04/01/2026
Incendie de Crans-Montana.
Depuis ce drame, je vois passer beaucoup de prises de parole sur les réseaux sociaux. Et franchement… je suis partagé.
J'ai hésité à écrire ce post. Mais il me semble important.
D'ailleurs, certains auraient peut être dû hésiter davantage avant de poster.
Je lis :
👉 « Si le personnel avait été formé, ça ne serait jamais arrivé »
👉 « Avec de la prévention, ce feu ne se serait jamais propagé »
👉 « Regardez ces jeunes qui filment au lieu d’évacuer, des idiots »
👉 « Comment des mineurs ont-ils pu être là ? »
Alors oui, il y a très probablement eu des manquements.
Oui, certaines images sont choquantes.
Oui, des questions sur la sécurité et la prévention se posent.
Mais est-ce le moment ?
À chaud, sans enquête.
Sans connaître le contexte réel.
Sans connaître l’état des personnes (alcool, panique, sidération, …).
Sans être sur place.
Sans être concerné directement.
Est-ce qu’on n’est pas en train de commenter ce drame comme au comptoir du PMU du village ? Est-ce que juger ces jeunes ramènera les victimes ? Est-ce qu'on n'est pas en train de vendre nos formations et nos prestations sur la sécurité incendie ?
Pendant ce temps, des familles vivent l’impensable. Des proches attendent des nouvelles. Certains feront leur deuil durant des années, pendant que d'autres n'y parviendront certainement jamais.
Je suis formateur en sécurité.
Je crois profondément à la prévention.
Je sais à quel point former, informer et entraîner sont essentiels.
Mais je crois aussi qu’il y a un temps pour tout.
Le temps de l’enquête.
Le temps de la compréhension.
Le temps du respect.
Critiquer des jeunes en panique, en train de filmer ou figés par la peur, c’est oublier une chose fondamentale : le cerveau humain ne réagit pas toujours comme dans nos manuels.
La prévention, ce n’est pas pointer du doigt après coup.
Ce n’est pas vendre son expertise sur un drame à peine terminé.
C’est travailler en amont, humblement, durablement.
Aujourd’hui, à mon sens : on se tait, on respecte, on laisse les enquêteurs faire leur travail.
Et quand viendra le moment de tirer des enseignements, on le fera.
Sérieusement.
Avec dignité.
Pas à la table du PMU entre deux kronenbourg tièdes et un jeu à gratter.
Et ouais, je suis en survêtement et pas coiffé sur la photo. C'est Dimanche.