30/01/2026
Guérir l’enfant intérieur
Dans la voie chamanique, l’enfant intérieur est un esprit vivant en nous. Il porte la mémoire des premiers battements du cœur, des élans spontanés, mais aussi des peurs anciennes et des blessures laissées sans témoin. Lorsqu’il n’a pas été vu, entendu ou protégé, il continue d’appeler à travers nos réactions, nos blocages et nos besoins inexpliqués. Guérir l’enfant intérieur, c’est répondre enfin à cet appel.
Le chamane sait que certaines blessures créent une fragmentation de l’âme. Une partie de l’énergie se fige dans le passé, au moment où l’enfant n’a pas pu comprendre, ni se défendre. Cette part n’a pas disparu : elle attend. La guérison commence lorsque l’adulte conscient choisit de descendre dans les mondes intérieurs pour la rencontrer.
La voie chamanique invite d’abord à créer un espace sûr. Par l’ancrage à la Terre, par le souffle, par le silence, on établit un cercle sacré. C’est dans cet espace que l’enfant peut apparaître sans crainte. Il ne vient jamais quand on le force, mais quand il sent une présence stable, douce et sincère.
Rencontrer l’enfant intérieur, ce n’est pas analyser son histoire, c’est l’écouter avec le cœur. Le regarder tel qu’il est, sans chercher à le réparer immédiatement. Parfois, il pleure. Parfois, il se cache. Parfois, il joue. Chaque manifestation est juste. Le simple fait d’être vu sans jugement commence déjà la guérison.
Dans la tradition chamanique, on offre à l’enfant intérieur ce qui lui a manqué : la protection, la validation, la tendresse. On peut l’imaginer enveloppé dans une couverture, porté contre le cœur, guidé par un animal allié. Ces images ne sont pas symboliques seulement : elles réorganisent l’énergie et restaurent le sentiment de sécurité intérieure.
La guérison passe aussi par la parole sacrée. Dire intérieurement : « Je suis là maintenant. Tu n’es plus seul. Je te crois. » Ces mots agissent comme une médecine. Ils réparent la rupture du lien et permettent à l’enfant de relâcher la vigilance constante qu’il a dû maintenir.
Peu à peu, l’enfant intérieur cesse d’agir dans l’ombre. Il retrouve sa place naturelle : celle de la spontanéité, de la créativité et de la joie simple. L’adulte n’est plus dirigé par ses peurs anciennes, mais enrichi par la sagesse de cet enfant réintégré.
Guérir l’enfant intérieur par la voie chamanique, ce n’est pas effacer le passé.
C’est ramener à la maison une part sacrée de soi.
Et lorsque l’enfant est en sécurité, l’âme peut enfin marcher entière.
Avec Amour et Bienveillance,
Esprit Du Serpent Blanc