10/05/2026
Il était une fois un petit fleuve qui donnait sans compter.
Il offrait son eau douce à tous ceux qui en avaient besoin : rivières, ruisseaux, marécages, même les terres les plus sèches.
Il donnait parce que c’était dans sa nature.
Donner le faisait exister.
Mais à force de se vider pour les autres, quelque chose changea.
Son eau devint salée.
Son courant perdit sa douceur.
La vie qui l’habitait s’affaiblit, puis disparut peu à peu.
Son monde intérieur s’effondrait, silencieusement.
Alors le petit fleuve comprit.
Il comprit que trop donner peut devenir une forme d’oubli de soi.
Que même la plus belle générosité peut se transformer en blessure quand elle n’est pas nourrie en retour.
Que préserver son écosystème intérieur n’est pas de l’égoïsme, mais une nécessité.
Ce jour-là, il décida de se respecter.
De garder assez d’eau pour rester vivant.
De donner, oui, mais sans se perdre.
Et en retrouvant sa propre douceur, il retrouva aussi la force d’offrir autrement, plus justement.