Florence de Coccola

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Florence de Coccola Psychanalyste. Consultante secteur social et médico-social.

Mon dernier manuscrit « Tant qu’il reste quelqu’un pour se lever » est un écrit qui s’inscrit à la frontière de la litté...
22/12/2025

Mon dernier manuscrit « Tant qu’il reste quelqu’un pour se lever » est un écrit qui s’inscrit à la frontière de la littérature et de la psychanalyse, sans se laisser enfermer dans aucune des deux.
Il ne s’agit ni d’un recueil de cas cliniques, ni d’un essai théorique, ni d’un texte littéraire au sens classique. C’est un ouvrage de portraits incarnés, suivis de lectures psychanalytiques, qui fait le choix assumé de ne jamais réduire un sujet à un symptôme, ni une vie à une interprétation.
Chaque texte est né d’une rencontre. Non pour exposer, mais pour laisser une trace juste : celle d’un moment où une parole, un silence, un geste, ont fait basculer quelque chose dans l’existence d’un sujet.
Le parti pris éditorial est clair :
- une écriture accessible sans être simplifiée
- une psychanalyse rigoureuse sans jargon défensif
- une attention constante à l’éthique de la nomination et de la représentation.
Ce livre s’adresse autant aux lecteurs familiers de la psychanalyse qu’à celles et ceux qui travaillent dans le champ du soin, du social, de l’accompagnement, ou simplement à des lecteurs sensibles à une écriture incarnée, attentive à la fragilité humaine.
Il interroge, à travers des figures singulières, des questions universelles :
- comment consentir à vivre quand la fatigue s’installe ?
- que devient le sujet lorsque les idéaux s’effondrent ?
- comment la parole, lorsqu’elle est tenue avec justesse, peut encore ouvrir un espace de transformation ?
Ce manuscrit n’ambitionne pas de produire un savoir de plus. Il propose une forme, un rythme, une tenue. Une manière de dire que tant qu’il reste quelqu’un pour se lever, pour écouter sans dominer, pour parler sans assigner, la psychanalyse et la littérature ont encore quelque chose d’essentiel à transmettre.

Parce que certaines questions ne disparaissent pas avec le temps, parce que ce qui a été vécu continue parfois d’agir, l...
26/11/2025

Parce que certaines questions ne disparaissent pas avec le temps, parce que ce qui a été vécu continue parfois d’agir, la parole peut devenir un espace nécessaire

Psychanalyste, j’accompagne des personnes confrontés à des difficultés émotionnelles, relationnelles ou existentielles : anxiété, répétition des mêmes schémas, questions identitaires, trauma, fatigue psychique, passage de vie, perte ou rupture.

Mon approche se situe dans une écoute rigoureuse, confidentielle, respectueuse du rythme de chacun.
Le travail se construit séance après séance, dans un cadre contenant, propice à la mise en sens et à la transformation de ce qui entrave.

Je reçois sur rendez-vous à Arpajon-sur-Cère.
Toute demande peut être formulée par téléphone afin de convenir d’un premier échange.

Florence de Coccola
www.florencedecoccola.fr
07 85 81 49 95

Écrire, c’est parfois résister au monde, et parfois s’y déposer enfinAujourd’hui, je peux le dire : je suis en train d’a...
19/11/2025

Écrire, c’est parfois résister au monde, et parfois s’y déposer enfin

Aujourd’hui, je peux le dire : je suis en train d’achever l’écriture de mon cinquième livre. Un livre né non pas d’un projet intellectuel, mais d’une nécessité intérieure. Un livre que je n’ai pas seulement pensé : je l’ai traversé. Pendant des mois, j’ai écrit tôt le matin, t**d le soir, dans mon salon, des salles d’attente, entre deux rencontres, entre deux réalités professionnelles parfois exigeantes. Et à chaque page, quelque chose devenait plus clair : nous ne sommes pas définis par ce que nous faisons, mais par ce que nous tentons, encore , malgré la fatigue, les doutes, les pertes ou les maladresses.

Ce livre parle de l’humain, sans détour
On y croise Gloria, Georges, Victorine, Eugénie, Ernest, Jules, Célestine. Ils ne sont pas des héros. Ils ne sont pas des figures théoriques. Ce sont des êtres humains, comme chacun de nous. Ils portent le soin, l’amour, le travail, la mémoire, le regret, l’espérance. Ils sont parfois forts, parfois à bout. Ils doutent, se perdent, se relèvent, et cherchent, avec dignité. À travers eux, j’ai voulu raconter ce que l’on ne dit pas toujours : la fatigue d’exister, la peur de ne pas suffire, la honte de ne pas être à la hauteur, mais aussi : la persévérance, l’élan, la tendresse, la capacité de transformation.

