15/01/2026
Dans le sommeil profond ou lorsqu’un désir est satisfait, je « brille » comme paix et bonheur. Je suis le soi interne qui est être, conscience et béatitude, je suis au-delà de tout (ce qui est limité), je suis le commencement et la fin (de tout devenir).
Avant comme après une pensée, une émotion, un désir, je brille par ma propre et inaltérable lumière. C’est en moi qu’apparaissent et se résorbent pensées et sentiments. Témoin de toutes choses, je ne suis affecté par aucune.
De toutes les pensées, je suis la conscience (bodha) qui les éclaire. De toutes les affections, je suis le pur amour (prémâ) dont elles dérivent. Naissance et mort, douleur et égarement n’existent pas en moi. Je ne suis ni asservi ni délivré, étant au-delà de tous les contraires.
Apparaissant dans la pensée, subsistant avec cette pensée, le monde en réalité n’est autre qu’une pensée1. Dès lors qu’une pensée ne diffère en rien de la conscience (bodha) et que celle-ci est ma nature véritable, je suis l’étoffe même du monde2 qui ainsi se révèle comme étant être, conscience et béatitude. C’est pourquoi je suis sans second et plénitude (car rien n’existe hors de moi).
Je suis dépourvu de toute possession (qui m’asservirait), sans souillure et sans égoïsme, éternel et immuable, absolument pur, autonome car brillant par ma propre lumière, sans aucune qualité (finie), parfait, inconditionné, l’essence même de l’amour, sans défaut, sans second, et sans faille.
KRISHNA MENON