28/02/2026
Médecin spécialiste
Je partage ceci car en ce texte est d’une pertinence cruelle. On a tous entendu parler d’un collègue qui s’est suicidé, un collègue qui a une pratique médicale tellement défensive que cela devient un problème, un collègue qui s’effondre sur la pression… bref, les médecins sont avant tout des humains comme les autres.
« Fatigués d’être des héros en temps de crise et des coupables en temps de paix »
Bonne lecture
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Nous ne perdons pas des médecins à cause de l’argent
Nous ne perdons pas des médecins à cause de l’argent.
Nous les perdons à cause de l’épuisement émotionnel.
Un collègue de mon unité a quitté la médecine.
Major de promotion. Médaillé d’or. Des mains brillantes.
Il n’a pas échoué — il a choisi de partir.
Quand je lui ai demandé pourquoi, il m’a répondu simplement :
« Je peux supporter les longues heures de travail.
Je ne peux pas supporter de perdre des patients, puis d’en être tenu responsable. »
Un autre médecin n’a pas quitté.
Il est mort. Par su***de.
Après des mois de gardes incessantes aux soins intensifs, de menaces judiciaires et d’humiliations publiques en ligne.
Il n’y a eu aucun titre dans les journaux. Aucun tollé.
Seulement des funérailles — et un service qui a repris son activité dès le lendemain matin.
Un chirurgien chevronné. Une complication.
Pas une négligence. Une complication.
Cela s’est transformé en mises en demeure et en attaques publiques.
Il est parti.
Il dit qu’il dort mieux.
Il dit qu’il se sent plus léger.
Il dit que le bloc opératoire ne lui manque pas.
Cette phrase devrait tous nous inquiéter.
Partout dans le monde, des médecins quittent la pratique clinique.
Non pas parce qu’ils ne supportent pas le travail difficile,
mais parce qu’ils sont fatigués de porter seuls des issues qui n’ont jamais été entièrement sous leur contrôle.
Fatigués d’être des héros en temps de crise et des coupables en temps de paix.
Fatigués de l’idée que lorsque la biologie l’emporte, quelqu’un doit forcément être fautif.
Fatigués d’exercer sous une suspicion permanente.
La médecine exige la compétence.
Mais elle survit grâce à la résilience émotionnelle.
Et cette résilience est en train d’être brisée.
Quand les meilleurs médecins partent, cela se fait en silence.
Les cas à haut risque sont évités.
La médecine défensive augmente.
La compassion s’effrite.
Peu à peu, le système devient moyen.
Non pas parce que les médecins sont devenus moins compétents,
mais parce qu’ils sont devenus moins disposés.
Les médecins ne sont pas des meurtriers.
Ce sont des êtres humains qui s’épuisent en silence.
Si nous refusons de reconnaître cette vérité, le système continuera de perdre ses meilleurs éléments.
La pénurie ne sera pas seulement numérique.
Elle sera morale.
— d’après Doctors Are Not Murderers, Shome & Heda
Traduit par IA
We are not losing doctors to money.
We are losing them to emotional exhaustion.
A fellow in my unit quit medicine.
Top ranker. Gold medalist. Brilliant hands.
He did not fail. He walked away.
When I asked why, he said:
“I can handle long hours. I cannot handle losing people and then being blamed for it.”
Another doctor did not quit.
He died. By su***de.
After months of relentless ICU duty, litigation threats, and public humiliation online.
There was no headline. No outrage.
Just a funeral. And a department that moved on the next morning.
A senior surgeon. One complication.
Not negligence. A complication.
It spiraled into legal notices and public abuse.
He left.
He says he sleeps better.
He says he feels lighter.
He says he does not miss the operating room.
That sentence should disturb us.
Across countries, doctors are leaving clinical medicine.
Not because they cannot handle hard work.
But because they are tired of carrying outcomes that were never fully in their control.
Tired of being heroes in crisis and villains in peacetime.
Tired of the assumption that if biology wins, someone must be guilty.
Tired of practicing under constant suspicion.
Medicine demands competence.
But it survives on emotional resilience.
And that resilience is being crushed.
When the best doctors leave, it is silent.
High-risk cases are avoided.
Defensive medicine rises.
Compassion shrinks.
Slowly, the system becomes average.
Not because doctors became less capable.
Because they became less willing.
Doctors are not murderers.
They are humans who are burning out quietly.
If we refuse to acknowledge that truth, the system will keep losing its best people.
The shortage will not be numerical.
It will be moral.
. From: The authors of "Doctors Are Not Murderers." Shome & Heda