Chaque récit est suivi d’une lecture psychanalytique
Pourquoi ? Parce que raconter ne suffit pas. Parce qu’il nous faut parfois un langage pour comprendre ce qui nous traverse, pour mettre du sens là où il n’y a d’abord que du ressenti, de l’intensité ou du silence. Ces analyses ne sont ni théoriques ni abstraites : elles cherchent à éclairer, pas à expliquer, à ouvrir, pas à enfermer.

À qui s’adresse ce livre ?
À toutes celles et ceux qui : accompagnent des personnes vulnérables, travaillent dans la relation, le soin, l’enseignement, le médico-social ou le social, portent des responsabilités humaines, cherchent sens, souffle, éthique, respiration. Mais aussi, peut-être surtout, à celles et ceux qui se reconnaîtront, en secret, dans ces portraits.

Pourquoi ce livre, maintenant ?
Parce que nous vivons dans un monde où l’on accélère, où l’on performance, où la vulnérabilité dérange, alors qu’elle est, paradoxalement, le lieu exact où nous redevenons humains. Parce que je crois en cette idée : nous ne guérissons pas en effaçant nos fragilités, mais en apprenant à les regarder sans nous abandonner.

Pour l’instant… je termine. Dans le silence, la fidélité et l’humilité qui précèdent toujours la dernière phrase. Merci à celles et ceux qui, depuis des années, lisent, soutiennent, questionnent, inspirent.

Rien n’est solitaire dans l’écriture, pas même lorsqu’on écrit seule.
À suivre.

Florence de Coccola

Et apprendre aujourd’hui grâce à mon très cher Saül Karsz que mon texte « Retrouver la substantifique moelle de nos méti...
16/11/2025

Et apprendre aujourd’hui grâce à mon très cher Saül Karsz que mon texte « Retrouver la substantifique moelle de nos métiers » (LinkedIn, nov. 2025) a été sélectionné pour figurer dans la bibliographie et dans le dossier participant des prochaines Journées de Pratiques Sociales, qui auront lieu à Paris les 8-9-10 décembre.

Ces journées questionneront un thème brûlant et nécessaire : « Interventions sociales, éducatives, thérapeutiques au temps du néolibéralisme avancé : débâcle ou opportunité ? »

Mon texte sera commenté oralement au cours d’une intervention. Il sera mis en circulation aux côtés de celui d’Angélique Revest , « La solidarité en sursis ».

Je suis honorée, touchée, et reconnaissante que cette réflexion, née d’une pratique, d’un terrain, d’un engagement humain, trouve sa place dans cet espace exigeant où se rencontrent pensée critique, éthique, clinique et action sociale.

Un merci particulier à Saül, pour sa confiance, son regard, sa rigueur intellectuelle et surtout cette bonté rare qui donne envie de continuer à penser, écrire et agir. Il y a des transmissions qui nourrissent, celle-ci en fait partie.

Pour celles et ceux qui souhaitent participer à ces journées, s’inscrire, débattre, respirer, questionner et peut-être se réarmer :
Inscription ici : https://www.pratiques-sociales.org/journees-detude-et-de-formation-2025-les-8-9-10-decembre-a-paris/

Parce que nos métiers méritent mieux que la résignation.
Parce qu’ils sont faits de chair, de pensée, de lien et de dignité.
Parce que, plus que jamais, penser ensemble est un acte politique.

Florence de Coccola
Psychanalyste | Directrice | Formatrice | Autrice

Pour un travail social qui ose enfin le vivantCe qui se délite sous nos yeux n’est pas seulement un système, ni même une...
15/11/2025

Pour un travail social qui ose enfin le vivant

Ce qui se délite sous nos yeux n’est pas seulement un système, ni même une organisation institutionnelle fatiguée par les années : c’est un imaginaire.
Un imaginaire hérité d’un monde où l’on croyait que tout pouvait être géré, amorti, contenu, optimisé : les corps, les trajectoires, les douleurs, les destins.
Longtemps, le travail social a joué ce rôle : celui du rembourrage discret entre les fractures du politique et les existences cabossées ; celui du pare-chocs humain dans un modèle qui préférait réparer les dégâts plutôt que repenser la route.
Mais aujourd’hui, l’histoire change de tempo. Les crises ne sont plus des accidents, elles sont structurelles. Les effondrements ne sont plus des rumeurs, ils sont tangibles. Et face à cela, le travail social ne peut plus être le sédatif d’un système qui s’essouffle : il devient un lieu de résistance, de réinvention, parfois même d’insurrection silencieuse.

