05/01/2026
Pour les personnes qui songent à éliminer le gluten de leur régime alimentaire voici un poste de Docteur Mohamed Boutbaoicht qui est vraiment très intéressant. Je conseille vivement la lecture surtout si vous êtes une personne anxieuse ou dépressive.
Demandez toujours l’avis de votre médecin traitant avant de commencer un régime alimentaire.
Gluten, FODMAPs et santé mentale
Quand l’intestin dialogue avec le cerveau
Dr Mohamed Boutbaoucht
À partir de la r***e systématique d’Aranburu et al., Nutrients, 2021
Introduction
Depuis quelques années, l’alimentation ne se limite plus à une simple question de calories ou de nutriments. Elle devient un acteur central de la santé mentale. Gluten, FODMAPs, microbiote intestinal, inflammation de bas grade, perméabilité intestinale… autant de notions désormais au cœur des débats scientifiques.
La r***e systématique publiée en 2021 dans la r***e Nutrients par Egoitz Aranburu et ses collaborateurs s’inscrit dans cette dynamique. Elle explore une question longtemps négligée par la médecine conventionnelle :
Existe-t-il un lien physiopathologique entre la consommation de gluten ou de FODMAPs et les troubles mentaux ?
Gluten et FODMAPs : de quoi parle-t-on vraiment ?
• Le gluten est une protéine présente principalement dans le blé, l’orge et le seigle.
• Les FODMAPs sont des glucides fermentescibles (oligosaccharides, disaccharides, monosaccharides et polyols) mal absorbés chez certaines personnes.
Ces composants alimentaires sont connus pour provoquer des symptômes digestifs, mais leur impact va bien au-delà de l’intestin.
Une hypothèse de plus en plus solide : l’axe intestin–cerveau
La r***e s’appuie sur 13 essais cliniques randomisés récents, analysés selon les critères PRISMA. Leur point commun : ils évaluent l’impact d’un régime sans gluten (GFD) ou d’un régime pauvre en FODMAPs (LFD) sur divers troubles mentaux.
Les mécanismes évoqués incluent :
• une inflammation systémique chronique de bas grade,
• une altération du microbiote intestinal,
• une hyperperméabilité intestinale,
• une activation anormale du système immunitaire,
• et une perturbation de la neurotransmission (sérotonine, GABA, glutamate).
Dépression et anxiété : les résultats les plus convaincants
Le constat est sans ambiguïté :
7 études sur 7 montrent un effet positif d’une réduction ou exclusion du gluten ou des FODMAPs sur les symptômes anxieux et dépressifs.
Les améliorations observées concernent :
• l’humeur,
• l’anxiété généralisée,
• la qualité du sommeil,
• la fatigue mentale,
• la stabilité émotionnelle.
Ces résultats suggèrent que, chez certaines personnes, l’alimentation agit comme un véritable modulateur neuropsychique.
Cognition : un signal prometteur
Une étude incluse dans la r***e rapporte une amélioration significative de plusieurs tests cognitifs après modification alimentaire.
Mémoire, attention, vitesse de traitement : autant de fonctions sensibles à l’inflammation et à l’état du microbiote.
Cela renforce l’idée que le cerveau ne peut être dissocié du terrain métabolique et intestinal.
Schizophrénie et troubles du spectre autistique : prudence mais espoir
Les résultats sont plus hétérogènes pour :
• la schizophrénie,
• les troubles du spectre autistique (TSA).
Certaines améliorations symptomatiques sont observées, mais les données restent limitées. Les auteurs appellent à davantage d’études ciblées, avec des profils biologiques mieux définis.
Au-delà des effets de mode :
La r***e souligne un point essentiel :
la popularité croissante des régimes sans gluten ou pauvres en FODMAPs est souvent influencée par le marketing et les tendances alimentaires.
Or, les bénéfices ne sont ni universels ni automatiques. Ils semblent surtout concerner des individus présentant :
• une sensibilité digestive,
• une dysbiose intestinale,
• une inflammation chronique,
• ou une vulnérabilité neuropsychiatrique.
Une nouvelle lecture de la santé mentale :
Cette r***e systématique confirme ce que la médecine fonctionnelle défend depuis des années :
La santé mentale est indissociable de la santé intestinale.
Le cerveau ne tombe pas malade isolément. Il réagit à :
• ce que nous mangeons,
• ce que nous absorbons mal,
• ce que notre microbiote transforme,
• et à la manière dont notre système immunitaire interprète ces signaux.
En Conclusion
Limiter ou exclure le gluten et/ou les FODMAPs peut améliorer significativement certains troubles mentaux, notamment l’anxiété et la dépression, chez des individus sélectionnés.
Cependant, les auteurs insistent :
des études supplémentaires sont nécessaires pour établir des recommandations définitives et personnalisées.
Ce travail marque néanmoins une étape majeure :
l’alimentation n’est plus un simple facteur périphérique de la psychiatrie, mais un levier thérapeutique potentiel à part entière.