14/12/2025
Ce qui trouble réellement dans cet infime espace séparant les doigts de Dieu et d’Adam dans la chapelle Sixtine n’a rien à voir avec les interprétations mystiques souvent répétées. Il ne s’agit ni d’un artifice religieux, ni d’un message spirituel simpliste.
Michel-Ange y glisse une observation d’une lucidité presque brutale : la distance la plus difficile à franchir est toujours celle qui dépend de la "volonté humaine "
L’artiste ne peint pas un Dieu passif. Au contraire, il Le représente tendu vers l’homme, le corps projeté, presque prêt à franchir la frontière qui les sépare. Dieu avance, avec urgence, comme pour offrir tout ce qu’Il peut. Adam, lui, tend la main sans conviction animé d’un désir flou, dépourvu d’élan. Non pas parce qu’il ne peut toucher, mais parce qu’il n’est même pas sûr de vouloir le faire.
Ce centimètre manquant devient alors un symbole puissant du libre arbitre ⚖️ : non pas la liberté de tout faire, mais la responsabilité d’accomplir ce minuscule geste qui peut transformer une vie, une croyance, une trajectoire. Ou, au contraire, de rester immobile, dans l’attente que tout arrive sans effort.
La fresque de Michel-Ange ne parle pas seulement de religion. Elle parle de nous , de ces instants où nous pourrions nous lever, agir, changer — et où pourtant, nous demeurons allongés comme des musques.... et où, finalement, nous ne faisons rien.