19/07/2016
Le test du bonhomme
Un bonhomme par ci, un bonhomme par là.
Le bonhomme n’est pas un dessin ordinaire. Il est à la fois vécu, ressenti, fantasmé, instrumentalisé. Il est l’incarnation d’une conscience de soi qui se forme progressivement au cours du développement et qui se modifie perpétuellement.
Voici le bonhomme, le petit, l’aplati, le poilu, le dodu, le biscornu.
Le bonhomme en miroir
L’évolution du bonhomme
Le simple cercle du têtard devient deux cercles de dimensions variables : celui de bas, plus grand, en vient à représenter le tronc ; celui du haut, plus petit, représentant la tête. Le têtard devient une patère à laquelle on suspend les appendices : aux bras poussent des doigts ; les jambes engendrent des pieds ; les visages s’ornent bientôt d’oreilles, yeux, bouche, dents, sourcils, lobes d’oreilles, cheveux et même de taches de rousseur. (H.Gardner, Gribouillages et dessins d’enfants. Leur signification. 1980)
À partir de 3 ans : c’est le bonhomme tétard constitué d’un rond et de deux jambes
À 4 ans : apparaissent les yeux, la bouche, les mains, les doigts et les pieds
À 7 ans : le bonhomme a des cheveux et des vêtements
Le bonhomme : une image corporelle ?
Tout en se perfectionnant, l’enfant à travers son dessin va faire des découvertes sur son propre corps.
Un bonhomme qui présente deux têtes et trois mains traduit parfois une expression de schéma corporel perturbé. Si l’enfant insiste sur une partie du corps de son bonhomme cela signifie que cette partie lui pose problème. Par exemple, les zones corporelles dont l’enfant a honte seront absentes ou rétrécies.
Le bonhomme tout court
Le test du bonhomme est utilisé dans l’examen psychologique. Il représente le Soi de l’enfant –son image corporelle, son identité, sa sensibilité.
Nous pouvons donc analyser symboliquement le bonhomme :
Par exemple :
La tête du bonhomme
C’est l’identité personnelle de l’enfant – sa vision intime de lui même.
C’est aussi la relation que l’enfant entretient avec les autres. –la communication, l’échange.
Ainsi l’absence ou la présence de certaines parties du visage sont des précieux éléments d’analyse. Néanmoins, l’âge de l’enfant peut être un facteur d’oubli sans importance.
Le corps du bonhomme
C’est l’homme – l’espèce humaine. Il est parfois remplacé par un corps d’animaux.
C’est son image corporelle.
L’analyse du dessin peut aider à évaluer le stade de maturation de l’enfant par rapport a sa découverte des structures corporelles. (Navarro. 2003)
Dans le cas de certaines maladies affectant le corps, le dessin du bonhomme peut être d’une grande aide pour l’enfant dans la compréhension de ses difficultés et dans l’acceptation de sa différence aux autres. (Le dessin sans l’examen psychologique de l’enfant. Aubeline Vinay)
L’habillement du bonhomme
C’est le rapport social de l’enfant.
Le vêtement peut traduire un désir, une appartenance à un genre.
Par exemple : l’enfant dessine Super Man. Il s’identifie à lui. Il se cache et se protège derrière lui. Le vêtement lui donne une force, un pouvoir, des qualités physiques ou des vertus.
Le dessin traduit, tout comme le vêtement dans la vie quotidienne, le rapport narcissique au monde. L’habillement, en tant qu’outils de renforcement de la séduction, permet d’améliorer artificiellement certains aspects du regard de l’autre. Il masque, met en valeur, transforme, augmente ou réduit les signaux de séduction. (A.Navarro. Le dessin du bonhomme chez l’enfant. 2003)
Ainsi le bonhomme peut traduit un désir, une sensation, une interrogation ou une souffrance.