26/03/2026
Je me souviens très bien d’une période de ma vie où tout allait vite.
De l’extérieur, tout semblait fonctionner. Les journées étaient pleines, les projets s’enchaînaient, les gens disaient souvent que j’étais “courageuse”, “efficace”, “impressionnante”.
À l’intérieur, la sensation était différente.
Je vivais un peu comme on conduit trop longtemps sur l’autoroute : le paysage défile, les kilomètres passent, et on continue d’accélérer sans vraiment se demander si on a encore envie d’aller dans cette direction.
Il y avait cette fatigue étrange qui ne disparaît pas avec une bonne nuit. Une impression de fonctionner plutôt que de vivre. Par moments, je regardais ma propre vie comme si elle appartenait à quelqu’un d’autre.
Beaucoup de femmes vivent quelque chose de similaire, même si ça ne se voit pas sur les photos. Elles avancent vite, elles gèrent tout, elles tiennent la barre. Le travail, la maison, les attentes des autres, parfois leurs propres ambitions aussi.
Et au milieu de tout ça, il arrive qu’elles se demandent silencieusement : “À quel moment je me suis perdue dans cette histoire ?”
Quand on vit dans cet état-là pendant longtemps, le corps finit souvent par parler à sa manière. Fatigue persistante, relation compliquée avec la nourriture, besoin de compenser quelque chose qu’on n’arrive plus à nommer.
Revenir à soi ne ressemble pas toujours à une grande décision spectaculaire. Parfois ça commence par une prise de conscience discrète : ralentir un peu, regarder sa vie avec honnêteté, et accepter que certaines choses doivent changer.
Je crois que beaucoup de transformations commencent exactement là. Dans ce moment où l’on réalise que continuer à vivre à cette vitesse-là n’est plus une option.