Clara Mallier

Clara Mallier Praticienne et formatrice en santé fonctionnelle et micronutrition - Thérapeute manuelle méthode Poyet (Bordeaux)

[MON NUTRITHÉRAPEUTE M'A DONNÉ BEAUCOUP DE COMPLÉMENTS : EST-CE NORMAL ?]Je vous partage aujourd'hui une réflexion autou...
06/02/2026

[MON NUTRITHÉRAPEUTE M'A DONNÉ BEAUCOUP DE COMPLÉMENTS : EST-CE NORMAL ?]

Je vous partage aujourd'hui une réflexion autour d'une question que j'entends souvent dans ma pratique en micronutrition : "Mais est-ce que prendre tous ces compléments simultanément, ça ne va pas faire trop pour le corps ?"
Question entièrement légitime et qui mérite une réponse circonstanciée. Puisque je l'explique régulièrement au cabinet, je me suis dit qu'il serait intéressant de la formuler ici également.

Cette question recouvre plusieurs sous-questions :
👉 Est-ce qu'il ne risque pas d'y avoir des interactions entre les molécules ?
👉 Est-ce que la prise simultanée de nombreux compléments ne risque pas de limiter leur absorption ?
👉 Est-ce que cela ne va pas "fatiguer l'organisme" de gérer toutes ces molécules à la fois ?

La réponse est plurielle elle aussi :
🌿 D'abord, les molécules que l'on donne en nutraceutique fonctionnent différemment de médicaments. Les médicaments, dans leur grande majorité, sont des interrupteurs qui viennent bloquer une voie physiologique afin de l'empêcher de donner des symptômes ; d'où leurs noms d'"anti-quelque chose", d'"inhibiteurs de quelque chose", de "quelque chose-bloquants".
Les molécules que l'on donne en micronutrition ne fonctionnent pas du tout de la même manière. Elles sont de deux ordres :
- soit ce sont des micronutriments, c'est-à-dire des molécules qui font partie du répertoire naturel de l'organisme (le corps les utilise déjà, voire les fabrique lui-même), et que l'on va apporter de manière ciblée et à des dosages spécifiques pour soutenir (et non bloquer) les voies physiologiques défaillantes et leur redonner les moyens de fonctionner optimalement ;
- soit ce sont des molécules issues de plantes (phytothérapie), qui modulent certaines voies physiologiques : on est alors plus proche du fonctionnement des médicaments, mais de façon beaucoup plus douce et globale : les principes actifs issus de plantes n'agissent jamais sur une seule enzyme à un seul endroit, ils ne bloquent jamais unilatéralement une voie physiologique ; ils modulent à la hausse ou à la baisse, et contiennent généralement une multitude de principes actifs complémentaires qui évitent les effets indésirables liés à une action monolithique.
Conclusion : le risque d'interactions est important et réel avec les médicaments qui bloquent des voies physiologiques. Avec les molécules naturelles, il est très différent et bien moindre ; il n'est pas nul cependant, et c'est justement le métier du professionnel en micronutrition que de connaître et de prendre en compte ces possibles interactions.

🌿🌿 Deuxièmement, est-ce que la prise concomitante de toutes ces molécules ne va pas entraver leur absorption ?
Là, la réponse est nuancée elle aussi.
D'abord oui, il y a des risques (si par exemple on donne du fer et du zinc en même temps, ils vont être en compétition pour les mêmes transporteurs et l'absorption de l'un et de l'autre sera minorée) ; il faut donc prendre en compte ces interactions et espacer convenablement les prises afin d'optimiser l'absorption de chaque actif.
💡D'où l'importance de bien prendre les compléments au moment spécifié par votre nutrithérapeute (matin ou soir, au repas ou en dehors, etc.)
Ensuite non, à l'inverse : il est fréquent qu'un complément donné soit nécessaire pour favoriser l'absorption d'un autre. Si par exemple vous absorbez mal les vitamines liposolubles, il faudra quelque chose qui soutienne votre production de sucs digestifs (acide gastrique / bile / enzymes pancréatiques) pour favoriser votre absorption de certaines vitamines ou certains acides gras comme les oméga 3.
💡C'est pourquoi, lors d'un protocole en micronutrition, tous les suppléments sont importants car ils agissent en synergie.

