18/03/2026
Le 11 avril, je participerai au Concours de la Meilleure Praticienne de France - catégorie Visage Rejuvenate.
Un défi professionnel… mais aussi très personnel.
Après 20 ans de métier, j’ai pourtant décidé de me confronter à ce défi.
Pendant longtemps, j’ai regardé ce type de concours de loin, avec un certain amusement.
Sans doute parce que je les percevais parfois comme très artistiques, presque chorégraphiques, et assez éloignés du vrai travail de cabine.
Quand je travaillais en spas hôteliers 5★, les journées de cabine pouvaient durer 10 à 12 heures.
Je me disais parfois :
« Un jour. »
Mais il y avait toujours une bonne raison de ne pas y aller :
le travail, la fatigue, les responsabilités… et surtout le doute.
Alors je ne me suis jamais présentée.
Cette année marque mes 20 ans de métier et mes 40 ans.
Le 31 décembre dernier, lors d’un audio avec de vieilles amies du spa, l’une d’elles a lancé en riant une réplique des Bronzés :
« Oublie que tu n’as aucune chance… fonce. Sur un malentendu, ça peut marcher ! »
On a ri.
Mais la phrase est restée.
Et j’ai compris une chose simple :
si je n’y allais pas maintenant, je n’irais probablement jamais.
Depuis début février, je me prépare.
Trois mois pour remettre le corps en condition.
Trois mois pour condenser 20 ans d’expérience en 20 minutes de pratique.
Chaque geste est retravaillé :
les pressions, le rythme, le souffle et l’ancrage.
Mais ce concours est aussi devenu un défi dans le défi... 😅
Ces dernières années ont été marquées par des problèmes de santé : l’épilepsie, les traitements puis plusieurs opérations.
L’une d’elles a été particulièrement marquante : une chirurgie du bras pour libérer mon nerf ulnaire et des tendons coincés dans une exostose qui me faisait souffrir depuis des années.
Lors de cette intervention, les chirurgiens ont dû ouvrir le muscle sur près de 12 cm, et j’ai accepté consciemment le risque de rester paralysée de trois doigts...
Pour quelqu’un dont les mains sont l’outil de travail, cela fait réfléchir.
Puis il y a eu une autre épreuve : une lourde chirurgie abdominale il y a à peine 6 mois.
Dans ce métier, le corps est l’outil de travail.
Retrouver la précision du geste, la puissance des appuis et l’endurance musculaire ne se décrète pas.
Et nos mains racontent aussi notre histoire.
Alors j’ai repris récemment une préparation physique intensive : renforcement musculaire, mobilité, respiration, travail postural.
Et le timing est très serré.
Je n’ai que six semaines pour retrouver un niveau physique capable de soutenir l’exigence de ce concours 🫣
J’ai choisi de concourir en catégorie visage, la plus technique.
À l’origine, j’aurais pu me présenter en catégorie corps, une discipline que je maîtrise particulièrement bien et qui rassemble chaque année des centaines de participants.
Mais le visage est une autre exigence.
Chaque geste y est visible.
Chaque pression se lit.
La moindre approximation se voit.
L’an dernier, seulement 25 praticiennes se sont présentées dans cette catégorie.
C’est précisément ce qui m’a attirée
Le travail du visage est pour moi la synthèse de tout ce que le massage corps apprend au fil des années.
Aujourd’hui, ce concours n’est pas seulement une compétition.
Je ne cours pas après une médaille.
Je le fais avant tout pour retrouver mon niveau d’exigence, celui que j’avais lorsque je travaillais dans les grandes maisons.
C’est une manière de me remettre en mouvement, de me mesurer à nouveau et de reprendre ma place dans ce métier.
Le 11 avril, je poserai mes mains sur le visage de mon modèle, Gaëlle, une amie de longue date du spa venue me soutenir dans cette aventure.
Et derrière ces mains, il y aura 20 ans de métier.
Un parcours d’exigence et de précision… mais aussi de résilience face à la maladie 🫶
Je refuse de laisser ces dernières années définir la suite de mon histoire.
Parfois, il faut simplement décider qu’il est temps d’y aller 💪
Rendez-vous à Paris.
Pauline Ballot