Parce que les vies que nous accompagnons ne sont pas des flux à réguler, mais des humanités à reconnaître.
Dans une maison d’enfants, une adolescente regarde par la fenêtre et dit : « On parle de moi comme d’un dossier. Mais moi, j’ai une peau. »
Dans un service ASE, un éducateur murmure après une audience au tribunal : « On protège, oui. Mais qui protège ceux qui protègent ? »
Dans un service d’insertion, un jeune homme sorti de la rue explique calmement : « Je n’ai pas échoué dans la société. La société n’avait pas prévu ma place. »
Et dans un EHPAD, une femme âgée, alourdie de silences, prend la main d’une soignante et dit simplement : « Ne m’aide pas seulement à vivre. Aide-moi à exister encore. »
Ces voix sont des boussoles. Elles disent ce que nous avions oublié : le travail social n’est pas une mécanique, c’est une rencontre. Ce n’est pas une procédure, c’est une éthique. Ce n’est pas un instrument de régulation, c’est un acte politique du soin.

Ce qui vacille, ce n’est pas la profession : c’est le modèle anthropologique qui la portait.
Nous savons aujourd’hui que la logique productiviste n’a pas seulement abîmé la planète : elle a abîmé notre façon de penser l’humain. Elle a voulu faire croire que vivre était un résultat, qu’accompagner était une performance, que la vulnérabilité était une anomalie plutôt qu’une condition partagée.
Or, ceux que le système a marginalisés, personnes en situation de handicap, jeunes sous protection, personnes exilées, travailleurs sans droits, aînés devenus invisibles, n’ont peut-être jamais été aussi essentiels qu’aujourd’hui.
Non pas comme destinataires de l’aide. Mais comme éclaireurs. Comme experts d’un monde qui vient. Comme témoins vivants de ce que signifie résister aux normes toxiques.
Ils savent ce que nous avons oublié : que la vie ne se réduit pas à produire, se conformer, performer ou durer. La vie se tisse, se relie, se transmet, se risque.

Alors, que devient le travail social ?
Peut-être ceci : un territoire du prendre soin plutôt qu’un dispositif de contrôle, un laboratoire démocratique où les personnes accompagnées ne sont plus objets, mais sujets, un espace de savoirs partagés, où l’expérience vaut autant que le diplôme, une pédagogie du lien, du conflit transformé, de la parole réparée, un engagement écologique, car protéger l’humain sans protéger le vivant n’a pas de sens.
Le travailleur social d’aujourd’hui n’est pas un gestionnaire de flux humains. Il est tisseur de possibles, traducteur de mondes, médiateur d’existences fragiles mais dignes.
Il n’a plus pour mission de réguler le dysfonctionnement d’un modèle épuisé. Il contribue à l’inventer autrement.

Et peut-être qu’au fond, tout commence par une question simple : Sommes-nous prêts à reconnaître que ceux que nous accompagnons ne sont pas à réparer mais à écouter ?
Parce qu’alors seulement, nous pourrons entendre ceci : l’avenir ne se construit pas contre les vulnérabilités, mais avec elles.
Et peut-être qu’un jour, dans un couloir d’IME, de CHRS, d’EHPAD, de foyer, de service AEMO ou de mission locale, quelqu’un dira, sans fierté excessive, sans héroïsme, mais avec la justesse d’un métier enfin réconcilié avec sa finalité : « Ici, personne n’est laissé au bord. Ici, la fragilité n’est pas un échec : elle est le début du lien. »

Et ce jour-là, silencieusement, le travail social aura changé le monde, non pas en le sauvant, mais en le rendant enfin habitable.

Texte de Florence de Coccola

Il y a plus de 3000 ans, Antigone défiait la loi des hommes pour rappeler une loi plus haute : celle du respect des viva...
12/11/2025