🌿🌿🌿 Enfin le 3e point : est-ce que cela ne va pas faire "trop" pour l'organisme de gérer toutes ces molécules à la fois ?
Encore une fois, la clé est dans la différence entre les actifs utilisés en nutraceutique et les médicaments. En micronutrition / santé fonctionnelle, on apporte à l'organisme des molécules dont il a besoin, qu'il utilise naturellement, et qui vont soutenir son fonctionnement : donc non, il ne peut pas en avoir trop, de la manière dont il pourrait avoir trop de certaines molécules qui sont étrangères à son fonctionnement (ce qu'on appelle les xénobiotiques, dont les médicaments font partie au même titre que les polluants). Bien sûr qu'en revanche, la question du dosage est primordiale et que l'on ne donne pas n'importe quelle quantité de n'importe quoi : tout est choisi pour s'adapter aux besoins réels de l'organisme et pour éviter tout risque de surdosage.

Je finirai avec une métaphore que j'aime beaucoup, que j'emprunte au Professeur Castronovo : quand on prend en charge des troubles de santé fonctionnels, c'est comme si l'on voulait boucher une passoire : si on ne bouche que la moitié des trous, l'eau va continuer à couler. Si l'on veut vraiment réparer la fuite, il faut boucher tous les trous simultanément afin d'avoir une véritable efficacité. Et cela nécessite souvent d'agir à de nombreux endroits puisque l'on prend en compte non seulement les causes des symptômes, mais aussi les causes de ces causes, et les causes des causes de ces causes : aussi loin qu'il faut remonter nous allons.

Donc oui, les protocoles en santé fonctionnelle nécessitent souvent la prise de nombreux produits. C'est d'autant plus vrai que certains praticiens (dont je fais partie) préfèrent donner les micronutriments en unitaire plutôt que de donner des combos de vitamines ou minéraux, ceci afin d'ajuster le plus finement le dosage et la forme de chacun.
C'est contraignant, cela a un coût, et cela peut surprendre, pour les personnes qui ne sont pas du tout habituées à cette façon de soutenir la santé.
Pour les autres, c'est devenu une seconde nature : il y a des choses que l'on ne trouve pas dans l'alimentation, ou pas en quantité suffisante, ou pas sous une forme suffisamment pure, et ces choses-là, il est bien de les prendre en complément alimentaire, en accompagnement d'une alimentation personnalisée et optimisée pour correspondre aux besoins de chacun. (Car c'est un autre sujet que j'aborderai peut-être dans un futur post : non, il n'existe pas d'"assiette santé" qui soit la même pour tout le monde : bien qu'il y ait évidemment des grandes lignes communes à tous, vous seriez surpris de découvrir à quel point nos besoins divergent d'une personne à l'autre.)

J'ajoute qu'une approche en santé fonctionnelle ne se substitue pas (en aucun cas) à un suivi médical. Elle en est le complément, l'interaction des deux permettant souvent de démultiplier les bénéfices apportés par l'une et par l'autre.

Voilà. J'espère avoir répondu de façon claire à la question : "Est-il normal d'avoir de nombreux produits à prendre dans un protocole de micronutrition ?" 😊

Bien en santé à vous,

🌸CM🌸

Quelle joie de lire cette publication en début d'année !Pour ceux qui ne le connaissent pas, Dale Bredesen est un neurol...
02/01/2026

Quelle joie de lire cette publication en début d'année !

Pour ceux qui ne le connaissent pas, Dale Bredesen est un neurologue américain expert des maladies neurodégénératives, auteurs de plusieurs livres sur la maladie d'Alzheimer. Son approche incarne magnifiquement ce qu'est l'approche fonctionnelle de la santé : il a identifié plus de 35 facteurs contribuant à l'émergence de la maladie d'Alzheimer, sur lesquels il est possible d'agir par l'hygiène de vie et la nutrition. Aujourd'hui, il annonce les résultats d'une étude clinique mettant à l'épreuve son protocole nommé ReCode, qui se sont révélés positifs au-delà de tout ce que l'on pouvait espérer : je le cite :

