Section Clinique de Bruxelles

Section Clinique de Bruxelles Faire connaître l'enseignement de la psychanalyse lacanienne en Belgique On n’en sort pas. (1)Du grec mathema, ce qui s’apprend.

Prologue de Guitrancourt
12 déc, 2010 par Jacques-Alain Miller

Nulle part au monde il n’y a de diplôme de psychanalyste. Et non pas par hasard, ou par inadvertance, mais pour des raisons qui tiennent à l’essence de ce qu’est la psychanalyse. On ne voit pas ce que serait l’épreuve de capacité qui déciderait du psychanalyste, alors que l’exercice de la psychanalyse est d’ordre privé, réservé à la confidence que fait le patient à un analyste du plus intime de sa cogitation. Admettons que l’analyse y réponde par une opération, qui est l’interprétation, et qui porte sur ce que l’on appelle l’inconscient. Cette opération ne pourrait-elle faire lamatière de l’épreuve?
– d’autant que l’interprétation n’est pas l’apanage de la psychanalyse, que toute critique des textes, des documents, des inscriptions, l’emploie aussi bien.Mais l’inconscient freudien n’est constitué que dans la relation de parole que j’ai dite, ne peut être homologué en dehors d’elle, et l’interprétation psychanalytique n’est pas probante en elle-même,mais par les effets, imprévisibles, qu’elle suscite chez celui qui la reçoit, et dans le cadre de cette relation même. Il en résulte que c’est l’analysant qui, seul, devrait être reçu pour attester la capacité de l’analyste, si son témoignage n’était faussé par l’effet de transfert, qui s’installe aisément d’emblée. Cela fait déjà voir que le seul témoignage recevable, le seul à donner quelque assurance concernant le travail qui s’est fait, serait celui d’un analysant après transfert, mais qui voudrait encore servir la cause de la psychanalyse. Ce que je désigne là comme le témoignage de l’analysant est le nucleus de l’enseignement de la psychanalyse, pour autant que celui-ci réponde à la question de savoir ce qui peut se transmettre au public d’une expérience essentiellement privée. Ce témoignage, Jacques Lacan l’a établi, sous le nom de la passe (1967) ; à cet enseignement, il a donné son idéal, lemathème(1) (1974). De l’une à l’autre, il y a toute une gradation: le témoignage de la passe, encore tout grevé de la particularité du sujet, est confiné à un cercle restreint, interne au groupe analytique ; l’enseignement du mathème, qui doit être démonstratif, est pour tous – et c’est là que la psychanalyse rencontre l’Université. L’expérience se poursuit en France depuis quatorze ans ; elle s’est fait déjà connaître en Belgique par le Champ freudien; elle prendra dès janvier prochain la forme de la « Section Clinique ». Il me faut dire clairement ce que cet enseignement est, et ce qu’il n’est pas. Il est universitaire ; il est systématique et gradué; il est dispensé par des responsables qualifiés ; il est sanctionné par des diplômes.

« Il m’arrive en effet d’avoir des contrôles à faire, que quelqu’un qui s’essaye à pratiquer la psychanalyse vienne me p...
17/02/2026

« Il m’arrive en effet d’avoir des contrôles à faire, que quelqu’un qui s’essaye à pratiquer la psychanalyse vienne me parler de son exercice, des problèmes que cet exercice fait lever en lui. Ce que j’essaye d’introduire, d’insinuer dans sa manière – tout en la respectant dans sa singularité, le praticien aussi a droit à la singularité – ce que j’essaye d’y insinuer c’est le point de vue du singulier. Bien sûr, à l’occasion, j’accepte le problème posé en termes de classes diagnostiques, mais toujours en tentant de le désamorcer dans ce qu’il a de trop insistant, pour faire prévaloir ce que je crois plus proprement psychanalytique : le point de vue anti-diagnostique. Le diagnostic viendra de surcroît ». (Miller, 2008, Choses de finesse)
Jacques Alain Miller parle du particulier et du singulier. Alors, comment définir le particulier à partir de ce que nous enseigne Jacques Lacan ?
Alexandre Stevens (la petite girafe n°19) notait qu’une institution de notre champ n’a pas à répondre à l’idéal du « pour tous », à l’idéal de démocratie. Une institution a à s’orienter de quelque chose d’autre que ce « pour tous », de cet universel qui se trouve au fondement de la démocratie. Alors que serait ce quelque chose d’autre ? Serait-ce le particulier ? Mais qu’est-ce que le particulier ? Comment le définir ? Peut-on faire l’équivalence entre particulier et différence ? Jacques-Alain Miller nous aide à clarifier les concepts. Il dit que « le particulier permet de former des classes cliniques ». Ce sont ces classes qui permettent de distinguer un sujet névrosé d’un sujet psychotique, un paranoïaque d’un schizophrène, un sujet hystérique d’un sujet obsessionnel. Ainsi, le symptôme dans sa définition classique, concerne d’une certaine manière, toujours quelque chose de général. Il est porté à son comble dans ce qui est appelé « un diagnostic ». Bien sûr, une certaine homogénéité est retrouvée dans les ensembles ainsi définis mais une difficulté, pourtant, surgit dans cette logique de classement.