Il y a plus de 3000 ans, Antigone défiait la loi des hommes pour rappeler une loi plus haute : celle du respect des vivants, des morts, et du lien sacré entre eux. Elle disait qu’aucun pouvoir, aucune hiérarchie, aucune décision administrative, ne peut retirer à l’humain le droit d’être nommé, accompagné, regardé et honoré.
Aujourd’hui, dans les couloirs de certains Ehpad, résonne le même conflit, sous d’autres formes, mais tout aussi essentielles. Ce ne sont plus les corps privés de sépulture, mais les paroles privées de passage, ce ne sont plus les héros bannis de la cité, mais les visages âgés qu’on laisse sans réponse, quand disparaît soudain celle ou celui qui portait la voix, le lien, le repère.
Dans nos Ehpad, lorsque disparaît sans un mot la direction qui faisait lien alors qu'elle ne l'a pas décidé mais que ce départ lui est imposé sans motif exposé, il ne reste pas qu’un organigramme troué : il reste des résidents sans réponse, des familles qui n’osent pas demander, et des professionnels qui ne savent plus quoi porter comme parole, tant l’institution s’est tue.
Ce qui fait tenir un lieu de vie, ce n’est pas la structure. C’est la présence, la parole donnée, le lien incarné. Quand il manque, tout tremble. Quand on le retire sans récit, tout vacille.
Dans certains établissements, ceux qui alertent, qui relient, qui protègent, qui tentent de dire l’humain avant la procédure, deviennent gênants non pour ce qu’ils font, mais pour la droiture avec laquelle ils le font.
Antigone dérangeait parce qu’elle nommait le vivant. Parce qu’elle refusait que les corps, ou les liens, soient enterrés dans le silence.
Aujourd’hui, dans les Ehpad, l’éthique ne s’écrit pas dans les projets d’établissement. Elle se lève à 6h, ouvre les portes, ajuste une couverture, écoute une fille inquiète, répond à un petit-fils épuisé, rassure une équipe qui demandait juste : « mais… on leur dit quoi, maintenant ? »
Là où le vide institutionnel s’installe, une forme moderne de maltraitance naît : non pas la brutalité, mais l’absence de mots, l’effacement de sens, le défaut de récit. Alors rappelons qu'il n'existe pas de direction sans incarnation, pas d’accompagnement sans continuité, pas de soin relationnel sans parole partagée
Nous ne défendons pas des postes. Nous défendons des liens, des présences, des regards, des réponses, des vies âgées qui ne peuvent attendre que l’organisation se stabilise pour être considérées.
Et s’il faut désobéir pour rappeler cela, alors nous le ferons avec élégance, car l’élégance est la forme la plus noble du courage.
Antigone ne s’est pas battue contre un roi. Elle s’est battue pour un corps, un frère, un lien, une dignité inconditionnelle. Nous non plus, nous ne nous battons pas contre. Nous tenons pour la présence, la parole, le lien, le sens, le respect qui ne demande pas la permission d’exister.
Et s’il faut désobéir pour rappeler cela, alors, comme Antigone, nous désobéirons avec grâce.

Texte de Florence de Coccola

Et recevoir ce si beau message de mon très cher Pr Roger Gil  Recension. Florence de Coccola. Exister avec élégance. Ess...
12/11/2025

Et recevoir ce si beau message de mon très cher Pr Roger Gil

Recension. Florence de Coccola. Exister avec élégance. Essai d’expression poétique de la condition humaine. Préface de Roger Gil. Editions l'Harmattan, Paris, 2025.

« Dans son ouvrage : « Exister avec élégance », Florence de Coccola invite le lecteur à partager un voyage intérieur où l’écriture explore un territoire intime et collectif, fait de fragments à relire. L’ouvrage privilégie les facettes de l’humanité plutôt que l’enchaînement linéaire des chapitres, révélant tensions entre lumière et ténèbres, rupture et libération.
L’auteure propose d’« exister avec élégance » : mots choisis, quête d’authenticité et d’harmonie, parfois par la révolte ou la résistance. La résistance est aussi perçue comme amour qui reconnaît la lumière dans les failles, alternant silence et parole « invisible », espérance et sourire apaisant.
Le texte célèbre la complexité et la complémentarité des personnes, l’effort vers une compréhension mutuelle en dépit de la vulnérabilité de la condition humaine.
L’écriture allie esthétique et poétique : métaphores et images tissent une cascade vivante d’élans, d’espérances et d’émotions.
Des images fortes (la peau comme seuil, le rire comme clairière, la rupture comme faille) soulignent les trébuchements et les réajustements de l’existence.
Malgré blessures et erreurs, le message est d’apprendre à vivre, aimer la vie et trouver la paix face aux mystères qui nous dépassent.
Nourrie de culture philosophique, littéraire et psychanalytique, la pensée de l’auteure donne à l’ouvrage une dense dimension humaniste.
Ce texte est une ode à la vie et à la tendresse, invitant à la lecture, à la relecture, au partage et au débat pour faire résonner l’espérance en l’humanité. En somme un bel ouvrage à lire et à méditer. »

Il existe des êtres qui ne portent pas de cape, et pourtant, ce sont eux qui soutiennent le monde.Dans les couloirs feut...
11/11/2025

Il existe des êtres qui ne portent pas de cape, et pourtant, ce sont eux qui soutiennent le monde.