"(1) Notre protocole a permis d'obtenir des améliorations statistiquement significatives de la mémoire, des fonctions exécutives, de la vitesse de traitement cérébral et des capacités cognitives globales, contrairement au traitement standard ;
(2) Les symptômes cognitifs ont été nettement améliorés par notre protocole, comme l'ont noté à la fois les patients et leurs partenaires ;
(3) Notre protocole a entraîné des améliorations statistiquement significatives de plusieurs paramètres de santé : meilleure pression artérielle, meilleur indice de masse corporelle, meilleure sensibilité à l'insuline, meilleur taux d'hémoglobine glyquée, meilleurs profils lipidiques et meilleure méthylation.
(4) L'effet global de notre protocole était supérieur à celui de tout autre traitement contre le déclin cognitif, et 600 % supérieur (soit 7 fois) à celui du Leqembi, le médicament contre la maladie d'Alzheimer."

Tout ceci doit maintenant être évalué par des pairs. Mais il n'est absolument pas étonnant qu'une telle approche, qui se soucie des causes et de la corrélation entre les causes, et qui cherche à restaurer la santé de manière globale plutôt qu'à agir à un endroit unique par un médicament, produise des résultats très positifs.

Voilà de quoi donner de l'espoir à toutes les personnes à risque, et surtout, de quoi contribuer à faire connaître l'exemplarité de la médecine dite fonctionnelle et l'intelligence de son approche.

Sur ce, très belle année à toutes et tous, et prenez soin de vous ! 🌿✨🪷

Happy New Year to all, and I hope that everyone is enjoying time with loved ones. Meanwhile, we have very exciting results from our randomized controlled trial, and these have just been posted as a preprint: https://www.preprints.org/frontend/manuscript/8118568f183e2ba91ec2a1d3b3d08fb9/download_pub . These results will be submitted for peer review in February; here is a summary of some of the key findings:

(1) Our protocol produced statistically significant improvements in memory, executive function, brain processing speed, and overall cognition, whereas the standard of care treatment did not;
(2) cognitive symptoms were markedly improved by our protocol, as noted both by the patients and their partners;
(3) statistically significant improvements in multiple health parameters occurred with our protocol: better blood pressure, body mass index, insulin sensitivity, hemoglobin A1c, lipid profiles (“cholesterol”), and methylation.
(4) The overall effect of our protocol was greater than any other treatment for cognitive decline—and 600% better (i.e., 7 times) the effect of Leqembi, the Alzheimer’s drug (you can see this in Figure 10 in the preprint).

Here’s to continued great progress in 2026—let’s all work together to reduce the global burden of dementia. We can do it.

Il me tarde déjà d'assister à cette formation de ma grande amie Agathe Sultan Naturopathie pour approfondir avec elle la...
04/12/2025

Il me tarde déjà d'assister à cette formation de ma grande amie Agathe Sultan Naturopathie pour approfondir avec elle la question cruciale des Méthodes d'Observation du Cycle.

Les MOC, comme on les appelle familièrement, sont un outil absolument essentiel en santé fonctionnelle : à la fois une méthode contraceptive 100 % non toxique (y en a-t-il beaucoup d'autres... ?), un moyen de savoir quand faire ses bilans hormonaux au bon moment du mois, et un outil incontournable de connaissance de soi.

Observer son cycle, pour une femme, c'est accéder à une quantité incroyable d'informations sur elle-même : corréler les moments du cycle avec ses humeurs, sa forme physique, ses symptômes et même certains aspects de sa personnalité... C'est découvrir les marées hormonales qui fluent et refluent à travers nous, c'est apprendre à reconnaître la couleur spécifique à chaque moment du mois, c'est comprendre ce qui, dans nos comportements, nos émotions ou nos sensations physiques, est directement lié à nos hormones...

C'est observer aussi tous les micro-signes que "quelque chose est perturbé" dans notre état de santé bien avant que d'autres signes plus bruyants se fassent entendre, c'est disposer de nombreux et précieux indices sur ce qu'il y a à corriger pour que notre physiologie fonctionne optimalement... C'est aussi connaître et comprendre le fonctionnement des différentes hormones, apprendre à les sentir et les reconnaître, et apprendre à se "vivre" avec chacune d'elles, sans masque, sans pansement, sans filtre. Arrêter la pilule et redécouvrir son cycle naturel, c'est être enfin en contact vrai avec soi-même. ..avec, parfois, tous les inconforts que cela comporte (et je ne dis pas que c'est possible ou souhaitable pour toutes les femmes : à chacune son histoire, ses problématiques, ses choix bien sûr) : mais faire face à ces inconforts, c'est aussi se donner la chance - si l'on est accompagnée par un.e praticien.ne formé en hormonologie fonctionnelle - de comprendre ce qui ne va pas et d'y remédier de manière causale, préservant ainsi son bien-être dans le présent et l'avenir.