Pour illustrer cela, Bruno de Halleux propose de se pencher sur le manuel du DSM. En effet, dans cet ouvrage il y a une rubrique puis une sous-rubrique qui indique qu’il y a un reste. Il y a quelque chose dans la rubrique épinglée qui échappe toujours à la rubrique. Ainsi, l’ensemble des parties de toutes les classes ne couvre jamais l’entièreté du réel de la clinique. Le particulier est donc d’une certaine façon, le fait de distinguer la partie d’un tout.
Ce qu’il se passe en France aujourd’hui autour de la place de la psychanalyse dans le champ du soin illustre bien la difficulté d’inclure ce qui échappe à toute volonté diagnostique. Dès lors, ceci nous fait apercevoir combien toute particularisation, si fine soit elle, risque de manquer toujours ce reste, ce quelque chose qui ne se range pas dans les particularités définies, ce reste qui s’en exclut à chaque fois. Il faut donc tirer la conclusion que le particulier ne suffit pas à rendre compte d’une clinique quelle qu’elle soit. Le particulier ne résorbe pas tout de la clinique, il y a toujours un reste. Pour tout parlêtre, il subsiste toujours quelque chose qui résiste, qui ne s’inclut pas dans le diagnostic, aussi fin soit-il. Le signifiant, aussi étendu soit-il, ne résorbera jamais de façon complète le réel comme tel. C’est pour cela que Lacan a inventé une façon d’épingler cette part non symbolisable par le signifiant qu’il a appelé « l’objet a ».
Le particulier, un fois qu’il est défini, a besoin d’être déplié. Il y a une part de ce particulier qui est universel et une autre part qui fait obstacle. Il faut donc ajouter, au particulier, un autre concept pour rattraper ce qui ne cesse d’échapper à tout effort de catégorisation diagnostique. Mais quel est donc cet autre concept ? Lacan amène alors un nouveau signifiant qu’il appelle « le singulier » et marque une distinction entre le singulier et particulier. Alors qu’est-ce que le singulier ? Lacan le définit comme « ce qu’il y a de plus unique dans chaque individu ». Il l’écrit au registre de « l’Un », de « l’Un tout seul ». Il définit le singulier comme « ce qu’il y a du plus intime d’un parlêtre ». C’est un point d’absolu. De fait, lorsque l’on parle de relatif il y en a au moins une chose par rapport à une autre. Alors que le singulier, lui, est un point d’absolu. C’est une marque qu’il va nommer « le sinthome » (dans son tout dernier enseignement). Alors, le «sinthome » comment le définir ? Il ne se définit pas. Pourquoi ? C’est une raison qui tient au signifiant lui-même. Dès lors que l’on définit le signifiant, il est universalisé, classé, rangé. Il y a utilisation d’un deuxième signifiant pour le définir et donc nous ne sommes plus dans « l’Un tout seul ». Lorsque l’on définit un concept, une fois classé, une fois rangé, il peut être rangé dans une liste de concepts. Alors que le sinthome est le singulier par excellence, autrement dit, il est inclassable. Il incarne ce qu’il y a de plus singulier dans chaque individu, soit ce qui fait l’ombilic du parlêtre, ce qui n’est pas en lien avec l’Autre, ce qui reste hors sens. C’est une marque, une griffe, un reste qui ne va jamais se résorber par le symbolique, par le sens, par la significantisation, par l’interprétation, par le déchiffrement.
Jacques-Alain Miller dit que « le sinthome est le singulier comme tel, c’est une catégorie logique mais aussi aux limites de la logique, le singulier ne ressemble à rien. Il existe ou encore il ek-siste à la ressemblance, il est hors de ce qui est commun, parce que le langage ne dit que ce qui est commun ».
Ainsi, le singulier contrarie la question du diagnostic. Jacques-Alain Miller ajoute à ce propos « ce qui fait l’embarras du clinicien dans le contrôle, c’est souvent la question principale qu’on amène : s’agit-il d’une psychose ou d’une névrose ? Le sujet est-il plutôt obsessionnel ou hystérique ? Cette hystérie est-elle en réalité une psychose ? L’intelligence du praticien se laisse solliciter par le souci de répartir et d’assigner le patient à une classe ou à une autre. Ça se constate. Cette inquiétude-là est d’ailleurs très difficile à déplacer chez le praticien. Difficile de lui apporter la paix que peut faire régner le point de vue du singulier, en tant qu’il comporte un laisser-être : laissez être celui qui se confie à vous, laissez-le être dans sa singularité. » (Choses de finesse, 2008)
Ce reste, cette marque initiale, ce point d’incomparable propre au singulier est inassimilable à l’autre, jamais ce reste ne trouvera à s’inclure dans une organisation symbolique, quelle qu’elle soit.

