25/05/2026
« Face au succès rencontré par ces approches neuroscientifiques, les conceptions psychanalytiques marquent le pas pour l’instant, tout en essayant de maintenir l’intérêt des soignants et des décideurs politiques pour les réalités psychiques. Mais d’une manière générale, la psychiatrie semble vouloir se détourner des acquis de la psychopathologie clinique. Le contexte dans lequel s’est produite cette évolution est, comme on l’a vu plus haut, celui d’une application sans nuance à la psychiatrie des méthodes de l’evidence-based medicine. Ces méthodes ont contribué à accroître la distance entre, d’un côté, l’objet véritable de cette spécialité médicale, c’est-à‑dire la souffrance psychique d’êtres humains tenus de ce fait à l’écart du lien social, et de l’autre, les moyens mis en œuvre pour tenter d’apaiser cette souffrance. En remplaçant cet objet premier dont la nature est relationnelle par un nouvel objet – le cerveau et la démesure de sa complexité –, les neuroscientifiques ont détrôné la conception intersubjective du soin psychique au profit d’une conception standardisée et chiffrable de ce soin. »
KELLER, Pascal-Henri & LANDMAN, Patrick (2019). Ce que les psychanalystes apportent à la société. Erès.
Soirée “La psychanalyse dans la cité aujourd’hui” en présence de Patrick Landman, à l’ALI le 29 mai 2026.
Inscriptions: https://www.freud-lacan.com/produit/actualites-de-lali-la-psychanalyse-dans-la-cite-aujourdhui/