entre 3 bras : irradiation de loge de prostatectomie (de 64,8 à 70,2 Gy) (RT loge seule), irradiation de loge de prostatectomie et hormonothérapie courte (pendant 4 à 6 mois et démarrée 2 mois avant la RT) (RT loge + HT courte), ou irradiation de loge de prostatectomie et des aires ganglionnaires pelviennes (45 Gy) associée à une hormonothérapie courte (RT loge + GG + HT courte). Le suivi médian était de 8,2 ans. Le taux de survie sans progression à 5 ans était significativement plus élevé dans le bras RT loge + GG + HT courte (87%), par rapport aux bras RT loge seule (71%) et au bras RT loge + HT courte (81%). Le risque métastatique était significativement le plus faible dans le bras RT loge + GG + HT courte. A noter que le bénéfice du bras intensifié était démontré, même en cas de PSA bas à la récidive biologique (et non pas seulement en cas de PSA élevé).

Le bras RT loge + GG + HT courte présentait cependant une toxicité hématologique (grade ≥ 2) significativement légèrement plus élevée (4%) du fait de l’irradiation ganglionnaire. La principale limitation de l’étude est l’absence d’imagerie TEP au moment de la récidive.

Cette étude, avec un niveau de preuve élevé, est donc en faveur d’un traitement de rattrapage après prostatectomie radicale avec PSA détectable ou récidive biologique (quel que soit le PSA) comprenant : une irradiation de loge de prostatectomie et des aires ganglionnaires pelviennes associée à une hormonothérapie courte.

Sources
The addition of androgen deprivation therapy and pelvic lymph node treatment to prostate bed salvage radiotherapy (NRG Oncology/RTOG 0534 SPPORT): an international, multicentre, randomised phase 3 trial.
Pollack A. et al.
Lancet . 2022 May 14;399(10338):1886-1901. doi: 10.1016/S0140-6736(21)01790-6.

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La différentiation sarcomatoïde : un facteur pronostique majeur après cystectomie.Les variants histologiques peuvent avo...
10/08/2022

La différentiation sarcomatoïde : un facteur pronostique majeur après cystectomie.

Les variants histologiques peuvent avoir un impact pronostique important, même s’ils ne changent pas l’indication de chimiothérapie néo-adjuvante. La différentiation sarcomatoïde est rare et son impact pronostique péjoratif est peu documenté.

Dans une récente étude rétrospective sur 1853 patients opérés d’une cystectomie, une différentiation sarcomatoïde a été constatée chez 131 patients. Le stade tumoral était significativement plus élevé au diagnostic pour ces patients (94% ≥T2 vs 62%; p < 0,001). Ces patients avaient plus souvent reçu une chimiothérapie néo-adjuvante (29% vs 18%; p = 0,003), sans différence en termes de réponse partielle (24% vs 31%) ou complète (20% vs 24%). La différentiation sarcomatoïde était associée à un pronostic péjoratif en termes de survie sans récidive (HR 1.82, 95% CI 1.39-2.39) et de survie globale (HR 1.37, 95% CI 1.06-1.78). Les patients ayant reçu une chimiothérapie néo-adjuvante avaient un meilleur pronostic que ceux opérés d’emblée.

Au final, la chimiothérapie néo-adjuvante reste le standard chez ces patients. Se pose maintenant la question de la place de l’immunothérapie adjuvante dans ce contexte, compte tenu du mauvais pronostic de ces formes à différentiation sarcomatoïde et de leur sensibilité connue à l’immunothérapie notamment dans le cancer du rein.

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Sources
Pathological and oncological outcomes in patients with sarcomatoid differentiation undergoing cystectomy.
Almassi N. et al.
BJU Int . 2022 Apr;129(4):463-469. doi: 10.1111/bju.15428. Epub 2021 May 24.

Immunothérapie néo-adjuvante avant cystectomie : les résultats encourageants de l’étude ABACUS.La chimiothérapie néo-adj...
23/07/2022

Immunothérapie néo-adjuvante avant cystectomie : les résultats encourageants de l’étude ABACUS.

La chimiothérapie néo-adjuvante est actuellement le standard de prise en charge des patients ayant une tumeur de vessie infiltrant le muscle localisée et éligibles au cisplatine. Malheureusement près de la moitié des patients sont considérés comme non éligibles (« unfit »), généralement en raison d’une insuffisance rénale (clearance < 60 ml/mn).

