24/09/2025
Chère maman endeuillée,
Je sais que tu es là, devant cet écran, peut-être au milieu de la nuit parce que le sommeil refuse de venir. Ou peut-être en pleine journée, entourée de bruits qui te semblent si lointains, comme si tu étais dans une bulle de silence. La sensation que plus rien ne compte.
Je sais que ton corps te fait mal. Que ta poitrine se serre si fort que respirer devient un effort. Que tes bras te semblent si vides, si lourds à la fois. Que tu cherches encore son odeur sur ses vêtements, dans sa chambre.
Je sais que ta tête tourne en boucle. Que tu te rejoues les derniers moments, que tu te demandes "et si...". Que tu as peur d'oublier sa voix, son sourire, et en même temps tu voudrais que la douleur s'arrête ne serait-ce qu'une minute.
Je sais que les gens disent "il faut que tu ailles mieux", "il/elle n'aurait pas voulu te voir comme ça". Comme si c'était si simple. Comme si l'amour pouvait s'éteindre sur commande.
Je sais que tu culpabilises quand tu ris, ne serait-ce qu'une seconde. Que parfois tu te sens coupable d'être encore là. Que parfois tu as envie de partir le rejoindre, et que ça te fait peur de penser ça.
Je sais que tu te sens incomprise, même par ceux qui t'aiment. Que souvent tu portes un masque devant les autres parce que "ça fait déjà tellement de temps". Mais le temps, ça ne guérit pas tout. Ça apprend juste à vivre avec.
Tu n'es pas f***e. Tu n'es pas faible. Tu es une maman dont le cœur saigne, et c'est normal. Ton amour n'a pas de date d'expiration.
Tu as le droit d'avoir mal. Tu as le droit de pleurer. Tu as le droit de parler à ton enfant et de ton enfant, de sentir encore sa présence. Tu as le droit d'exister dans ta douleur.
Cette douleur je la connais, ces pensées que je les ai eues, ce masque je l'ai porté, les difficultés avec mon entourage, entre colère et incompréhensions, je les ai vécues, peur d'exprimer ma douleur, de ne pas avoir l'espace nécessaire pour continuer à parler de mon fils, la fatigue extrême... chaque deuil est différent néanmoins nous avons toutes des similitudes dans ce long chemin de deuil alors quand tu seras prête - pas quand les autres le décideront, mais quand TOI tu le sentiras - il existe des moyens doux pour t'aider :
• À retrouver ton souffle quand l'angoisse te serre la gorge
• À calmer ces pensées qui tournent sans arrêt dans ta tête
• À relâcher ces tensions qui nouent ton corps
• À trouver quelques minutes de paix dans ta tempête intérieure
• À apprivoiser tes émotions sans qu'elles te submergent
Pas pour "oublier" ou "passer à autre chose". Mais pour apprendre à respirer un peu mieux avec cette douleur qui fait partie de toi maintenant.
Tu n'es pas seule. 💙
Avec toute ma tendresse