12/01/2026
Ces derniers jours, la Corse se réveille face à une réalité qui nous concerne tous.
Près de la moitié des fermes insulaires a disparu depuis 1988, fragilisant le tissu rural, l’économie locale et nos traditions agricoles.
Ce constat alarmant a poussé un appel à l’action des maires, rejoint aujourd’hui par des médecins, des élus et les agriculteurs eux-mêmes.
En tant que maire et médecin, je mesure chaque jour les conséquences humaines de ces transformations : stress, dépression, précarité, isolement, autant de symptômes qui révèlent un malaise profond.
Et ce diagnostic est clair.
L’empilement des normes, nationales puis européennes, s’est transformé en une mécanique qui éloigne la décision de celles et ceux qui vivent la réalité du terrain.
Un pouvoir normatif excessif finit trop souvent par étouffer la créativité, l’autonomie et la résilience des agriculteurs corses.
Aujourd’hui encore, malgré leur rôle central dans la vie de notre île, les revenus agricoles restent très bas, et nos campagnes sentent trop souvent le mépris de la capitale pour la ruralité, en particulier pour la ruralité agricole. On décide pour eux depuis Paris ou Bruxelles, sans toujours comprendre leurs contraintes, leurs forces et leurs spécificités.
Comme en médecine, lorsque le traitement devient plus nocif que la maladie, il faut avoir le courage de le revoir.
Notre agriculture, pilier historique de la Corse, ne peut pas être réduite à une variable d’ajustement dans des politiques pensées loin des champs et des montagnes.
C’est pourquoi je soutiens pleinement l’appel des maires corses, aux côtés de nos agriculteurs et de nos confrères médecins.
Il est temps de rendre aux territoires le pouvoir et la compétence nécessaires pour gérer au mieux leurs propres spécificités agricoles et humaines.
Donner plus de pouvoir aux collectivités locales, c’est reconnaître que ceux qui travaillent, vivent et aiment ces territoires sont les mieux placés pour les faire prospérer. C’est une question de justice, de bon sens et de responsabilité.
L’avenir de l’agriculture corse ne se décidera pas uniquement dans des bureaux technocratiques, mais là où la terre est cultivée, là où les saisons rythment les vies et les villages.
Redonnons le pouvoir aux territoires, pour que nos agriculteurs puissent enfin vivre dignement de leur travail.