05/12/2025
🐴 Quand la vigilance et le professionnalisme font la différence.
Il y a quelque temps, une de nos juments en pension a commencé à montrer des signes d’inconfort en fin de journée : leger flehmen à répétition, refus de sa ration, attitude inhabituelle. Après avis vétérinaire, je lui ai administré un peu de Calmagine pour tenter de soulager cet inconfort. Après 45min de marche, la jument semble apaisée, elle broute de l'herbe donc je la remets au pré.
Une heure et demie plus t**d, ma conscience professionnelle et mon intuition me disent de retourner faire une petit tour juste avant d'aller me coucher aux alentours de 22h. Malgré le fait qu’elle mangeait du foin, les signes persistaient. J’ai donc pris la décision d’appeler la vétérinaire pour un examen approfondi.
Après une fouille rectale et une échographie permettant de vérifier l’état des organes vitaux, le diagnostic est tombé : déplacement du côlon autrement dit une fameuse colique tant redoutée...
Heureusement, nous avons pu réagir immédiatement grâce aux compétences de notre vétérinaire et à nos infrastructures adaptées. En quelques minutes, nous avons transformé notre stalle de pansage en box de soins d’urgence, grâce à une paroi amovible prévue à cet effet. Une bonne litière de paille que nous avons toujours en stock , de l’eau propre, le matériel nécessaire pour les injections, la prise de température, le panier et la surveillance rapprochée… tout était prêt pour assurer la sécurité et le confort de la jument pendant les premiers soins.
Après une grosse sédation qui a permis un relâchement des organes et l'administration de médicaments par sonde naso-gastrique ; il n'y avait plus qu'à la veiller toutes les heures durant la nuit. Car à la moindre agitation, roulades,... c'était direction la clinique pour l'opération en urgence.
Après le depart à 00h30 de notre vétérinaire, la nuit fut courte et stressante. Comment reconnaître les rictus d'un cheval épuisé par ce qu'il vient de traverser et un cheval qui montre des signes de douleur ? Sachant que les juments sont souvent très dures au mal donc il faut savoir repérer le mondre petit signe, froncement de naseau, balancement,... Un naseau plissé, l'absence de crottin dans le box, un regard un peu figé avec un léger blanc de l'œil et surtout mon ressenti ; c'est ce qui m'a fait, à 4h30, abattre ma dernière carte avant la clinique : le tour de camion !!!
Et bien, il fut efficace : un crottin en montant et un pendant nos 30min de balade nocturne. Au retour une jument beaucoup plus alerte et dynamique. Le Joker a payé !! La visite de notre vétérinaire à 8h30 a confirmé que tout rentrait dans l'ordre et qu'il n'y avait plus qu'à lui faire reprendre une alimentation progressivement.
Cet épisode rappelle combien il est essentiel de confier son cheval à une structure encadrée par des professionnels, disposant du matériel et des connaissances nécessaires pour réagir vite et bien. Un structure qui a une pharmacie d'urgence, un moyen de transport, un box, un vétérinaire équin de référence, une surveillance H24, une bonne connaissance de l'animal,... Ça à un coût !!
Quand on me dit que le tarif d'une pension est trop cher et bien il ne faut pas oublier qu'il y a tout ça aussi de compris dans le prix + l'entretien de l'infrastructure, la litière d'avance, les médicaments et seringues, l'assurance du camion,... sans compter mes heures de sommeil en moins.
La santé, la sécurité et le bien-être du cheval ne s’improvisent pas : un encadrement compétent, des installations adaptées et un suivi vétérinaire réactif peuvent, parfois, faire toute la différence.