Epinglage effectué par Lorraine de Montjoye, participante à la Section clinique de Bruxelles et relu par Bruno de Halleux.

Cours III à la Section clinique ce samedi 7 février.Voici ce que Valérie Lorette se propose de mettre au travail :"Mille...
04/02/2026

Cours III à la Section clinique ce samedi 7 février.

Voici ce que Valérie Lorette se propose de mettre au travail :

"Miller nous indique que le cas de l'Homme aux Loups chez Freud est une théorie du refoulement.

Nous aborderons donc le cours à partir de ce point en reprenant les méandres du rêve chez Freud et chez Lacan.

Ce cheminement nous amènera notamment à distinguer la phobie de l'Homme aux Loups et celle du petit Hans"

Cours 2 ce samedi 7 février : Katty Langelez poursuivra son élaboration autour des questions traitées au premier cours, ...
04/02/2026

Cours 2 ce samedi 7 février :

Katty Langelez poursuivra son élaboration autour des questions traitées au premier cours, à savoir : de la fusion à la séparation, les diagnostics d’autisme et de schizophrénie ont des chemins entrelacés. Quel intérêt y-a-t-il à les distinguer voire les opposer ? À quoi sert un diagnostic en psychiatrie et en psychanalyse ?

Elle se propose d'articuler les éléments théoriques amenés au premier cours à des vignettes cliniques. Une interaction dialectique entre théorie et clinique!

A samedi!

Cours 1, ce samedi 7 février à 9H à la Maison des Associations Internationales.Voici ce qu'Alfredo Zenoni se propose d'é...
04/02/2026

Cours 1, ce samedi 7 février à 9H à la Maison des Associations Internationales.

Voici ce qu'Alfredo Zenoni se propose d'élaborer:

"L'immersion de l'être humain dans le langage est à l'origine d'une
libido qui n'a pas de racines naturelles. Ce qui crée le problème du
raccord entre la dimensions du signifiant et celle de la satisfaction,
car ce raccord n'est pas inscrit dans des schémas instinctifs. Ce
qui donne lieu à différentes "solutions" cliniques à ce problème selon le mode dont ce raccord s'élabore ou ne s'élabore pas. Nous en examinerons quelques exemples.

A samedi!

Aux participants du séminaire de lecture à BruxellesProchaine séance le vendredi 06/02/2026 à 18h45 au local de l'ACF-B....
02/02/2026

Aux participants du séminaire de lecture à Bruxelles

Prochaine séance le vendredi 06/02/2026 à 18h45 au local de l'ACF-B.

Pour cette séance, nous poursuivrons la lecture du texte de Jacques-Alain Miller « Enseignements de la présentation de malades ».

Paragraphes commentés : bas de la page 20 « Lorsque le décalage ténu de l’énonciation … » jusqu’au début de la page 22 « la psychose paranoïaque n’a pas « des rapports » avec la personnalité, se corrige Lacan, c’est la personnalité ».

Nous discuterons également le texte de Jean-Claude Maleval « La psychose ordinaire est-elle une maladie de la mentalité ? ».


