01/02/2026
Ils m’ont demandé :
« Pourquoi coupes-tu les ponts avec les gens en silence ? »
J’ai répondu, sans colère, sans justification inutile :
« Ils savent très bien ce qu’ils ont fait. »
Parce que le silence n’arrive jamais sans raison. Il ne tombe pas du ciel, il ne naît pas d’un caprice. Il est souvent la dernière étape, celle qui arrive après les explications répétées, les tentatives de dialogue, les limites posées puis ignorées. On ne coupe pas les ponts du jour au lendemain quand on a vraiment essayé.
Le silence, chez moi, n’est pas une punition. C’est une protection. Quand les mots n’ont plus d’impact, quand les promesses se répètent sans jamais se traduire en actes, quand le respect devient optionnel, parler davantage devient inutile. À ce stade, se taire est plus clair que mille discours.
Ceux qui demandent pourquoi je pars en silence oublient souvent de se demander pourquoi j’ai tenu aussi longtemps. Ils oublient les avertissements discrets, les malaises exprimés, les efforts faits pour maintenir le lien. Ils oublient que le silence est rarement la première réaction — c’est la dernière.
Couper les ponts sans bruit, ce n’est pas fuir. C’est reconnaître qu’on ne peut pas forcer quelqu’un à comprendre ce qu’il refuse de voir. C’est accepter que certaines personnes entendent très bien… mais n’écoutent jamais vraiment. Et dans ces cas-là, expliquer encore, c’est s’épuiser pour rien.
Le silence met mal à l’aise parce qu’il oblige à faire face à soi-même. Il laisse moins de place aux excuses, aux justifications, aux rôles de victime. Quand quelqu’un disparaît sans fracas, sans cris, sans drame, la question n’est plus “qu’est-ce qu’il m’a fait ?” mais “qu’est-ce que j’ai fait ?”
Ils savent très bien ce qu’ils ont fait. Les absences répétées. Les paroles blessantes. Les limites franchies. Les efforts à sens unique. Les incohérences. Rien de tout cela n’est invisible. Ce n’est pas de l’ignorance, c’est un choix.
Alors oui, je coupe les ponts en silence. Parce que j’ai appris que ma paix vaut plus que des explications données à des gens qui n’en veulent pas vraiment. Parce que je préfère partir dignement que rester là où je dois constamment me justifier d’exister.
Le silence n’est pas une faiblesse. C’est une réponse.
Et quand je me tais, ce n’est pas que je n’ai rien à dire…
c’est que tout a déjà été dit, et ignoré.