02/08/2025
Transplantation d’organes au Maroc :
entre obstacles et espoirs
À la fin de l’année 2024, le Maroc ne comptait que 640 greffes rénales réalisées, dont moins de 60 à partir de donneurs en état de mort cérébrale. Ce chiffre demeure extrêmement faible au regard des quelque 38 000 patients sous dialyse et des 3 millions de Marocains potentiellement atteints d’une maladie rénale chronique, souvent non diagnostiquée. La greffe, pourtant reconnue comme le traitement le plus efficace de l’insuffisance rénale terminale, reste une pratique marginale dans le pays.
Cette situation alarmante s’explique par plusieurs freins structurels, culturels et institutionnels. Le cadre légal, inchangé depuis la loi de 1999, apparaît aujourd’hui inadapté aux enjeux actuels. Par ailleurs, les représentations sociales autour du corps, du don et de la mort freinent l’adhésion collective à la cause du don d’organes. Le manque de sensibilisation du public, combiné à une faible coordination entre les acteurs et à une volonté politique encore timide, limite les avancées concrètes.
Pourtant, les enquêtes révèlent une attitude globalement favorable des citoyens et des professionnels de santé à l’égard du don d’organes. Ce paradoxe souligne l’importance cruciale de la sensibilisation, de l’éducation et de la communication éthique. Depuis 2003, l’association REINS (Rencontre Éthique et Information sur la Néphrologie et la Santé) joue un rôle moteur dans ce domaine. À travers des livres, affiches, films, chansons, campagnes et conférences, REINS n’a cessé d’informer et de mobiliser. Une pétition nationale a même été lancée pour susciter un débat de société sur cette question essentielle. Malgré ces efforts, les résultats restent modestes.
Le défi de la greffe au Maroc : mobiliser, former, soigner
Le développement de la transplantation au Maroc nécessite un engagement collectif fort, impliquant les pouvoirs publics, les professionnels de santé, les médias, les leaders d’opinion et les citoyens. Il est impératif de construire un consensus national autour d’une vision partagée, appuyée par un cadre législatif modernisé et une stratégie de communication inclusive.
Dans cette dynamique, l’IA peut constituer un levier d’avenir. Elle peut optimiser la gestion des listes d’attente, faciliter le Matching donneur-receveur, améliorer le suivi post-greffe, et renforcer les campagnes de sensibilisation ciblée grâce à l’analyse des données comportementales. En s’appuyant sur l’IA, le Maroc peut espérer accélérer le développement de la transplantation, tout en assurant une prise en charge plus éthique, efficiente et équitable.
Transplantation d’organes au Maroc :
entre obstacles et espoirs
Innovations en transplantation d’organes : de la science à la réalité clinique (1ére partie) Transplantation d’organes : progrès technologiques et réalités humaines La transplantation d'organes constitue, en ce début de XXIe siècle, une composante incontournable de la médecine moderne ...