Bref, les méthodes d'observation du cycle, c'est bien plus qu'un moyen de contraception naturel (ce qui est déjà immense !) : c'est l'association d'un ancrage dans les traditions les plus profondes avec le meilleur de la modernité. J'ai absolument hâte d'en apprendre plus sur ce sujet avec Agathe.

Je suis déjà inscrite ! Et vous ?

PS Cette formation est destinée aux praticiens de santé, mais les particuliers peuvent aussi apprendre l’observation des cycles avec Agathe, qui reçoit à son cabinet les jeunes filles et les femmes désireuses de s’initier à cette méthode. 🌸

Un grand jour indeed ! Quelle joie de pouvoir partager cette formation sur un sujet passionnant et encore peu connu en s...
21/11/2025

Un grand jour indeed !
Quelle joie de pouvoir partager cette formation sur un sujet passionnant et encore peu connu en santé fonctionnelle, après des mois à travailler comme une fourmi dans ma bibliothèque virtuelle ! Et un grand bonheur de le faire dans le cadre de DFM Formations - la Santé Fonctionnelle : mon école de cœur, où tout est mis en œuvre pour que les savoirs soient les plus pointus, au service de la meilleure efficacité pédagogique et thérapeutique, et où chaque orateur peut développer son propre style avec son iconographie, sa pédagogie, sa façon de raisonner ! L'alliance de la rigueur et de la liberté : le combo du bonheur pour moi.
Et que dire du public ! Je me sentais en famille avec Agathe Sultan Naturopathie, Maud Gabriel, Marie-Neige Chervier, Gaignard, Naturelle, Libera, Loumena, Martine Hoarau, Christine Born-Gautheron, Krotoum Konaté Nutrithérapie...

Un grand merci encore à Gué, Mairet Micronutrition et Commarmond pour l'existence de l'école tout d'abord, et pour l'accompagnement de la venue au monde de cette formation 🌿💫

👏🥳Aujourd'hui c'est le grand jour : la première d'une nouvelle formation de haut vol chez DFM ! SULFO Pratik avec Clara Mallier.

✅Qui est Clara Mallier ?
Universitaire de formation (ancienne élève de l’École normale supérieure, enseignante-chercheuse à l’Université), Clara Mallier s’est reconvertie dans le domaine de la santé fonctionnelle, pratiquant la thérapie manuelle Méthode Poyet et la nutrithérapie / micronutrition. Formée chez DFM (Cursus Duo Pratik, Hormono Pratik, SIBO Pratik entre autres) et titulaire du DU Santé, Diététique et Physionutrition de l’Université Grenoble-Alpes, elle donne également des conférences et formations auxquelles elle apporte son enthousiasme, sa rigueur intellectuelle et son sens de la pédagogie.

✅ Prochaine date disponible : jeudi 5 mars 2026 !

https://dfm-formations.fr/classevirtuelle-sulfo-pratik/

A bientot !
L'équipe DFM

Soirée réjouissante hier soir à l’Ile de Kos, où j’ai parlé du sujet de l’intolérance à l’histamine à un public de profe...
10/10/2025

Soirée réjouissante hier soir à l’Ile de Kos, où j’ai parlé du sujet de l’intolérance à l’histamine à un public de professionnels passionnés et pointus. Les échanges ont été très stimulants dans ce cadre intimiste.
Un grand merci à Muriel Verney et Nicolas Guidoux pour leur accueil dans ce superbe lieu dédié à la naturopathie et la santé intégrative ; à Anne-Catherine Dumortier et Agnès Tison du laboratoire Energetica Natura, pour l’organisation parfaite de cet événement ; et à tous les présents pour vos questions et remarques passionnantes, et votre attention sans faille jusqu’à plus de minuit ! 🙃






