03/21/2026
𝗨𝗻 𝗰𝗵𝗿𝗼𝗺𝗼𝘀𝗼𝗺𝗲 𝗲𝗻 𝗽𝗹𝘂𝘀, 𝘂𝗻 𝗮𝗺𝗼𝘂𝗿 𝗲𝗻 𝗴𝗿𝗮𝗻𝗱 ❤️
Malgré les craintes, l’accouchement s’était bien déroulé.
J’avais été rassurée par l’équipe médicale, qui m’avait simplement recommandé de porter un masque, dans l’éventualité où je pourrais être contagieuse.
Quelques heures plus t**d, j’étais de retour dans ma chambre, avec interdiction de me lever.Heureusement, j’étais assistée par ma cousine, qui s’était autoproclamée mère du bébé et qui s’occupait de tout.
(Merci Sandra Tchuappi ❤️)
Je pus me reposer ce soir-là.
Le lendemain, l’infirmière entra à 5h30 pour donner son bain au bébé.
Elle m’informa aussi que le pédiatre passerait plus t**d pour la visite systématique.
Je répondais aux nombreuses questions du pédiatre, puis je lui demandai à mon tour si le bébé allait bien.
Je l’avais trouvé petit… et légèrement jaunâtre.
Je connaissais les conséquences d’un ictère mal pris en charge.
Il me rassura sur ce point… puis demanda à ma cousine de nous laisser une minute.
Après son départ, il me dit :
— Le bébé a un problème.
— Lequel ?
— Je pense qu’il est trisomique.
En une minute, tout s’effondra autour de moi.
Je m’affaissai sur la chaise.
Dans mon esprit, le médecin essayait de prendre le dessus sur la mère.
Trisomique…
Je bugguais.
Je tentais de rassembler mes connaissances.
Le médecin en moi voulait comprendre, agir, anticiper.
La mère, elle… voulait juste se recroqueviller et pleurer.
J’avais pris la nouvelle de plein fouet. Sans y être préparée.
Les jours qui suivirent, j’alternais entre : les examens médicaux,
les appels de félicitations auxquels je répondais comme si de rien n'était,
et les pleurs, dans ma chambre, quand ma cousine s'endormait.
“on ne pleure pas.” ( dixit Dr Claudel Noubissie )
Moi j’ai pleuré. Beaucoup.
Mais... j’ai refusé de me lamenter.
QUELQUES ANNÉES PLUS T**D
Quelques années ont passé.
J’ai accepté.
J’ai intégré ce petit chromosome en plus dans mon univers. ( Dr Patrick Ngou l'a déjà expliqué dans l'un de ces post.)
Aujourd’hui, je suis médecin…
et mère d’un enfant porteur de trisomie 21.
Un enfant à besoins spéciaux.
Un enfant, espiègle, têtu, affectueux , désordonné qui adore danser...extraordinaire, précieux.
Le premier à m'accueillir quand je rentre le soir.
En cette journée où l’on célèbre la trisodifférence, j’aimerais dire ceci :
À tous les parents d’enfants “différents”… les parents à besoins spéciaux.
vous n’êtes pas seuls.
Votre histoire n’est pas une fin.
C’est un chemin… différent, oui mais profondément humain.
Ces enfants nous apprennent une chose essentielle :
l’amour n’a pas besoin d’être parfait pour être immense.
Il y aura des jours difficiles.
Des moments de doute.
Des larmes.
Mais il y aura aussi des victoires, des moments de fous rires et une force en vous que vous ne soupçonniez pas.
Vous êtes capables. Ayez foi en vous.
Je vous laisse avec son sourire...