20/01/2020
« Le kiné, ce n’est pas que des massages »
Kinésithérapie. Les soins sont de plus en plus prescrits. Mais les patients ne savent pas toujours comment se passe une séance et quelle sera la prise en charge. Explications.
De plus en plus, il revient au kiné d’estimer le nombre de séances.
Les masseurs-kinésithérapeutes sont de plus en plus sollicités alors que leur métier souffre d’un déficit de praticien. Plus que des simples masseurs, ce sont de vrais thérapeutes capables de soulager les douleurs, réduire le temps de convalescence et redonner ses facultés motrices à un patient après un traitement chirurgical. Métier trop peu connu du grand public, voici un point sur le rôle de ces professionnels de santé.
Qui prescrit ?
La séance de kiné est prescrite par le médecin généraliste ou spécialiste. Indispensable pour bénéficier des remboursements par la Sécurité sociale et la mutuelle. Par contre, l’accès direct au kiné sera possible en cas de lombalgies aiguës ou entorses de la cheville.dans le cadre de la refondation des urgences.
Combien de séances ?
« De plus en plus, il revient au kiné d’estimer le nombre de séances », précise Jean-François Dumas, secrétaire général de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes. Selon la pathologie et le bilan lors de la première séance, il pourra évaluer « quel quantitatif sera à mettre en rapport avec le qualitatif des soins. » Souvent, quelques gestes et exercices peuvent ensuite être faits à domicile par le patient lui-même et ainsi raccourcir le nombre de séances initial. Mais beaucoup préfèrent venir en cabinet « car stimulés et encadrés par le kiné qui représente alors autant un soignant qu’un coach ».
Pour quoi faire ?
« Le contenu flou des séances est souvent reproché aux kinés, admet Alexis Vervialle, chargé de mission en offre de soins à France Assos Santé. Il y a cette asymétrie dans la relation entre celui qui sait et le profane qui souffre. » Certains usagers s’étonnent ainsi d’être pris en charge seulement 10 minutes par le professionnel puis laissés sur un vélo ou sous une lampe chauffante le reste du temps. Ou bien ils sont plusieurs dans le même cabinet à être suivis en même temps. « Le kiné, ce n’est pas que des massages, rappelle Jean-François Dumas. Mais devant tout doute sur un soin, il faut demander des explications.
Combien de temps ?
Pas de règle établie tant le soin diffère selon la douleur qui amène le patient. « Dix minutes seront suffisantes pour un nourrisson soigné pour une bronchiolite alors qu’on pourra passer plus d’une heure avec un patient, par exemple, en soin de rééducation après une intervention post- cancer, détaille le kiné. La durée n’est pas un gage de qualité. »
À quel prix ?
La base de remboursement d’une séance par la Sécurité sociale est de 60 %, le reste à la charge de la mutuelle ou du patient. Encore faut-il que le kiné soit conventionné, donc attention aux dépassements d’honoraires très fréquents. Là encore, au patient de bien se faire préciser ce qu’il devra régler ou pas. En moyenne, une séance est facturée moins de
20 €. Plus pour certaines pathologies.