15/03/2026
Ce matin, je publiais une synthèse de la littérature sur l'ergothérapie et le TDAH. Parmi les réactions, plusieurs messages soulevaient une question récurrente : "Et la psychomotricité, les éducateurs, "insérez le métier de votre choix", alors ?"
Je comprends l'élan derrière cette question. Et pourtant, elle révèle quelque chose qui me semble important à nommer.
Mon travail consistait dans cet article à examiner ce que la recherche dit — ou ne dit pas encore — sur l'ergothérapie dans le TDAH. Parler d'une discipline ne revient pas à ignorer les autres, ni à les hiérarchiser. Ce n'est pas une compétition.
Mais force est de constater que cette dynamique est fréquente. Dès qu'on aborde l'ergothérapie, la psychomotricité se manifeste. Dès qu'on parle d'orthopédagogie, l'orthophonie réclame sa place. Et la neuropsychologie n'échappe pas non plus à la règle. Chaque fois, le même réflexe : "Et nous ?"
Ce réflexe, je ne le juge pas. Il émerge d'une réalité concrète : les frontières entre ces professions sont floues pour beaucoup de familles, et parfois pour les professionnels eux-mêmes. Dans ce flou, défendre son périmètre peut sembler nécessaire.
Mais défendre son périmètre n'est pas la même chose que clarifier sa contribution spécifique. Et comparer n'est pas la même chose que collaborer.
Ce dont les personnes avec un TDAH ont besoin, ce ne sont pas des professions qui se disputent la légitimité d'une même question, mais des professionnels capables d'articuler précisément ce qu'ils apportent — et ce qu'ils n'apportent pas.
La littérature sur l'ergothérapie ne menace pas la psychomotricité. Elle documente un champ. C'est tout. Et documenter rigoureusement un champ, c'est précisément ce dont on manque encore beaucoup dans le domaine du TDAH.
Petite réflexion de fin d'après midi qui n'engage que moi et mon travail !