Dans les couloirs feutrés d’un EHPAD, là où les pas se font doux mais où les journées filent, là où les silences sont habités, j’ai rencontré des professionnels qui m’ont appris ce que n’enseigne aucune école : la présence à l’autre est un acte de civilisation.
Je veux nommer l’innommable grandeur de ceux qui ne se mettent jamais en scène et qui pourtant orchestrent la dignité des jours.
Je pense à Isoline, Marilène, Iseult, ASH à la vaillance discrète, gardiennes d’un ordre qui n’a rien à voir avec les surfaces et tout à voir avec la considération. Celles qui savent que replacer un oreiller revient à restaurer un monde, que nettoyer n’est pas effacer, mais prendre soin d’une histoire.
Je pense à Nayla, hôtesse d’accueil, qui tient l’entrée comme on tient un seuil sacré : avec présence, délicatesse et chaleur.
À Valentin, gouvernant au sens noble du terme, celui qui comprend que l’harmonie se règle dans les détails invisibles.
À Constance, assistante de direction, qui manie les chiffres sans jamais perdre l’humain du regard, et dont l’élégance professionnelle force l’estime.
À Alaric, responsable maintenance, artisan du réel, celui qui veille pour que rien ne se fissure, ni les murs,
ni la confiance.
Je pense à Isidore, chef de cuisine, à Victoire, sa seconde, alchimistes des saveurs et des mémoires, car ici chaque repas est un souvenir qui se ravive, une madeleine offerte au temps qu’il reste.
À Mélisande, animatrice du vivant, qui sait que l’on ne divertit pas le grand âge : on l’honore, on l’écoute, on le fait vibrer.
J’ai tant appris de Noéline, psychomotricienne des corps qui parlent sans mots, de Perrine, ergothérapeute réparatrice d’autonomie, architecte de gestes rendus, de Cassandre, infirmière à la présence hospitalière et fière, et d’Évelyne, dont la douceur infuse chaque pièce qu’elle traverse.
Vous n’accomplissez pas des métiers. Vous soutenez des existences.
Entre 23 et plus d’un demi-siècle de vie, vous êtes une fraternité d’âges, unis non par la similitude mais par l’engagement, par cette manière unique de ne jamais se dérober quand l’humain appelle.
Et puis il y a eux. Ceux dont les prénoms portent des décennies, des amours, des guerres, des deuils, des chants, et qui aujourd’hui nous confient l’inestimable : leur vulnérabilité. Les résidents. Les familles. À qui je n’ai pas le droit d’expliquer mon silence, car il m’est interdit par d’autres voix que celles du cœur. Alors je confie ces mots comme on dépose une main sur une épaule : je ne suis pas loin, même quand je suis absente parce que mon employeur m’interdit d’être auprès de vous, sans que je ne sache pourquoi. Je ne vous ai pas quittés, même quand je me tais. Je vous dois bien plus que ce que j’ai pu donner, et vous m’avez enseigné davantage encore. Parce que diriger un lieu comme le vôtre n’est pas un statut, c’est une transformation.
À vous, équipes admirables. À vous, résidents, trésors vivants. À vous, familles, courageuses vigies de l’amour quotidien. Je dédie ces lignes comme un flambeau, pour que jamais ne s’éteigne : l’attention, la dignité, la tendresse radicale, l’exigence douce de l’humain. Avec ferveur, avec reconnaissance, avec la fidélité du cœur.

Texte de Florence de Coccola

Et recevoir ces mots 🌿👒
11/11/2025

Et recevoir ces mots 🌿👒

Elle a toujours su réparer le vivant. Pas le réparer comme on colmate une fissure,mais comme on soutient un souffle just...
09/11/2025

