13/12/2025
Je vais vous raconter l’histoire d’un petit garçon.
Il est né dans un monde où le football battait pleinement.
Son père, ses oncles, son grand-père… tous avaient foulé les terrains.
Alors, voir son père partir à l’entraînement, revenir des matchs avec l’odeur de l’herbe et de l’effort, c’était normal. C’était la vie.
Il attrapa ce flambeau sans même s’en rendre compte.
Il devint gardien de but, parce qu’il aimait protéger, plonger, s’envoler.
Alors il jouait. Avec ses frères, ses amis, dans la cour de l’école, dans la rue, partout où un ballon pouvait rouler.
Puis, doucement, quelque chose s’est fissuré.
Le corps a commencé à parler.
Des douleurs. Courir devenait un combat.
Le plaisir se transformait en pression.
Et le football, son refuge, devenait une épreuve.
Le rêve s’éloignait.
Ce qui devait être un rêve était devenu un cauchemar.
Il ne comprenait pas ces douleurs, visibles et invisibles, qui grandissaient en lui.
Alors il a lâché le ballon.
Ou presque.
Il a choisi de jouer seulement avec ses amis, loin des regards, loin des attentes.
Alors il est devenu spectateur.
Il a aimé le football à distance, à travers un écran.
Les consoles lui ont offert un plaisir que la réalité ne savait plus lui donner.
Les années ont passé.
Et un jour, il a compris : il avait un problème de santé. Cette vérité lui a donné un peu de paix et le temps continuait son œuvre.
Le petit garçon devenu un homme appris à s’écouter, à accepter ses douleurs et à se découvrir dans l’effort.
Le rêve, lui, dormait
Un jour, une proposition est arrivée.
L’enfant frustré s’est réveillé.
Il a dit oui.
Aujourd’hui, cet homme est entraîneur de jeunes de 8-9 ans.
L’âge précis où son propre rêve s’était effondré.
Le symbole est là.
Il rentre des entraînements comme son père autrefois. Il transmet ce qu’il a vu, aimé, espéré.
Ce petit garçon, cabossé mais debout, a retrouvé sa place dans le monde qui l’a toujours fait vibrer.
Il a compris une chose : un rêve ne meurt jamais vraiment.
Il attend simplement qu’on lui laisse une chance de renaître.
Ce petit garçon devenu homme, qui avance encore avec son innocence,
c’est moi. Rémi.
"Photo du Parisien"