09/02/2026
L’envers du décor (2)
Officiellement, je travaille de 8h à 12h et de 14h à 19h30 du lundi au vendredi. Et le samedi matin.
Officiellement.
Dans la vraie vie, le travail ne s’arrête pas quand la porte se ferme. Il change juste de forme.
Quand la clinique est vide, il reste les comptes rendus, les appels en re**rd, les décisions à ruminer, les doutes, les lectures, les formations, les remises en question.
Je prends peu de vacances. Pas parce que je dois “me vendre”. Parce que je suis passionné par mon métier.
Depuis deux ans, par exemple, je me forme énormément en cardiologie. Mes week-ends ressemblent souvent à des heures de formation, de cas cliniques, d’échographies, d’articles scientifiques. Non pas pour paraître expert. Simplement pour comprendre mieux. Pour soigner mieux.
Et plus on apprend, plus on comprend des choses difficiles.
On comprend pourquoi certains animaux arrivent trop t**d.
Pourquoi certains cœurs sont déjà épuisés.
Pourquoi certaines bouches jamais soignées deviennent des bombes à re**rdement pour un organisme fragile.
Pourquoi certaines anesthésies sont des paris impossibles.
Et on comprend surtout une chose très dure :
la médecine n’a pas toujours de solution quand la prévention n’a pas été faite.
Ce n’est pas confortable à dire, mais c’est la réalité :
ce n’est pas le vétérinaire qui “tue” un animal quand il arrive au bout d’une maladie avancée.
Et ce n’est pas non plus celui qui promet qu’il aurait “fait mieux” qui change le destin quand le corps est déjà à bout.
Je ne suis pas parfait. Je ne l’ai jamais prétendu.
Je peux me tromper. Comme tout humain.
Mais on peut discuter. On peut expliquer.
Ce que je n’ai pas les épaules pour accepter, en revanche, ce sont les attaques diffamatoires et le déversement de colère anonyme sur des années de travail et d’investissement.
Je pense faire largement ma part, en tant que professionnel et en tant qu’être humain, avec mes propres problématiques comme tout le monde.
La vraie question est peut-être celle-ci : faites-vous la vôtre ?
Et je me pose une autre question simple :
qui, parmi ceux qui jugent, mesure réellement le travail invisible et les souffrances que j’aies absorbées derrière la porte fermée ?