Avec l’arrivée des nouveaux inhibiteurs de points de contrôle immunitaires, la place de l’immunothérapie en situation péri-opératoire a été évaluée dans plusieurs essais de phase II, notamment dans ce contexte de patients inéligibles à une chimiothérapie à base de cisplatine. Dans l’essai PURE-01, le pembrolizumab avait permis d’obtenir des taux de réponse pathologique complète (ypT0) intéressants et comparables à ceux observés après une chimiothérapie de type MVAC (de l’ordre de 40%).

L’essai de phase 2 mono-bras ABACUS, a évalué l’intérêt de l’atézolizumab dans cette même indication (patients T2-T4a N0 M0, inéligibles ou refusant la chimiothérapie néo-adjuvante). Au total 95 patients ont été inclus et ont reçu 2 cycles d’atezolizumab avant la cystectomie. A noter que 8 patients (8,4%) n’ont finalement pas été opérés (dont 1 en raison d’une progression de la maladie, 1 retrait de consentement, 1 refus de la chirurgie, et 5 patients devenus secondairement unfit pour la chirurgie potentiellement du fait d’effets secondaires immunoinduits).

La réponse pathologique complète (pRC), objectif principal de cette étude, était de 31%.

Après un suivi médian de 25 mois, la survie sans récidive à 2 ans était de 68% et la survie globale à 2 ans de 77%. Chez les patients pRC, la survie sans récidive à 2 ans était de 85%. Finalement ces résultats sont relativement comparables à ceux observés avec la chimiothérapie néo-adjuvante.

Des données comparatives de phase 3 sont désormais nécessaires pour savoir si la réalisation de cette immunothérapie néo-adjuvante confère un bénéfice en terme de survie globale par rapport à une stratégie chirurgicale d’emblée chez les patients « unfit ».

La question suivante est de savoir si, chez les patients « fit », la combinaison d’une immunothérapie et d’une chimiothérapie néo-adjuvante pourrait permettre d’améliorer encore les résultats en termes de pRC et de survie. Les premiers résultats sont décevants (étude AURA notamment, présentée à l’ASCO®) suggérant que l’association des deux traitements ne fait pas mieux en termes de pRC qu’une monothérapie.

Le deuxième enseignement de cet essai ABACUS concerne l’apport des biomarqueurs ; l’expression de CD8+ et les taux sériques d’ADN tumoral circulant étaient corrélés aux résultats oncologiques. Notamment, aucune récidive n’a été constatée chez les patients sans ADN tumoral circulant détecté à l’inclusion et après traitement néo-adjuvant (cf figures). En revanche, le taux de PD-L1 et la charge mutationnelle n’étaient pas des facteurs pronostiques. Ces données soulignent l’importance de poursuivre la recherche et la validation de biomarqueurs pour guider à terme le choix des traitements dans une stratégie d’approche thérapeutique personnalisée.

Sources
Final Results of Neoadjuvant Atezolizumab in Cisplatin-ineligible Patients with Muscle-invasive Urothelial Cancer of the Bladder.
Szabados B. et al.
Eur Urol . 2022 Aug;82(2):212-222. doi: 10.1016/j.eururo.2022.04.013. Epub 2022 May 14.

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PEACE-1 : l’étude qui défie les cancers de la prostate métastatiqueGrâce à une combinaison de 3 médicaments, dont une ho...
24/05/2022

PEACE-1 : l’étude qui défie les cancers de la prostate métastatique

Grâce à une combinaison de 3 médicaments, dont une hormonothérapie de nouvelle génération, les patients atteints de cancers de la prostate métastatique gagnent deux ans et demi sans rechute de la maladie et voient leur mortalité réduite de 25 %. C’est ce qu’a démontré PEACE-1 (Prostate Cancer Consortium in Europe), une grande étude européenne coordonnée par le Pr Karim Fizazi, oncologue à Gustave Roussy. Elle vient d’être publiée dans la prestigieuse r***e The Lancet.

Avec plus de 50 000 nouveaux cas par an, le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme. Il représente également la 3e cause de décès par cancer. Près de 10 % des cancers de la prostate hormono-sensibles (lorsque les hormones jouent un rôle dans la prolifération des cellules cancéreuses) sont diagnostiqués à un stade métastatique et rendent le pronostic plus sombre.

Différents traitements utilisés ces dernières années ont toutefois amélioré la survie. Ils reposent sur de la chimiothérapie par docetaxel, des hormonothérapies de nouvelle génération, ainsi que de la radiothérapie.

