20/03/2026
Il y a des mois, j’ai disparu.
Pas pour un voyage ni une formation. Une dépression sévère m’a frappée sans prévenir, comme un tsunami.
Moi qui pensais être au sommet de mon bonheur. Ma famille, mon travail, notre vie en nature. Et la plus belle des nouvelles : une âme qui a décidé de s’incarner et rejoindre notre famille. Cette grossesse tant désirée, reçue avec une immense joie.
Mais la tempête hormonale en a décidé autrement.
Un rideau noir opaque a recouvert ma vie. Plus d’énergie. Plus de goût. Plus d’envie. J’étais là sans être là.
Je suis devenue l’ombre de moi-même, enfermée dans un labyrinthe sans lumière.
Ma foi a été ébranlée, mes certitudes ont explosé en vol, mes guides étaient tous en panne de réseau. Et la magie. Quelle magie ??
Pendant des mois, une tempête neurochimique me ravageait en même temps qu’une succession de dépressions atlantiques ravageait le Portugal. Le dedans et le dehors en miroir.
On parle parfois d’agonie de l’ego, cette dissolution douloureuse de ce qu’on croyait être. Je crois que j’ai traversé ça.
Un jour, je me suis regardée dans le miroir. J’ai cherché au fond de mes yeux cette part vulnérable, en dessous de tous les masques. Et j’ai fini par y trouver de la compassion sincère, un amour qui subsiste même quand on est au plus bas. Quelque chose s’est enfin ouvert.
La vie s’est réveillée en moi, petit à petit. Comme une rivière qui reprend son cours. Pas comme avant. Autrement.
La dépression comme passage. Comme mort symbolique avant renaissance.
Personne n’est immunisé contre la chute. Ni les thérapeutes, ni les facilitateurs, ni ceux qu’on place sur un piédestal. Il est sain, même nécessaire, d’humaniser ceux qui guident.
« We all will fall », m’a dit ma psy. Tomber n’est pas une faiblesse. C’est être vrai. C’est être humain.
C’est le printemps. Le renouveau. Pour moi cette année, c’est littéral.
Je reviens. Différente. Plus vraie. 🌿