Très heureuse d’avoir donné une conférence hier soir pour Energetica Natura dans le superbe gratte-ciel de la tour Part-...
26/09/2025

Très heureuse d’avoir donné une conférence hier soir pour Energetica Natura dans le superbe gratte-ciel de la tour Part-Dieu, dont la silhouette élancée m’est familière depuis bien longtemps puisque j’ai de la famille dans la région lyonnaise.
Le thème : les troubles déficitaires de l’attention. Il est toujours particulièrement intéressant d’avoir les retours des participants sur ce thème en particulier, qui impacte tellement les familles et sur lequel tout le monde - thérapeutes, pharmaciens, parents, enseignants concernés - a des anecdotes parfois poignantes et toujours riches d’enseignement à rapporter.
Un grand merci à tous les présents ainsi qu’à Anne-Catherine Dumortier et Sonia Thibault du
laboratoire Energetica Natura pour l’organisation de cet événement.

La prochaine fois que je parlerai de ce sujet, ça sera à Paris avec Clara Materne Nourish qui apportera toute son expertise sur la prise en charge du TDAH par l’alimentation.

Aujourd'hui, j'étais dans les murs de l'hôpital Saint-André de Bordeaux. La beauté des lieux, la grandeur des espaces de...
28/08/2025

Aujourd'hui, j'étais dans les murs de l'hôpital Saint-André de Bordeaux. La beauté des lieux, la grandeur des espaces de cet hôpital vénérable m'ont fait penser à un passionnant texte du Pr Perronne qui parle de son expérience d'infectiologue dans des hôpitaux anciens et modernes. Je vous le partage ici.

« Dès 1976, intéressé depuis toujours par les maladies infectieuses, j’ai eu la chance d’effectuer un stage dans un service des maladies infectieuses et tropicales très réputé […] dans l’ancien hôpital Claude-Bernard à Paris. Cet hôpital était conçu sous la forme de petits pavillons indépendants, chaque pavillon hébergeant des maladies contagieuses différentes pour éviter les contaminations croisées. C’était le temple de la prise en charge des maladies infectieuses et des malades contagieux. C’est le seul endroit de Paris où la police allemande, la Gestapo, n’a pas pénétré pendant l’Occupation, à la grande joie des résistants qui pouvaient se cacher dans les souterrains de l’hôpital. L’infection a toujours fait peur. Dans cet hôpital, on soignait aussi bien les adultes que les enfants et même les nourrissons. Un infectiologue, jusqu’en 1988, devait savoir soigner tous les âges, de 7 jours à 77 ans et plus. La première réanimation médicale de France a été ouverte dans cet établissement en 1953, pour se préparer à la grande épidémie de poliomyélite qui sévissait dans les pays nordiques […]. Ce premier service de « réanimation » a fait école dans la France entière et à l’étranger. J’ai découvert à Claude-Bernard le monde fascinant de l’infectiologie.

[Malheureusement, la destruction de cet hôpital Claude Bernard était déjà programmée.]

Le projet politique était de regrouper l’ancien hôpital Bichat, situé porte de Saint-Ouen, avec l’ancien hôpital Claude-Bernard en construisant un nouveau Bichat, immense bâtiment vertical sur les jardins potagers situés derrière le vieux Bichat. Cet hôpital était si solide et si bien conçu (avec notamment beaucoup de chambres à deux et trois lits !) que les microbes n’avaient qu’à bien se tenir. Ils seraient reconduits à la frontière de l’hôpital ! […]. Le nouvel hôpital fut inauguré en grande pompe, et peu de temps après, en 1981, une curieuse épidémie de pneumonies très graves éclata parmi les nouveaux malades de cet établissement flambant neuf.