Une combinaison thérapeutique prometteuse

L’étude PEACE-1 visait à évaluer le bénéfice et l’innocuité de ces différentes combinaisons de traitements. Elle a été conduite avec 1173 patients atteints de cancers de la prostate métastatiques issus de 7 pays européens. Les résultats ont montré une diminution de rechute de la maladie de 50 % chez les personnes ayant reçu une triple association de médicaments : hormonothérapie nouvelle génération (abiraterone) + hormonothérapie conventionnelle + docetaxel. Le risque de décès était également diminué de 25 % et la tolérance des traitements, quasi inchangée par rapport à la bi-thérapie (sans abiraterone).

Cette combinaison thérapeutique va devenir le nouveau standard de traitement chez les hommes atteints de cancers de la prostate métastatiques en capacité de recevoir une chimiothérapie.

L’étude PEACE-1 a été promue par UNICANCER, coordonnée par le Pr Fizazi, oncologue à Gustave Roussy, et conduite en France par le Groupe d’Etudes des Tumeurs Uro-Génitales (GETUG).

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Faut-il irradier les aires ganglionnaires des tumeurs de prostate localisées de haut risque ?L’irradiation des aires gan...
02/05/2022

Faut-il irradier les aires ganglionnaires des tumeurs de prostate localisées de haut risque ?

L’irradiation des aires ganglionnaires semble augmenter la survie des patients ayant un score de Gleason très élevé ou un risque élevé d’atteinte ganglionnaire.

Le bénéfice de l’irradiation des aires ganglionnaires dans les cancers de prostate de haut risque est controversé, selon les études randomisées (GETUG-01, RTOG 9413, POP-RT).

Cette publication a utilisé une base de données très importante de patients ayant un cancer de haut risque traités entre 2008 et 2015, tous par radiothérapie ayant inclus (15175 pts) ou non (13549 pts) les aires ganglionnaires. L’irradiation des aires ganglionnaires augmentait significativement la survie globale des patients ayant une tumeur de Gleason 9 ou 10 (HR=0,87) ou bien un risque d’atteinte ganglionnaire ≥10% en utilisant le nomogramme pré-opératoire du Memorial Sloan Kettering Cancer Center (HR=0,93).



Sources
Survival Outcomes in Men with Unfavorable Intermediate-Risk and High-Risk Prostate Cancer Treated with Prostate-only versus Whole Pelvic Radiation Therapy.
Andruska N. et al.
J Urol . 2022 Jan

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La carte des thérapies ciblées pour le cancer de la prostate métastatique résistant à la castrationPour les cancers de l...
21/02/2022

La carte des thérapies ciblées pour le cancer de la prostate métastatique résistant à la castration

Pour les cancers de la prostate métastatiques résistants (CPMRC) aux anti-androgènes et au docetaxel, deux stratégies méritent encore d’être tentées. L’une repose sur les inhibiteurs enzymatiques de poly-polymérase (PARP), comme le rupacarib ou l’olaparib ; l’autre, non ciblée, fait appel au cabazitaxel (CBZ). Les auteurs canadiens se sont demandé si ces stratégies étaient intégrables dans la pratique quotidienne.

Le CBZ, qui est un taxane, à la dose de 20 mg/m2, a procuré au cours d’essais randomisés une survie prolongée de 2 mois par rapport à certaines anthracyclines, mais il a été supplanté par des thérapies ciblées sur l’axe de signalisation des récepteurs aux androgènes.

A l’opposé, les PARP représentent une thérapie ciblée et singulièrement chez les patients porteurs de mutations génétiques sur BRCA1 ou BRCA2, rencontrées dans 1/3 des cas de CPMRC.

La Food and Drug Administration a approuvé le rupacarib et l’olaparib dans les CPMRC avec mutations génétiques et des essais de phase 2 et 3 sont en cours, avec deux cohortes selon les gènes concernés (cohorte A pour les mutations sur BRCA1, BRCA2 et ATM, cohorte B pour des mutations sur 12 autres gènes). Ce PARP, comparé à l’association abiratérone + enzalutamide, a conféré une survie sans progression radiographique (SSPR) et une survie globale (SG) significativement prolongées pour la cohorte A (8 vs 4 mois pour SSPR et 19 vs 15 mois pour la SG). Les résultats sont moins clairs pour la cohorte B et, d’ailleurs, même au sein de la cohorte A, seuls les malades possédant la mutation sur BRCA2 ont notoirement réagi au traitement.
A plutôt réserver aux patients porteurs d’une mutation de BRCA2
Cette étude est cependant aussi méthodologiquement critiquable dans la mesure où 17 % des patients ayant reçu abiratérone + enzalutamide avaient déjà été traité antérieurement par ces molécules sans qu’elles aient empêché la progression de leur maladie. De plus, seuls 55 % des patients avaient pris auparavant du docetaxel.

