02/02/2026
Nous pouvons devenir parfaitement nous-mêmes avec toutes nos imperfections.
Pratiquer zazen, ce n'est pas atteindre quelque chose de spécial, au-delà de la condition humaine, au-delà des autres, c'est simplement trouver la juste distance par rapport au fonctionnement égotique compulsif.
Obaku dit : « L'imbécile garde son esprit et chasse les situations, l'homme de la Voie garde les situations et chasse son esprit. »
C'est-à-dire que, quoi qu'il advienne, on l'accepte tel quel, que ce soient les difficultés extérieures ou que ce soient les pensées. Mais on ne s'en saisit pas avec l'esprit, on ne bâtit pas là-dessus des
sentiments, des opinions.
On se dessaisit de l'esprit qui juge, qui saisit et qui rejette, aussi bien en ce qui concerne les phénomènes extérieurs qu'intérieurs.
C'est ce qu'Obaku appelle « trancher la tête au dessus de la tête ».
Quoi qu'il advienne, c'est là. Je ne refuse pas les situations mais je laisse l'esprit. Je pense que c'est le secret de notre pratique, le secret de hishiryo.
Ce qui fait l'authenticité d'un homme de la Voie, d'un moine zen, ce n'est pas des qualités extraordinaires, une sorte de perfection, mais c'est la rigueur dans la pratique du détachement, qui fait de lui un homme libre, capable d'aider les autres.
Maître Eckhart, dans une autre tradition, dit la même chose.
Il parle du « nu détachement », se tenir vide de tout, même du rien.
C'est s'approcher au plus près du centre immobile de nous-mêmes.
Revenir à la source pour ensuite retourner dans les phénomènes, dans les tribulations de la vie, avec une nouvelle fraîcheur, une nouvelle énergie, une nouvelle disponibilité.
Le Samadhi du miroir précieux
L'Hokyozanmai de Tozan Ryokai
Commenté par Luc Boussard