Bibliographie :

Maleval Jean-Claude, « La psychose ordinaire est-elle une maladie de la mentalité ? », Mental n°49, juin 2024, p. 68-74.
Miller Jacques-Alain, « Enseignements de la présentation de malades » Ornicar ? n° 10, juillet 1977.

Alba Cifuentez Suarez et Phénicia Leroy

Yves Vanderveken a proposé un retour au Séminaire III dans lequel Lacan s’attèle, à la suite de Freud, « à isoler en log...
28/01/2026

Yves Vanderveken a proposé un retour au Séminaire III dans lequel Lacan s’attèle, à la suite de Freud, « à isoler en logique et en structure ce qui fonde la différence entre névrose et psychose, mais aussi à essayer de cerner ce qui permet de poser cette distinction ». On peut, par exemple, isoler ce projet dans la façon dont Lacan nous invite à situer la question du cas Dora, paradigme freudien de la névrose hystérique, pour pointer, à un certain moment de son parcours ce qu’il appelle “un épisode délirant et paranoïaque”. Mais justement, il y fait référence pour démontrer que cet épisode de type psychotique de Dora, n’en fait pas du tout une psychotique parce qu’il n’y a pas de trouble du langage. […] Dans cet épisode, “Dora éprouve à l’endroit de son père à un moment de son parcours, un phénomène significatif, interprétatif voire, hallucinatoire”, mais “qui ne va pas jusqu’à produire un délire. C’est pourtant un phénomène qui est sur la voie ineffable, intuitive, d’imputer à autrui une hostilité et une mauvaise intention”, dit Lacan (Sém. III p. 106).
Y. Vanderveken a élaboré le schéma L de Lacan, comme « signifiant de la condition subjective du sujet en tant que cette condition dépend de ce qui se déroule en l’Autre. Ce qui s’y déroule est articulé comme un discours (l’inconscient est le discours de l’Autre et est structuré comme un langage) dont Freud a cherché d’abord à définir la syntaxe ».
« Le progrès majeur de la psychiatrie, depuis ce mouvement d’investigation qui s’appelle le psychanalyse a consisté, croit-on à restituer le sens dans la chaîne des phénomènes ; ce n’est pas faux en soi, précise Lacan, mais ce qui est faux est de s’imaginer que le sens dont il s’agit, c’est ce qui se comprend ! C’est la fameuse indication que Lacan donne aux psychanalystes et aux cliniciens : “ comprendre les malades est un pur mirage […] Si on prend la psychanalyse comme délivrant le sens des symptômes au sens d’une vérité cachée ou d’une quelconque symbolique du rêve, alors, on rabat la psychanalyse sur une psychologie. Ce n’est pas le mouvement de la psychanalyse”, dit Lacan.»
« Lacan situe la découverte freudienne comme une dimension de “commencement absolu”. Avec Freud, cela n’aboutit pas seulement à la formule que “le rêve vous dit quelque chose” car la seule chose qui intéresse Freud, dit Lacan, c’est l’élaboration ou les mécanismes à travers lesquels le rêve le dit. “Le rêve le dit comme on parle” et cela n’avait jamais été vu auparavant, dit Lacan. […] C’est moins sur ce que le rêve signifie que Lacan met l’accent que sur le travail du rêve en tant que tel. A savoir que le rêve se constitue, se forme et déforme vos pensées dites inconscientes pour qu’elles puissent se dire tout en restant méconnues à vous-même, selon des lois et des procédés qui sont propres au champ où il se dit et se transmet, à savoir le champ de la parole et du langage. Lacan formule que l’inconscient est un langage et répond aux lois de formations du langage, ce qui n’est pas étonnant puisque c’est la matière même de quoi est fait l’aveu dont Lacan parle au regard de l’expérience analytique, c’est-à-dire des mots. Autrement dit, il existe une grammaire de l’inconscient qui répond à une logique dont la linguistique peut nous apprendre quelque chose. »