Le rupacarib a obtenu dans un autre essai 11 % de réponses complètes et 32 % de réponses partielles (par exemple baisse du taux de l’antigène spécifique de la prostate PSA), particulièrement significative chez les porteurs d’une mutation de BRCA2, cependant que des résultats similaires étaient observés avec le niraparib.

Ainsi, il apparaît que les PARP ont une indication dans les CPMRC après échec des traitements de 1ère ligne, mais les auteurs conseillent de les réserver aux patients porteurs d’une mutation du gène BRCA2. Pour tous les autres, ils préconisent docetaxel ou CBZ, à la condition que ces médicaments n’aient pas été déjà prescrits sans succès préalablement. Ces chimiothérapies peuvent aussi être conseillées en cas d’échec des PARP.

Dr Jean-Fred Warlin

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Effet protecteur inégal du finastéride contre le cancer de la vessieLe cancer de la vessie (KV) est moins fréquent chez ...
29/01/2022

Effet protecteur inégal du finastéride contre le cancer de la vessie

Le cancer de la vessie (KV) est moins fréquent chez les Noirs que chez les Blancs, mais son pronostic est plus sombre pour les premiers, ce qui peut s’expliquer en partie par une consultation plus tardive.

Plusieurs études ont démontré une association entre la signalisation des récepteurs aux androgènes et le développement du KV. On en a déduit et démontré que les anti-androgènes (AA) tels que les inhibiteurs de la 5-α réductase, c’est-à-dire le finastéride (FST) et le dutastéride, proposés comme traitement médical des symptômes liés à l’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP), mais aussi d’autres AA réduisent l’incidence et les récidives du KV. Un essai de Morales et al. en 2016 avait montré une réduction conséquente Hazard Ratio = 0,63) de l’incidence des KV dans une étude prospective mais la trop grande proportion d’hommes blancs ou jaunes a conduit les auteurs américains à vérifier l’universalité de ces conclusions.

Ils ont repris les dossiers des HBP traitées par FST dans leur centre entre 2000 et 2016 et ont ensuite recherché les diagnostics de KV posés chez ces patients (en excluant évidemment les KV antérieurs au traitement).
Les Noirs ne semblent pas concernés
La cohorte comportait 5 698 HBP traitées par FST, ce traitement étant beaucoup plus utilisé en 2016 qu’en 2000. Les malades sous FST avaient un âge moyen de 70 vs 66 ans pour ceux qui n’en avaient pas reçu. Le délai entre la pose du diagnostic d’HBP et celui de KV a été plus long d’un an dans le groupe FST (6 vs 5 ans) que dans le groupe témoin (NFST). Il y avait davantage de Blancs et d’Hispaniques (30 et 18 %) dans le 1er que dans le second (27 et 14 %) groupe. En revanche, il y avait la même proportion de fumeurs et de Noirs dans les deux groupes.

La survenue d’un KV a été constatée chez 3,1 % des Blancs et 1,5 % des Hispaniques du groupe NFST vs seulement 2,1 et 0,8 % des patients sous FST. Chez les Noirs, les taux sont très voisins dans les 2 groupes (1,7 vs 1,5 %), soit quand même deux fois moins que chez les Blancs. Ainsi, le FST semble protéger les Blancs et les Hispaniques contre l’apparition d’un KV et être sans effet de ce point de vue chez les Noirs. De plus, pour les malades pour lesquels on a pu disposer de l’anatomopathologie, la prise de FST a été associée à des tumeurs moins invasives (pas d’atteinte de la musculeuse) et de grade moins élevé.

Ainsi, le rôle protecteur du finastéride contre le cancer de vessie ne semble-t-il pas concerner la population afro-américaine.

Dr Jean-Fred Warlin

RÉFÉRENCE
Zhu D et coll. : Finasteride use and risk of bladder cancer in a multiethnic population. J Urol., 2021;206:15-21.

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