Elle a toujours su réparer le vivant. Pas le réparer comme on colmate une fissure,
mais comme on soutient un souffle juste avant qu’il ne s’éteigne, comme on recoud une aile d’oiseau avec du fil de lumière, en sachant que jamais plus elle ne sera tout à fait la même, mais qu’elle pourra, malgré tout, reprendre le vent.
Elle aurait pu vivre dans les bois. D’ailleurs, elle y vit souvent. Là où rien ne se remplace, tout se transforme. Là où un objet brisé n’est pas une perte,
seulement une question posée à l’ingéniosité de la survie.
Parce que dans les massifs du Cantal comme dans les interstices de l’âme humaine, on n’a pas toujours la pièce exacte, le mode d’emploi, ou le plan d’origine.
Alors elle a appris l’art sacré de l’improvisation : redresser ce qui ploie, panser ce qui saigne, inventer une béquille pour les jours sans appui, faire une lampe avec trois braises et un peu de foi, tenir ensemble les fragments avec du sens, parfois seulement avec des mots.
Dans les institutions on jette vite. Les gens, les idées, les failles, les temps fragiles. C’est l’époque qui veut ça : du neuf, du lisse, du rentable, du certifié conforme. Mais elle, elle ramasse. Tout. Les phrases tues. Les larmes qui n’ont pas coulé. Les colères qui cognent comme un poing dans une poche. Les corps professionnels exténués. Les invisibles, les trop bruyants, les trop cabossés. Et même les débris qui blessent, parce que parfois ce sont eux qui coupent la forme la plus juste.
On lui a dit souvent : ce n’est pas comme ça que ça se fait. Ce n’est pas rentable. Ce n’est pas stratégique. Ce n’est pas adapté. Ce n’est pas prévu dans la procédure.
Elle a souri, ce sourire un peu douloureux, un peu feu de forêt. Et elle a continué. Parce que ce qui sauve ne rentre jamais dans les cases. Parce que le vivant ne remplit pas des tableaux Excel. Parce que l’humain n’a pas de manuel technique. Parce que la dignité n’est pas un indicateur.
Et quand quelque chose se casse une équipe, une institution, une confiance, une personne, elle ne cherche jamais d’abord qui accuser, elle cherche comment tenir. Comment recoller. Comment faire un pont avec ce qu’il reste. Comment transformer l’échec en matériau, la chute en levier, la fatigue en charbon vivant.
On croit qu’elle collectionne les morceaux par nostalgie. C’est faux. Elle les collectionne par clairvoyance. Parce qu’elle sait que dans les débris se cachent les outils du lendemain. Qu’une planche fendue devient une porte. Qu’un cri devient une direction. Qu’une cassure peut devenir un passage.
Elle n’écrit pas pour se souvenir. Elle écrit pour sauver ce qui pourrait encore advenir. Elle ne soigne pas pour réparer. Elle soigne pour rendre le monde à ceux qu’on a convaincus d’être en trop. Elle ne dirige pas pour contrôler. Elle dirige pour protéger ceux qui tiennent la fragile lampe humaine au milieu du vent administratif. Elle n’improvise pas parce qu’elle manque de solution. Elle improvise parce qu’elle refuse celles qui renoncent au vivant.
Elle est de celles qui disent : si c’est brisé, on ne le jette pas. On le regarde assez longtemps pour comprendre sa seconde vie. De celles qui disent : si ça ne tient plus debout, on lui trouve une autre façon de se dresser. De celles qui disent : si l’époque ne fabrique plus d’endroits pour l’humain, alors nous les construirons avec ce que nous avons, même si nos mains tremblent, même si les planches sont tordues, même si la forêt hurle. Parce qu’il ne s’agit pas de faire solide. Il s’agit de faire vivant.
Et ça, c’est un art que seuls connaissent ceux qui ont ramassé assez de morceaux du monde, assez de personnes fracassées, assez d’institutions dévoyées, pour comprendre qu’aucune réparation n’est parfaite. Mais que certaines sauvent.

Texte de Florence de Coccola

Retrouver la substantifique moelle de nos métiersIl fut un temps où le secteur social et médico-social était porté par u...
06/11/2025

Retrouver la substantifique moelle de nos métiers

Il fut un temps où le secteur social et médico-social était porté par un souffle, une conviction : celle que l’humain devait rester au cœur. Celle que la vulnérabilité n’était pas un défaut à corriger, mais un lien à honorer. Celle que nos institutions n’existaient pas pour produire du rendement, mais pour accueillir des vies.
Aujourd’hui, ce souffle s’essouffle. Sous la pression des chiffres, des indicateurs, des procédures qui rassurent les sièges plus qu’elles ne soulagent les êtres, nos métiers se perdent. Le soin devient gestion, la relation devient reporting, et le sens s’étiole dans les tableaux de bord.
Les scandales qui ont éclaté ces dernières années ont mis à nu ce que beaucoup pressentaient : une dérive systémique, une gouvernance déconnectée du terrain, un management qui, souvent, ne voit plus ni les mains qui soignent, ni les regards qui attendent.
Et pourtant, derrière chaque établissement, chaque service, ce sont des femmes et des hommes qui continuent d’y croire. Des professionnels engagés, des proches épuisés mais présents, des résidents, des personnes accompagnées qui gardent, malgré tout, une dignité bouleversante.
J’ai vu, dans ces lieux, la beauté du lien. J’ai vu des professionnels essuyer des larmes qu’aucune fiche de poste ne mentionne. J’ai vu des familles tenir la main de leur parent absent à lui-même, et par ce simple geste, rappeler à tous que l’humain précède l’institution. Mais j’ai aussi vu des directions fragilisées, des cadres isolés, des équipes découragées, prises entre les injonctions contradictoires : être à la fois rentables et bientraitants, performants et humains.
Et lorsque certains osent rappeler le sens, la loyauté, l'engagement réel, ils deviennent parfois gênants, suspects, écartés, comme si l’éthique était devenue un risque à gérer.
Ce texte est un appel à la conscience. Nous devons retrouver la source : celle du prendre soin, du faire lien, de l'idée de l'accompagnement de l'autre, du penser ensemble. Nous devons réhabiliter la parole professionnelle, réinventer la gouvernance, et remettre au centre ce que les fondateurs du travail social avaient placé en 1er : l’humanité.
À tout ceux qui, malgré les vents contraires, continuent à exercer leur métier avec cœur : merci. À ces proches qui ne renoncent pas. À ces professionnels qui ne se contentent pas d’obéir, mais continuent de penser ce qu’ils font. À ces directeurs, cadres, ces équipes pluridisciplinaires, qui tiennent les murs humains de nos institutions. À ces personnes accompagnées qui nous réapprennent chaque jour l’essentiel. Si nous sommes là, c'est parce qu'eux sont là. Ne l'oublions jamais.
Puissions-nous, ensemble, redonner à nos institutions leur visage d’origine : celui d’un lieu de vie, pas d’un centre de gestion. Un lieu où le sens guide la loi, où la parole précède la procédure, et où la main reste tendue, malgré tout et ce, dans un indéfectible sourire.

