13/01/2026
En médecine chinoise – ou plus précisément dans la pensée taoïste – nous sommes encore dans l’année du Serpent de Bois 2025.
Comme tu le sais sûrement, le nouvel an chinois n’a pas lieu le 1er janvier.
Il correspond à la première nouvelle lune de l’année.
En 2026, elle aura lieu le 17 février, et nous entrerons alors dans l’année du Cheval de Feu.
Mais on peut aussi considérer la place du soleil.
Dans ce cas-là :
le début du printemps sera autour du 4 février,
le début de l’été autour du 5 mai,
le début de l’automne autour du 8 août,
le début de l’hiver autour du 7 novembre.
À cela se rajoute une intersaison de 18 jours avant chaque changement.
L’hiver prendra donc fin le 18 janvier, dans quelques jours.
Mais en attendant cette date, vous me dites peut-être : « Mais il fait froid, il peut encore neiger, et le printemps est bien loin… On est donc en plein hiver, non ? »
Oui, c’est vrai en apparence.
Mais en dessous, il y a tout un monde qui bouge.
Dans la pensée chinoise, on ne considère pas uniquement ce qui est visible.
On s’intéresse aussi – et surtout – à ce qui l’a fait apparaître.
On considère ainsi le solstice d’été, lorsque le soleil est au plus haut, comme le milieu de l’été, et le solstice d’hiver comme le milieu de l’hiver.
Il en est de même pour les équinoxes de printemps et d’automne.
Car pour se hisser au point le plus haut du ciel, le soleil progresse chaque jour un peu… puis redescend de la même manière.
Il ne passe jamais de bas à haut d’un seul coup.
Et c’est exactement pareil pour les saisons.
L’équinoxe de printemps du 21 mars a donc été longuement préparé.
Car le jour où les premières feuilles seront visibles à l’extérieur, elles auront déjà derrière elles tout un chemin de création.
Et ce chemin commence… dès le solstice d’hiver.
Dès le 21 décembre, le soleil recommence à monter.
L’énergie se prépare à éclore, la chaleur se condense dans les entrailles de la terre.
La sève, nourrie par les eaux de l’hiver, se rassemble et se prépare à monter dès que les canaux ne seront plus serrés par le froid.
La feuille visible le 21 mars aura été imaginée, préparée et créée bien avant d’être poussée à la visibilité.
Et toute cette phase de création fait déjà partie de l’énergie du printemps.
Pour nous, les humains, c’est exactement pareil.
Pour que notre énergie puisse éclore au mois de mars, elle a besoin d’être nourrie par la régénération de l’hiver, puis d’être imaginée, préparée et entraînée.
Même si le froid règne, l’énergie remonte déjà pour préparer l’été et le prochain solstice.
Et elle est palpable.
Les jours rallongent inévitablement.
Le Yang croît au cœur du Yin – comme ce petit point blanc dans le noir – avant de s’amplifier et d’apparaître.
Hier encore, je me suis baladée par un froid sec et sévère.
On aurait dit le cœur de l’hiver.
Le givre serrait fermement chaque branche, chaque feuille, chaque tige.
L’ancien, le fané, le fatigué dominent encore.
Et pourtant, dans ces froids secs, la chaleur peut s’exprimer.
Malgré le Yin apparent, le Yang est déjà perceptible à travers les rayons du soleil.
Quand on se concentre, on ressent cette énergie naître et se transmettre à notre corps, pour nous nourrir d’un nouvel élan de création au printemps (on va en reparler).
Il est profondément bon de sentir que le Yang se prépare à renaître, à affluer dans nos veines, nos yeux, nos muscles et nos pensées.
Le temps du Yin est presque révolu… même s’il fait encore semblant de dominer.
Je vous laisse donc pleinement goûter à ces derniers moments de l’année du Serpent de Bois 2025, et prendre le temps de vous connecter à ce mouvement montant.
De laisser encore le Yin vous nourrir et vous régénérer, afin de donner de la substance au Yang montant de l’année du Cheval de Feu 2026.