25/08/2025
Souvent, le Yoga me fascine.
Parfois, ce qu’on en fait me répugne.
Il me fascine parce qu’il m’a appris à revenir, encore, à mon souffle, à mon corps, à l’instant. Il a transformé des moments de panique en possibilité d’ancrage, et il a aide les femmes que j’accompagne à (re)prendre contact avec elles-mêmes.
Il me répugne parce que ce même mot « Yoga » est parfois vidé de sa profondeur pour devenir spectacle, marchandise ou outil politique. Il est utilisé comme bannière, comme vitrine, jusque dans des discours nationalistes qui excluent plutôt qu’ils n’unissent.
Alors je choisis différemment : avec humilité, avec clarté, en distinguant ce qui relève d’un symbole, d’une tradition, d’une pratique thérapeutique fondée sur des méthodes modernes, et ce qui relève du marketing ou de la récupération culturelle.
Trouver un chemin juste dans l’enseignement du Yoga n’est pas simple. J’essaie de marcher sur cette ligne fine : transmettre avec humilité et lucidité, sans tomber dans les slogans marketing qui vident la pratique de sa substance, ni m’approprier ce qui ne m’appartient pas.
C’est un équilibre précaire : rester fidèle à l’essence de ce que je transmets, tout en adaptant les outils pour qu’ils soient accessibles, thérapeutiques et pertinents ici et maintenant. Le risque est toujours là : simplifier à outrance, séduire au lieu d’éclairer, gommer l’histoire pour ne garder que ce qui est confortable.
Alors je m’efforce de rester vigilante et de transmettre le Yoga comme une pratique vivante, enracinée dans son histoire et ouverte sur le présent.
Le Yoga m’a donné beaucoup.
Je veux lui rendre cela en restant fidèle à son élan le plus simple : la présence.