Texte de Florence de Coccola

27/10/2025

Je sais exactement à quel moment j’ai compris que j’étais à ma place en tant que psychanalyste. Ce ne fut ni une décision spectaculaire, ni un choix soudain. Ce fut autre chose, quelque chose de plus lent, de plus intime, de moins triomphant : un assentiment silencieux. Une reconnaissance intérieure. Une place qui, loin d’être prise, s’est laissée rencontrer.
J’ai toujours pensé que l’on ne devient pas psychanalyste par vocation. Ce mot sonne trop religieux, trop héroïque, trop artificiel. On le devient peut-être par nécessité. Par fidélité à quelque chose qui nous traverse sans que nous sachions d’où cela vient. On le devient parce que l’on a éprouvé que la parole est une maison, parfois en ruine, parfois presque inhabitable… mais dont il reste toujours une porte à entrouvrir.
Ce n’est pas un métier. On peut être boulanger, maçon, professeur, avocat, infirmière. Mais psychanalyste… non. Ce n’est pas une profession que l’on coche dans une case administrative. C’est une manière de se tenir dans l’existence. Une éthique avant d’être une pratique. Une responsabilité avant d’être un faire. Une écoute avant d’être un dire.
Je me sens à ma place non parce que j’aurais la certitude de savoir. Au contraire : je me sens à ma place parce que je n’ai jamais prétendu détenir ce que l’autre ignorait. Je ne suis pas là pour expliquer la vie ; je suis là pour faire place à la vie dans ce qu’elle a de plus indomptable, de plus répété, de plus blessé aussi. Je suis là pour écouter ce qui, chez chacun, échoue d’abord à se dire. Ce qui passe par le tremblement d’une voix, le battement d’un silence, une phrase interrompue. Je suis là pour soutenir l’inavouable, pas pour le juger. Pour accueillir la honte, pas pour l’alimenter. Pour donner consistance au sujet, pas pour le diriger.

Je me souviens de cet homme de cinquante ans qui, lors de sa première séance, resta assis face à moi sans un mot. Trente-cinq minutes de silence. Un silence massif, compact, saturé de peur. Je l’entendais pourtant ce silence, je le sentais, il tremblait dans la pièce. Quand l’heure s’est terminée, il a dit seulement : « Ici, je crois que j’ai le droit de ne pas être fort. » À cet instant, je n’ai rien répondu. Aucun commentaire, aucune interprétation. Juste cette phrase déposée, presque fragile, qui venait dire davantage qu’un long récit. Je n’ai rien répondu parce que, déjà, il avait commencé à parler, non par les mots, mais par le geste même de venir, de se tenir debout face à lui-même. C’est cela, être psychanalyste : savoir entendre ce qui ne s’est pas encore formulé.

La psychanalyse m’a appris qu’il n’y a pas de hasard dans ce qui insiste. Que le symptôme n’est pas un ennemi à abattre, mais un message à traduire. Que chaque répétition douloureuse, chaque impasse, chaque survivance de douleur est un appel adressé à quelqu’un, un appel parfois enfoui, mais tenace. Freud l’a écrit avec une simplicité qui demeure une boussole : là où était le ça, le je doit advenir. Winnicott a ajouté que le sujet ne se déploie que lorsqu’il se sent suffisamment en sécurité pour exister sans menace. Et Lacan a ouvert la voie : l’inconscient est structuré comme un langage. Depuis, je sais que chaque être humain est une énigme vivante, non pas un problème à résoudre, mais un déploiement de sens à accueillir.

Il y a aussi cet enfant, huit ans, cabossé par une violence qu’il ne pouvait pas nommer. Un de ceux qui dessinent plutôt que parler. Il venait chaque semaine et plaçait sur la table toujours les mêmes trois figurines : un tigre, un fermier, et un petit garçon sans yeux. Semaine après semaine. Aucun récit. Juste ce rituel. Et puis un jour, il a mis le garçon dans la gu**le du tigre. Et il a murmuré, très bas : « C’est lui le père. » Le jeu venait de faire surgir la vérité avant les mots. Il n’y avait rien à interpréter trop vite, rien à expliquer. Seulement accompagner, tenir cet espace où enfin quelque chose de lui osait apparaître. L’écoute psychanalytique n’est pas un savoir sur l’autre ; elle est une fidélité à ce qui cherche à naître.

