26/11/2025
LA POSTURE HUMAINE PERDUE
1 - Pourquoi la position accroupie profonde est essentielle pour bien vieillir ?
Dans une grande partie de l'Asie, la position accroupie profonde est une posture de repos courante. On y attend le train, on discute avec des amis, on joue aux cartes, on s'étire le dos ou on travaille près du sol, les pieds bien à plat et le torse droit. Aux États-Unis, la plupart des gens perdent cette capacité naturelle dès l'adolescence. Les chaises, les voitures et les canapés moelleux remplacent les mouvements au ras du sol, et le corps s'adapte progressivement à la position assise à angle droit. On suppose que cette perte est due au vieillissement. En réalité, elle commence des décennies plus tôt par inactivité.
L'enfant en position accroupie naturelle : Les enfants parviennent presque toujours à adopter une position accroupie confortable, les pieds à plat. Au lycée, beaucoup n'y arrivent plus sans tomber en arrière ou lever les talons. Le changement est insidieux : chevilles raides à cause des chaussures de soutien, fléchisseurs de la hanche raccourcis par la position assise prolongée, muscles des pieds affaiblis et un sens de l'équilibre adapté à la hauteur d'une chaise. Ce déclin est rarement réversible spontanément. Les mouvements que nous n'utilisons pas s'estompent progressivement, et vers la cinquantaine ou la soixante-dizaine, cette limitation devient une fatalité plutôt qu'une habitude.
Pour les Américains âgés, retrouver cette posture n'est pas une question de performance sportive. C'est un chemin vers des mouvements naturels qui favorisent l'autonomie. Se relever d'une position basse, jardiner, jouer avec ses petits-enfants ou ramasser un objet lourd au sol dépendent tous de la coordination des chevilles, des hanches, des genoux et de la colonne vertébrale. Un squat profond sollicite l'ensemble de la chaîne musculaire, au lieu d'isoler des muscles. Il invite le corps à bouger comme il est conçu pour le faire, et non comme le mobilier l'y incite.
Les bienfaits de la posture accroupie vont au-delà de la mobilité. Le squat allonge la colonne vertébrale et ouvre les hanches au lieu de les comprimer. Avec le torse droit et les hanches naturellement fléchies, la respiration se fait souvent plus basse et plus calme. Dans de nombreuses cultures asiatiques, cette posture est également associée à la digestion, car le plancher pelvien se détend davantage et le côlon s'aligne plus naturellement. Rien de tout cela n'exige une profondeur parfaite. Même une flexion partielle commence à restaurer l'amplitude de mouvement perdue.
Pour les adeptes du Taijiquan et du Qigong, cette posture reflète des principes familiers. Les pieds reposent à plat sur le sol plutôt que de s'équilibrer sur la pointe des pieds. La colonne vertébrale reste allongée sans se raidir. Le corps se détend vers le bas, le poids étant supporté par le centre du pied. Le terme chinois « song » (鬆) décrit bien cette qualité. Il ne s'agit ni d'un affaissement, ni d'un étirement forcé. C'est une libération des tensions inutiles qui permet à la structure de se soutenir d'elle-même.
Nombre de pratiquants occidentaux pensent que leurs activités quotidiennes leur permettent de rester mobiles. Pourtant, il arrive que l'on découvre, dès quarante ans ou plus t**d à soixante ans, qu'on ne peut plus toucher le sol confortablement sans se cramponner au dos ou sans se relever avec de l'aide. Cette surprise peut être un électrochoc salutaire. La position accroupie nous montre non pas notre âge, mais la quantité de mouvement naturel que nous avons conservée.
Il ne s'agit pas de recréer la position exacte des villageois se reposant au bord d'une rizière en Chine. Il s'agit de retrouver une posture humaine qui nous relie au sol et nous permet d'avancer avec assurance dans la vie. La profondeur n'est pas le but, c'est la fonction. Le chemin vers cette fonction commence là où se trouve le corps aujourd'hui.
2 - Réintégrer le squat profond en toute sécurité
Si le squat profond est une posture humaine naturelle plutôt qu'un défi sportif, le retour à cette posture devrait l'être tout autant. Il ne s'agit pas de contraindre le corps à adopter une forme particulière, mais d'inviter les articulations et les tissus à se souvenir comment bouger. Chaque personne part d'un point différent, en fonction de son âge, de ses antécédents de blessures, de ses habitudes quotidiennes et de ses différences anatomiques. Certains parviendront à descendre confortablement au sol en quelques semaines. D'autres ne maîtriseront peut-être jamais complètement la posture, mais bénéficieront tout de même des bienfaits d'une descente partielle. L'objectif est un mouvement sain, pas la perfection.