L’hygiène oubliée des « hôpitaux modernes »
Le transfert des services de maladies infectieuses à l’hôpital Bichat s’est fait dans la douleur. J’eus l’impression d’aller travailler dans des locaux totalement inadaptés à l’isolement des malades contagieux. Dans l’ancien Claude-Bernard, il n’y avait pratiquement que des chambres individuelles, la plupart très larges, avec une hauteur sous plafond de 3,50 mètres. Le sol était carrelé avec des plinthes arrondies pour éviter que la poussière ne s’accumule dans les coins. Il y avait de grandes fenêtres surmontées de plus petites pour assurer l’aération. Chaque chambre avait une salle de bains individuelle avec une grande baignoire. Beaucoup de chambres donnaient sur des terrasses ouvertes au grand air. Il y avait même eu un circuit propre et un circuit sale, mais cette mesure avait disparu au fil du temps. Il y avait encore des pavillons dédiés à une maladie unique (rougeole, coqueluche, varicelle, oreillons, etc.). Un autre monde nous attendait à Bichat. En arrivant dans cet hôpital presque neuf, je fus horrifié de voir des malades atteints de tuberculose contagieuse hospitalisés dans des chambres collectives à deux ou trois lits, descendre dans des ascenseurs pleins à craquer pour aller à la cafétéria ou faire la queue dans le service de radiologie. Des malades contagieux pouvaient croiser régulièrement des malades fragiles, immunodéprimés ou transplantés. Comme il y avait quinze étages, le trajet en ascenseur pouvait prendre plus de dix minutes aux heures de pointe, l’idéal pour les microbes quand on est serré comme des sardines dans une caisse suspendue. Dans l’ascenseur, je me mettais à rêver à mon hôpital pavillonnaire chéri, livré aux démolisseurs. Peu de temps après le transfert de l’infectiologie à Bichat, la transmission d’une souche de tuberculose multirésistante a été responsable du décès au treizième étage de plusieurs malades atteints de sida et de la contamination d’une interne en médecine. »

Pr Christian Perronne, La Vérité sur la maladie de Lyme (2017)

Quand j’étais étudiante en littérature, on parlait beaucoup de métatextualité - le fait qu’un texte parle de lui-même, q...
09/07/2025

Quand j’étais étudiante en littérature, on parlait beaucoup de métatextualité - le fait qu’un texte parle de lui-même, qu’il commente (implicitement ou explicitement) son propre fonctionnement, créant ce qu’on appelle classiquement une « mise en abyme ». C’est un concept qui paraissait essentiel à certains, inutile et abscons à d’autres. Mais dans cette réflexivité il se joue quelque chose d’important dans la littérature et les arts, qui ont pour vocation d’interroger perpétuellement leur propre fonctionnement, et de tendre au spectateur un miroir interrogateur sur sa propre position dans l’affaire. Cette « réflexivité » va avec une réflexion. Refléter, réfléchir ; transparence et opacité. Le rapport clair-obscur de l’art à lui-même.

Aujourd’hui, je vois à longueur de journée des tutos sur Insta qui expliquent « comment faire des posts Insta efficaces ». Un réel qui t’explique comment faire un réel (d’ailleurs, soit dit en passant, « reel » devrait s’écrire sans accent, ça n’a rien avoir avec le réel, ça vient de « reel » en anglais qui signifie enrouleur / dévidoir / bobine (de film). Mais passons). Donc un reel qui t’apprend à faire des reels, un carrousel qui t’apprend à faire des carrousels, qui t’explique comment choisir ton format, ta police, et terminer par un CTA, et qui met en œuvre ce format, ce type de police, et se termine par un CTA.

Eh bien ! Voilà que la mise en abyme est partout. Il fut un temps où elle était l’apanage des grandes œuvres. Aujourd’hui elle fleurit dans des publications répétitives et standardisées, à vocation commerciale, dont le but est de susciter l’« engagement » du destinataire non pas pour lui apporter quelque chose, mais pour obtenir quelque chose de lui. God. C’est moins grave que la loi Duplomb, mais ça n’est pas entièrement rassurant quand même.

Je vous présente la team des Hormono Queens : de gauche à droite, Physio Santé - Elsa Holfert Micronutrition, l’immense ...
21/06/2025

Je vous présente la team des Hormono Queens : de gauche à droite, Physio Santé - Elsa Holfert Micronutrition, l’immense Guénaëlle Abéguilé sans qui aucune d’entre nous n’en serions là aujourd’hui, votre servitrice Clara Mallier, Marine Piron, micronutrition, Agathe Sultan Naturopathie et Clara Materne que je n’arrive pas à tagger. Il ne manquait que notre très chère Dr Vanessa Hamoniaux pour que nous soyons au complet.







Adresse

223 Cours De L'Yser
Bordeaux
33800

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