13/03/2026
Sortir des sentiers battus… est essentiel.
Jean Claude Bergeron, ce disparu qui ne l’était pas tant que çà.
Tout commence par l’acte de mariage entre Claudine Marie DESCOMBES et Albert Paul GAILLARDIN., le 21 septembre 1907 à Lyon 4ème (AD 69, 2E2074) où figure la mention la concernant, fille « de Jean Claude BERGERON, disparu suivant acte de notoriété passé par devant la Justice de paix du 7ème canton de Lyon le 31 août (1907) » Qu’avait-il pu lui arriver ?
Claudine Marie naît le 22 mai 1884 à Liergues (69) de père inconnu et de Marie DESCOMBES, âgé de 21 ans. Par un acte de reconnaissance dans la même commune le 8 juin 1884, Marie DESCOMBES va reconnaître Claudine Marie.
Puis sa mère se marie avec un dénommé Jean Claude BERGERON, toujours à Liergues, le 24 décembre 1885. C’est l’occasion de la légitimation de Claudine par ses parents. L’acte nous apprend que Jean Claude, né le 8 février 1864 à Saint Georges de Reneins (69) exerce la profession de boucher.
Mais le couple divorce le 5 juin 1901 par jugement du Tribunal civil de Lyon.
La transcription du divorce dans le registre de Liergues (AD 69, 4E9755) mentionne que le divorce d’avec « Jean Claude BERGERON, agent d’assurances, demeurant ci-devant à Lyon et actuellement sans domicile ni résidence connus en France…se fait au bénéfice de la femme, aux torts et griefs du mari » mais également que le tribunal « confie à la mère la garde de l’enfant issue du mariage ».
Il est donc passé de boucher à agent d’assurances… Y aurait-il un lien avec sa disparition ? Peut-être.
Les recherches classiques notamment dans l’état civil des décès, des tables successions, des recensements n’a rien donné.
C’est alors que je me suis tournée vers les registres matricules, et bingo ! Jean Claude est tout simplement un escroc multi condamné : le 2 janvier 1889 à Lyon pour escroquerie, le 27 mars 1895 par la Cour d’Appel de Dijon à deux ans de prison, 50 francs d’amende et dix ans d’interdiction des droits mentionnés à l’article 42 du Code pénal, pour escroquerie » mais il n’y a pas la suite de ses condamnations.
J’ai pu compléter ma recherche dans les journaux (La Dépêche du 6 novembre 1894) où il a été arrêté en Espagne à son domicile en possession de livres à souche qui sont « une imitation assez parfaite des billets de loterie de Madrid. Bergeron ne paraissait pas du tout désireux de rentrer en France » Il sera par la suite extradé en France.
Le dernier document découvert (Anom) est sa détention à Saint Laurent du Maroni en Guyane où il a été détenu à partir du 28 juillet 1910 suite à sa condamnation par la Cour d’Appel de Paris le 11 avril 1908, « pour escroquerie à 3 ans de prison et à la relégation ».
Il s’en évadera…quelques jours plus t**d, le 10 août suivant, et la suite est encore un mystère.