24/11/2020
SOURIRE
"Depuis toujours, tu te méfies un peu des sourires forcés. Tu sais que les sourires sont comme des paroles: on peut mentir avec, on peut faire semblant. Et tu sais aussi qu'ils ont un pouvoir immense. A coté des sourires de démonstration ou de dissimulation("voyez comme je vais bien ou comme j'ai confiance en moi!"), il y en a qui apaisent et qui rassurent. Tu aimes bien ces sourires sincères et simples: chez l'inconnu qui t'indique ton chemin alors que tu es perdu; chez la personne qui t'accueille alors que tu crains de déranger. Il te semble y voir là des messages de fraternité tranquille: bienvenue, nous sommes de la même famille des humains.
L'autre jour, en voyant tous les visages tristes des voyageurs dans le métro, tu as réalisé d'un petit regard rapide dans la vitre que le tien était triste aussi: sombre, sinistre. Pourtant, il n'y avait pas de souci particulier dans ta vie, à ce moment. Mais ton visage était triste. Tu as extrait de toi un petit sourire discret, comme ça, pour voir. Tu t'es dit que tu pouvais garder ta tête morose pour les jours ou ça irait mal. Et que pour les autres jours, les jours normaux, tu allais essayer de sourire doucement. C'est drôle mais tu as l'impression que ça te faisait du bien, ce petit sourire adressé à personne, rien que pour toi. Peut-être que ça fait aussi effet en dedans, de sourire, et pas seulement au- dehors?"
Sérénité:25 histoires d'équilibre intérieur.
Christophe André