« Dans la psychose, la structure langagière de l’inconscient n’est pas cryptée par le refoulement comme dans la névrose mais elle est “à nu”, dit Lacan, au plus proche de la structure. Et c’est dans ce Séminaire que Lacan utilise le syntagme “à ciel ouvert” de la structure langagière de l’inconscient. Cette dimension qui fait retour par le refoulé dans la formation de l’inconscient dans la névrose, fait retour dans le réel dans la psychose. Plus loin, Lacan insiste que ce qui distingue la névrose de la psychose, ce ne sont pas les contenus de ce qu’un sujet vous raconte. Les contenus et les significations peuvent absolument être identiques. »
« L’inconscient est dans son fond, poursuit Lacan, structuré, tramé, chaîné, tissé de langage. […] et il prend toute une série d’exemples. Dans le cas de Schreber, le patient indique que les rayons divins sont parlants. Lacan de préciser que le délire de Schreber est, à sa façon, un mode de rapport du sujet à l’ensemble du langage, seulement cet ensemble du langage, Schreber l’appelle Dieu (à la place du grand A sur le schéma L). Là où il faut saisir le phénomène psychotique c’est au niveau du rapport au langage comme tel, au niveau de la phrase et pas au niveau de la signification, précise Lacan (p. 115). Pour Lacan, “le cas Schreber, c’est le texte de Schreber” ».
L’inconscient joue sa partie de façon distincte au niveau de la névrose et de la psychose. Freud en développe un abord simple : une pensée inconsciente est une pensée écartée par l’épreuve que lui fait subir la censure, elle est refoulée (texte “l’inconscient” in Métapsychologie) […] La pulsion - “acéphale”, comme dira Lacan- reste toujours active et le processus de refoulement n’opère pas sur elle. Ce qui est refoulé “c’est la représentation qui la représente” précise Lacan, à savoir, le signifiant qui y est attaché qui permet de la représenter. Le processus de refoulement s’opère et ne concerne donc que le signifiant. Il peut arriver qu’une motion d’affect ou de sentiment soit perçue mais méconnue, comme dans l’exemple de la dénégation (cf. l’association libre du patient qui parle de son rêve :“vous allez dire qu’il s’agit de ma mère, mais ce n’est pas ma mère”).
Bien que son propre représentant a été refoulé, la motion pulsionnelle est toujours active et est contrainte de se rattacher à une autre représentation, précise Freud. “L’investissement, dans sa fuite, s’est dirigé sur une représentation substitutive qui d’une part était dans un rapport associatif avec la représentation écartée et d’autre part, étant suffisamment éloignée d’elle, permet de ne plus la relier au signifiant de départ. C’est ce qui fait que quand on est angoissé à cause d’une motion pulsionnelle et de sa représentation refoulée, on n’en voit pas la cause. Freud de préciser que “la représentation substitutive joue le rôle d’un contre investissement dans la mesure où elle garantit contre l’émergence dans le conscient de la représentation refoulée” (P. 90). La “clinique du refoulement est toute une construction” (Freud p.92). Le labyrinthe du mythe individuel du névrosé s’illustre entre autre, du réseau labyrinthique des signifiants de l’homme aux rats, de l’oubli du nom “Signorelli”…
« Freud ne s’arrête pas à sa théorie du refoulement névrotique mais cherche comment lire d’autres rapports à l’inconscient que fournit la clinique et qui contredisent, en quelque sorte, son développement. Il s’intéresse à une patiente du Dr Tausk, en début de déclenchement schizophrénique. Sa décompensation suit une dispute amoureuse : elle n’arrive pas à comprendre son amoureux… c’est un hypocrite, un “tourneur d’yeux”. Freud prend le soin de mettre en italique la formulation de la patiente. L’incidence du signifiant opère dans ce cas, sans substitut, sans déplacement, sur l’organe. Ce qui se distingue de ce que Freud appelle la “surdétermination du symptôme de conversion hystérique” dont on a vu tout le labyrinthe et le masquage. Ici, le signifiant passe comme tel dans le réel du corps, s’opère ce que Lacan appelle une “réellisation” du signifiant. »