On dit parfois : mais comment supportes-tu de recevoir tant de souffrance ? Je réponds : je ne la supporte pas, je la reçois. Nuance essentielle. La souffrance de l’autre n’a pas besoin d’un mur mais d’une présence. Elle n’attend ni conseils ni solutions toutes faites. Elle attend un lieu. Une adresse. Quelqu’un devant qui déposer ce qui n’a jamais trouvé sa place. Être psychanalyste, c’est être ce lieu, pas un refuge confortable, non, mais un espace exact, tenu, rigoureux, où la parole ne se perd pas.
Être psychanalyste, c’est aussi consentir à l’impossible. Impossible de savoir à l’avance ce qui viendra, impossible de diriger un parcours psychique, impossible de prévoir le moment où un sujet rencontrera ce qu’il cherche. Impossible également de se protéger complétement : on est traversé, déplacé parfois, questionné souvent. Et pourtant, je m’y sens infiniment à ma place. Parce que cette impossibilité n’est pas un obstacle. Elle est la condition du vivant.
Je ne suis pas là pour rassurer. Je ne suis pas là pour conseiller. Je suis là pour soutenir un chemin de vérité. Une vérité singulière, jamais universelle. Une vérité qui n’est ni morale ni sociale, mais intime, profonde, parfois douloureuse, et pourtant libératrice. Quand quelqu’un entre dans mon cabinet, je ne cherche pas à savoir qui il devrait être, je cherche à entendre qui il est.

Il y a cette femme aussi, quarante-trois ans, incapable d’aimer sans s’effondrer. Elle disait qu’elle « devenait trop » ou « pas assez », qu’elle « fatiguait les autres », qu’elle « ne savait pas garder quelqu’un ». En vérité, elle était simplement amputée de son droit au désir. Enfant, on lui avait appris à se taire, à obéir, à ne rien vouloir. Elle avait confondu amour et effacement. Je n’avais pas à la consoler. Je devais lui permettre de se rencontrer enfin, de retrouver sa voix, celle qui, longtemps, avait manqué d’adresse. Ce qu’elle a trouvé dans l’analyse n’est pas un manuel de vie, mais un espace où elle a pu devenir auteur de son existence.

Je me sens à ma place quand je vois la parole faire son travail souterrain, quand je vois peu à peu un être se réconcilier avec lui-même. Non pas en devenant parfait, propre. Mais en devenant juste. En se tenant dans sa propre humanité, complexité comprise. Quand un analysant ose dire enfin ce qu’il a toujours craint d’entendre sortir de sa bouche, je sais que quelque chose est en train de naître.
Je me sens à ma place quand l’inconscient surgit, quand un lapsus éclaire une vie entière, quand une association libre relie le présent au passé avec une force inattendue, quand une répétition trouve son origine, quand l’autre ose se tenir au bord de ce qu’il fuyait.
Je me sens à ma place parce que je crois à la puissance du langage. Parce que je sais que parler, ce n’est pas bavarder : c’est chercher une voie. Chercher une vérité. Chercher une existence.

Je n’idéalise jamais la psychanalyse. Elle n’est pas miracle, elle n’est pas magie. Elle ne promet rien, sinon un travail. Et je crois que c’est sa grandeur. Elle ne confond pas soin et morale. Elle ne cherche pas à faire entrer les êtres dans des cases. Elle ne prétend pas rééduquer. Elle ouvre, elle ne ferme pas. Elle ne dicte aucune direction ; elle révèle ce qui, en chacun, cherche sa propre orientation.
Je me sens à ma place comme psychanalyste parce que je crois que la liberté existe, pas comme un slogan, comme une conquête fragile, exigeante, infiniment humaine. Une liberté qui ne nie pas l’histoire, mais la traverse. Une liberté qui sait d’où elle vient et qui pourtant choisit où aller. Une liberté qui ne nie pas l’inconscient mais dialogue avec lui.
Être psychanalyste, ce n’est pas guérir les autres. C’est les accompagner à se rencontrer. À s’entendre. À se relier. À se dire. À se choisir. Et parfois, à se relever.

Dans cette place silencieuse où je me tiens, je ne cherche pas à être admirée, ni aimée, ni indispensable. Je cherche seulement à être juste. Juste à ma place. Juste dans mon écoute. Juste dans ma présence. Juste dans mon engagement.
Et au fond, je crois que je fais ce travail pour une seule raison : parce que j’ai foi en l’humain. Profondément. Radicalement. Sans naïveté, sans illusion. Une foi simple : je crois que personne n’est condamné à répéter toujours la même douleur. Que chacun peut s’accorder cette possibilité inouïe : devenir sujet de sa propre vie.
Voilà pourquoi je me sens à ma place.

Texte de Florence de Coccola

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