11/05/2026
Hantavirus 🚨 🚨
L’essentiel
Les hantavirus regroupent un grand nombre de virus zoonotiques dont les caractéristiques varient à travers le monde. Ils sont principalement transmis par des rongeurs sauvages.
Ils peuvent causer deux types de syndromes dont la létalité diffère : une fièvre hémorragique rénale et mortelle dans moins de 1% à 15% des cas ; ou un syndrome cardio-pulmonaire sévère avec un taux de létalité de l’ordre de 30 à 60%.
Aucun traitement spécifique ni vaccin n’est disponible contre une infection à hantavirus.
Depuis le 3 mai 2026, un possible foyer d’infection à hantavirus à bord d’un navire de croisière a été signalé par l’OMS et fait l’objet d’un suivi de la part des autorités sanitaires internationales – dont l’ANRS MIE.
Épidémiologie
Les hantavirus sont regroupés au sein de la famille des Hantaviridae et sont présents sur tous les continents. Plus de 20 espèces virales ont été identifiées, toutes zoonotiques – c’est-à-dire transmises par des animaux. Chaque taxon viral est associé généralement à une seule espèce hôte naturel, incluant principalement des rongeurs sauvages (rats, campagnols, mulots) et plus rarement des rongeurs insectivores (taupes, musaraignes), des chauves-souris, mais aussi des poissons et des reptiles.
Situation actuelle
Le 3 mai 2026, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a alerté sur un possible foyer d’infection à hantavirus à bord du navire de croisière néerlandais MV Hondius reliant Ushuaïa, en Argentine, au Cap-Vert.
Le 6 mai 2026, le séquençage viral réalisé par les autorités sanitaires sud-africaines a identifié une souche d’hantavirus de type Andes. Il s’agit de la seule souche, parmi les 38 connues, à pouvoir se transmettre d’une personne à l’autre bien que ce mode de transmission reste marginal par rapport à l’exposition aux rongeurs infectés.
Actuellement immobilisé au Cap-Vert, le navire n’a pas été autorisé à accoster mais une prise en charge médicale est assurée aux passagers et à l’équipage. Le gouvernement espagnol a néanmoins autorisé son accueil prochainement aux îles Canaries, afin de poursuivre l’examen, la prise en charge et le transfert des passagers. Le risque d’une propagation hors du navire demeure considéré comme « faible » par l’OMS. 2
Les enquêtes épidémiologiques sont en cours au sein du bateau pour suivre la situation des passagers et membres d’équipage ; ainsi qu’auprès des personnes qui ont pu être transférées à l’extérieur. Elles devront permettre de mieux comprendre les circonstances déterminantes de cette épidémie et d’évaluer précisément le risque de transmission interhumaine.
Contexte historique
La première description clinique d’une maladie à hantavirus remonte à la guerre de Corée (1950-1953), au cours de laquelle plus de 3 000 soldats ont présenté une fièvre hémorragique avec syndrome hépato-rénal. L’identification du virus en cause a été faite en 1976 par des chercheurs coréens. Il doit ainsi son nom à la rivière Hantaan qui se situe à la frontière entre les deux Corées.
Circulation dans le monde
Les infections à hantavirus sont relativement peu fréquentes à l’échelle mondiale. Leur létalité varie cependant entre les régions concernées (et les espèces virales en cause) et peut atteindre jusqu’à 50 % des cas. À l’échelle mondiale, on estime qu’entre 10 000 et 100 000 cas surviennent chaque année, touchant principalement l’Asie et l’Europe. 3
En 2025, huit pays américains ont signalé des cas confirmés de syndrome pulmonaire à hantavirus, cumulant 229 cas et 59 décès. Les pays concernés sont l’Argentine, le Brésil, la Bolivie, le Chili, le Panama, le Paraguay, les États-Unis d’Amérique et l’Uruguay.
En France
Entre janvier et mars 2026, le Centre national de référence (CNR) des Hantavirus, intégré à l’Institut Pasteur de Paris, a recensé 19 cas confirmés d’infection récente par un hantavirus. Le nombre de cas détectés se trouve dans la moyenne mensuelle française. En Guyane française, depuis 2008, seuls onze cas de syndrome pulmonaire à hantavirus Maripa ont été détectés, dont six mortels.
Caractéristiques cliniques
Transmission
La transmission du virus à l’être humain s’effectue principalement par contact indirect via l’inhalation d’aérosols contaminés par les excrétas (urines, selles) de rongeurs infectés asymptomatiques (on parle d’animal « réservoir ») et plus rarement par contact direct ou morsure. Les cas surviennent généralement en milieu rural, où les forêts, les champs et les exploitations agricoles offrent un habitat favorable aux rongeurs.
La transmission interhumaine d’un hantavirus est rare. Elle a été confirmée pour la première fois lors d’une épidémie nosocomiale de syndrome pulmonaire à hantavirus survenue en 1996 dans le sud de l’Argentine et ne semble concerner que l’hantavirus Andes qui est endémique dans ce pays.
Symptômes / Diagnostic
Lorsqu’ils affectent l’être humain, les hantavirus peuvent être responsables d’infections de gravité variable, potentiellement mortelles.
La période d’incubation dure en moyenne deux semaines. Les premiers symptômes cliniques sont généralement ceux de la grippe : fièvre, maux de tête, douleurs musculaires. Deux types de syndromes peuvent ensuite s’observer :
soit une fièvre hémorragique avec syndrome rénal, avec un taux de létalité de 0,4 à 10% ;
soit un syndrome cardio-pulmonaire sévère d’apparition brutale avec défaillance respiratoire et cardiaque, avec un taux de létalité de l’ordre de 30 à 60%.
Les deux syndromes peuvent être provoqués par une même espèce virale. Cependant, le syndrome rénal et hépatique se retrouve plus généralement chez les hantavirus européens et asiatiques (on parle alors communément des « hantavirus du Vieux-Monde ») tandis que le syndrome pulmonaire s’observe davantage chez les hantavirus américains (ou « hantavirus du Nouveau-Monde »).
Traitement / Prévention
Aucun traitement spécifique ni vaccin n’est approuvé, pleinement efficace et largement disponible à l’échelle internationale contre l’infection par un hantavirus. Des vaccins contre les hantavirus Hantaan et Seoul sont produits et utilisés uniquement en Chine et en Corée du Sud, mais avec une efficacité modérée. 6
La prévention de l’infection consiste essentiellement à limiter les contacts avec les rongeurs et leurs excrétions. Cela nécessite d’éviter, dans les zones à risque : la manipulation de bois, le nettoyage de locaux longtemps inoccupés, toute activité qui met en suspension de la poussière ou de la terre comme la rénovation de vieux locaux poussiéreux, remblayage, etc.
Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique Guinée
Présidence de la République de Guinée
Société Guinéenne de Médecine d’urgence-sgmu