Epinglage effectué par Sophie Boucquey, participante à la Section clinique de Bruxelles.

Samedi 7 février 15H : Anaëlle Lebovits-Quenehen aux Conférences de la Section clinique de Bruxelles et de ses antennes ...
27/01/2026

Samedi 7 février 15H : Anaëlle Lebovits-Quenehen aux Conférences de la Section clinique de Bruxelles et de ses antennes avec pour intitulé "Freud et le diagnostic".

Cours II du samedi 10 janvier, Bruxelles 10h30-12hNous partirons de cet extrait de Jacques-Alain Miller qui éclaire sa p...
02/01/2026

Cours II du samedi 10 janvier, Bruxelles
10h30-12h

Nous partirons de cet extrait de Jacques-Alain Miller qui éclaire sa pratique du contrôle. À l’horizon de cette position, on y trouve un point de vue anti diagnostique.

« Il m’arrive en effet d’avoir des contrôles à faire, que quelqu’un qui s’essaye à pratiquer la psychanalyse vienne me parler de son exercice, des problèmes que cet exercice fait lever en lui. Ce que j’essaye d’introduire, d’insinuer dans sa manière – tout en la respectant dans sa singularité, le praticien aussi a droit à la singularité –, ce que j’essaye d’y insinuer, c’est le point de vue du singulier. Bien sûr, à l’occasion, j’accepte le problème posé en termes de classes diagnostiques, mais toujours en tentant de le désamorcer dans ce qu’il a de trop insistant, pour faire prévaloir ce que je crois plus proprement psychanalytique : le point de vue anti diagnostique. Le diagnostic viendra de surcroît. » (Choses de finesse)


Bruno de Halleux, Monique Kusnierek, Katty Langelez

Cours I du samedi 10 janvier, Bruxelles 9h-10h30Retour au Séminaire III : « Il y a une relation étroite entre, d’un côté...
02/01/2026

Cours I du samedi 10 janvier, Bruxelles
9h-10h30

Retour au Séminaire III : « Il y a une relation étroite entre, d’un côté, la dénégation (rejet, refoulement) et la réapparition dans l’ordre purement intellectuel de ce qui n’est pas intégré par le sujet, et de l’autre, la Verwerfung et l’hallucination, c’est-à-dire la réapparition dans le réel de ce qui est refus » par le sujet »[1]

Le prochain cours essayera de décliner les conséquences cliniques de cette formule de Jacques Lacan, comme un élément essentiel à la question du diagnostic différentiel dans les structures lacaniennes.

Les articles freudiens « L’inconscient » et « Complément métapsychologique à la théorie du rêve »[2] devraient nous aider sur ce chemin à serrer les choses.

Quelques outils conceptuels riches devraient s’en dégager pour frayer un partage des eaux au sein même d’une clinique qui se fonde de l’inconscient.


[1] Lacan J., Le Séminaire III, Les psychoses, p. 22.
[2] Freud S., Métapsychologie.


Yves Vanderveken, Alfredo Zenoni et Nathalie Crame

Hélène Coppens poursuit l’étude du cas de l’Homme aux loups. Elle nous propose d’aborder la perversion, plus spécifiquem...
29/12/2025

Hélène Coppens poursuit l’étude du cas de l’Homme aux loups. Elle nous propose d’aborder la perversion, plus spécifiquement le fétichisme en le distinguant de la phobie, deux modes de réponses possibles du sujet face au gouffre de la castration maternelle. En voici quelques extraits :
Les trois structures, névrose, psychose et perversion, sont distinguées par leur mécanisme de défense spécifique contre la castration. Dans la névrose, c’est le refoulement. Dans la psychose, nous retrouvons la forclusion et dans la perversion c’est le déni qui est à l’œuvre. C’est sur fond d’un manque de pénis de la mère que « se révèle la nature du phallus »[1] , signifiant du manque qui donnera sa signification au désir. Le sujet fétichiste se divise face à la perception de ce manque.
Lacan parle de la division du sujet comme un nœud se structurant de manière différente selon la manière dont le sujet va se situer face « au gouffre de la castration maternelle ». Confronté à cette réalité, le sujet peut se « remparder d’une phobie »[2] ou bien « il érigera le fétiche, c’est-à-dire l’existence du pénis comme maintenue, quoique déplacée »[3].
Concernant l’Homme aux loups, la phobie est présente sous la forme de la phobie des loups. Nous savons donc que, face à la castration maternelle, le sujet peut se défendre par un symptôme particulier. Ce symptôme peut être la phobie. Elle implique, selon Freud, un refoulement et un déplacement de l’objet de la peur. Cette phobie vient faire rempart contre l’angoisse que provoque la rencontre avec la castration, en transformant l’angoisse en peur localisée sur un objet. L’homme aux loups développe une phobie pour les animaux à la suite de son rêve. Mais, cette phobie, nous explique Hélène Coppens, n’est pas une phobie résolutive comme on pourrait trouver dans le cas du petit Hans. Si elle est une tentative de réponse du sujet contre la jouissance en excès, elle repose sur un mode de la castration différent. Cette phobie ne prend pas le sens d’une métaphore. C’est une phobie sur fond de forclusion.
Elle nous invite à reprendre la première version de la métaphore paternelle de Lacan où « le Nom-du -père vient à la place du désir de la mère ». En termes freudiens, l’interdit porte sur la mère comme objet incestueux. Or, dans la phobie de l’Homme aux loups, celui-ci est identifié à sa mère mais son objet de jouissance est le père. Dès lors, l’objet incestueux ne serait pas la mère, mais bien le père. Ainsi, la tentative de réponse symptomatique à la réalité de la castration par la phobie n’a pas pu se solder par une résolution apaisant l’angoisse qui perdure, contrairement au petit Hans, de structure névrotique.
Par ailleurs, dans le cas de l’Homme aux loups, la question du fétichisme peut également se poser. Notamment à partir de sa compulsion amoureuse. En effet, le fétichisme est un autre type de défense face à la castration maternelle. Le fétiche, lui, « est un substitut de l’objet sexuel, une partie du corps ou objet inanimé »[4] . Il remplace le pénis et voile le manque, le reconnaissant de ce fait. Le fétiche n’est pas l’objet du fantasme ou l’objet du désir mais ce qui permet au sujet de désirer. Lacan mettra en avant dans son Séminaire L’angoisse la valeur du fétiche « condition dont se soutient le désir » (p. 122).
Pour conclure, cette distinction entre phobie et fétiche permet d’épingler que la phobie, comme substitution signifiante, se situe dans le registre symbolique et, comme symptôme, fait fonction de métaphore paternelle s’installant comme substitut du Nom-du- père. Le fétiche quant à lui, se retrouve plutôt du côté de l’axe imaginaire, étant une image voilant l’absence, le rien qu’est l’objet selon l’expression de Lacan[5] . Ainsi, tous deux sont des modes de jouissance particuliers.