Position de squat pour un homme : Un bon point de départ consiste à observer l'amplitude de mouvement disponible avant l'apparition de toute tension. Debout, les pieds écartés à la largeur des épaules, descendez seulement jusqu'à ce que vos talons aient envie de se soulever ou que vous sentiez une pression sur vos genoux. Marquez une pause et respirez. Cette position suffit à réactiver les chevilles et les hanches qui se sont adaptées à la hauteur d'une chaise. Avec le temps, cette limite diminuera. L'important est d'y aller progressivement et en douceur.
Pour de nombreuses personnes âgées, les chevilles constituent la principale limitation. Des décennies de chaussures à semelles rigides, une marche limitée sur des surfaces variées et une vie entière passée assis réduisent la dorsiflexion. Si vos talons se soulèvent prématurément, placez une serviette pliée ou un bloc fin dessous. Il ne s'agit pas d'une solution miracle. Cela permet de positionner le corps de manière à faciliter le retour du mouvement, tandis que la mobilité des chevilles progresse indépendamment. Marcher pieds nus à la maison, faire des étirements lents des mollets et des rotations des chevilles contribuent à préparer l'amplitude de mouvement nécessaire pour se passer progressivement de tout support.
L'équilibre est tout aussi important que la souplesse. Se tenir à un comptoir, un cadre de porte ou une chaise stable en descendant permet de maintenir le torse droit au lieu de s'affaisser vers l'avant. Une posture affaissée peut engendrer des douleurs au bas du dos et aux hanches. Une colonne vertébrale droite répartit le poids plus uniformément sur les jambes et favorise une respiration naturelle. Si vous vous sentez instable en descendant complètement, essayez de vous accroupir près d'un tabouret bas, de le toucher légèrement, puis de vous relever. Choisissez progressivement des sièges plus bas.
Squat modifié
Le confort des genoux mérite une attention particulière. Les genoux doivent être alignés avec les orteils. S'ils rentrent vers l'intérieur, les hanches et les chevilles pourraient nécessiter un écartement légèrement plus important. Le bassin occidental a souvent une préférence pour une rotation externe plus marquée que celui de nombreuses populations asiatiques. Cette variation est normale et ne contrevient pas aux principes de la posture. Évitez de forcer les genoux vers une position idéalisée. Suivez votre ressenti, c'est-à-dire ce qui vous semble fluide et aligné.
Les personnes ayant subi une arthroplastie, souffrant d'arthrite ou de blessures chroniques peuvent choisir de descendre plus bas en position accroupie. Une personne avec une prothèse de hanche, par exemple, peut s'accroupir à mi-hauteur et améliorer ainsi son équilibre, sa force abdominale et sa digestion. Une personne à mobilité réduite de la colonne vertébrale peut se concentrer davantage sur la posture et la respiration que sur la profondeur du mouvement. Même s'asseoir sur un banc bas, les pieds écartés et les talons au sol, peut apporter certains bienfaits. Les progrès dépendent toujours des antécédents de chacun.
Tout au long de la pratique, l'attention doit rester détendue. La respiration est calme. Le corps se détend naturellement, sans se raidir. La colonne vertébrale est allongée sans se raidir. Ces qualités rappellent des principes bien connus du Taijiquan et du Qigong. La mobilité se développe par la répétition consciente, et non par la force.
Une fois que la position de squat partiel devient confortable, elle s'intègre facilement au quotidien. Lisez vos courriels en position basse. Étirez votre dos en squat pendant que vous arrosez le jardin. Faites une pause en squat pour faire chauffer du thé ou attendre que le minuteur sonne. Le mouvement devient une habitude, et non une séance d'entraînement à part.
Certains retrouveront la position de squat complète. D'autres se rapprocheront simplement du sol comme ils ne l'ont pas fait depuis des années. Les deux résultats sont significatifs. Retrouver le squat, ce n'est pas remonter le temps. C'est renouer avec des mouvements naturels qui permettent au corps de rester performant, autonome et stable pour les décennies à venir.
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