09/12/2016
« Alerte aux implants contraceptifs »
Le Parisien
C’est ce que titre Le Parisien, qui annonce sur une double page que « les implants Essure font l'objet pour la première fois d'une action en justice ».
Le journal remarque ainsi : « Des femmes épuisées, en dépression ou avec des douleurs «terribles» au ventre. Derrière leurs maux, s'esquisse une nouvelle crise sanitaire. Il concerne les implants de contraception définitive Essure, fabriqués par le laboratoire pharmaceutique allemand Bayer ».
« En France, 120.000 femmes y ont recours depuis leur mise sur le marché en 2002. Ces sortes de petits ressorts, implantés sans anesthésie générale dans les trompes, provoquent une obstruction rendant définitivement impossible la fécondation. Mais, pour certaines patientes, les effets secondaires se révèlent dramatiques », explique le quotidien.
Le Parisien indique que « l'avocat Charles Joseph-Oudin, le défenseur des victimes du médicament Mediator, lance aujourd'hui la première action judiciaire en France contre le fabricant ». Me Oudin déclare : « Je demande que des experts soient nommés, afin de chiffrer les préjudices dont sont victimes deux patientes que je représente. On n'est qu'au début d'un très gros dossier de santé publique. Une première audience devrait se tenir en janvier ».
Le journal observe que « l'une des deux plaignantes est Marielle Klein, une mère de famille lorraine, fer de lance de ce combat inédit. La pétition qu'elle a lancée est un énorme succès. Les plus de 45.000 signataires en appellent à Marisol Touraine et demandent à la ministre de la Santé «d'agir». Vingt-huit autres dossiers sont examinés par l'avocat ».
« Du côté de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), on précise que ce dispositif médical, remboursé par la Sécurité sociale, est «sous surveillance renforcée». Selon nos informations, le nombre de signalements augmente : 42 en 2012, 58 en 2013, 142 en 2014, 242 en 2015 et 162 entre janvier et octobre 2016 », dévoile Le Parisien.
Il note que « les gynécologues se veulent «vigilants». Réunis à Montpellier pour leur congrès annuel, ils reçoivent ce matin 4 patientes ayant fait retirer leurs implants après de graves complications. […] Devant les pontes de la gynécologie, les lanceuses d'alerte formuleront leur souhait : la nomination d'un comité scientifique chargé de mesurer les effets secondaires d'Essure. Et voir ainsi si un protocole national de retrait est nécessaire ».
Dans un entretien, Bernard Hédon, président du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), qui « a envoyé une note interne à 3.000 de ses collègues gynécos pour leur demander d'être vigilants », déclare : « Qu'il y ait certains effets secondaires au début comme des petites douleurs ou une légère inflammation est compréhensible. Mais certaines patientes subissent des effets dans des proportions inacceptables ».
Le praticien évoque « un amaigrissement, une fatigue pouvant aller jusqu'à la dépression nerveuse, des céphalées, des douleurs musculaires et/ou articulaires. Ce qui est troublant, c'est la coïncidence de date entre la pose du dispositif et le début des symptômes ».
Bernard Hédon indique toutefois que « pour l'heure, la balance bénéfices-risques de la technique Essure reste positive, selon les autorités sanitaires. Il faudra voir comment cela évolue. Notre devoir est aujourd'hui d'écouter les femmes et de les informer des risques ».
Le Parisien livre enfin la réaction du laboratoire Bayer, qui indique que « le dispositif médical Essure est un moyen de contraception présentant un rapport bénéfice/risque positif, pour les femmes qui n'ont plus de désir de maternité et qui souhaitent une contraception définitive. Depuis 2002, la sécurité et l'efficacité de la méthode ont été confirmées par plus d'une décennie de recherches scientifiques ».
« Comme pour toute procédure médicale, des effets secondaires peuvent apparaître : il s'agit principalement de crampes, de nausées, de vomissements, de vertiges, d'étourdissements et de saignements. Des douleurs dorsales, abdominales ou pendant les rapports peuvent survenir », ajoute le laboratoire.
Date de publication : 9 Décembre 2016