Epinglage proposé par Laurie Cornille, participante à la Section clinique de Bruxelles avec la contribution d’Hélène Coppens et Sophie Boucquey.

[1]Lacan J., La science et la vérité, Ecrits, Paris, Seuil, 1966, p. 877.
[2] Id.
[3] Id.
[4]Freud S (1927). Le fétichisme, La vie sexuelle, PUF, Paris, 1999, p.133.
[5] Voir Séminaire La relation d’objet, 1956-1957, p. 132.

Cours III du Samedi 10 janvier entre 13h et 14h30 Maison des Associations Internationales Rue Washington, 40, 1050 Bruxe...
29/12/2025

Cours III du Samedi 10 janvier entre 13h et 14h30

Maison des Associations Internationales

Rue Washington, 40, 1050 Bruxelles

Quand on pense qu’on a tout appris sur la différence entre le refoulement dans la névrose et la forclusion dans la psychose, on découvre que ce n’est pas tout à fait le cas. Nous reviendrons sur cette distinction à partir de l’introduction et la réponse de Lacan au Commentaire parlé sur la Verneinung de Freud de Jean Hyppolite. Une fois ces concepts abordés, nous reprendrons le cas de l’homme aux loups, son rapport à l’inconscient et la structure de son hallucination.



Bibliographie:

Freud, S., « La négation » (1925), Résultats, idées problèmes, tome 2, PUF, pp. 135-139.

Lacan J, Le Séminaire, livre I, Les écrits techniques de Freud, chapitre V, pp. 63-72.

Lacan J., « Introduction au commentaire de Jean Hyppolite sur le Verneinung de Freud », Écrits, pp. 369-380.

Lacan J., « Réponse au commentaire de Jean Hyppolite sur le Verneinung de Freud », Écrits, pp. 381-399.

Hyppolite J., « Commentaire parlé sur le Verneinung de Freud », Écrits, pp. 879-887.



Gil Caroz, Valérie Lorette et Hélène Coppens

Aux participants du séminaire de lecture à BruxellesProchaine séance le vendredi 09/01/2026 à 18h45 au local de l'ACF.Po...
24/12/2025

Aux participants du séminaire de lecture à Bruxelles

Prochaine séance le vendredi 09/01/2026 à 18h45 au local de l'ACF.

Pour cette séance, nous poursuivrons la lecture du texte de Jacques-Alain Miller "Enseignements de la présentation de malades".
Paragraphes commentés : à partir du milieu de la p.18 Comment peut-on être psychiatre? (...) jusqu'à l'avant-dernier paragraphe de la p. 20 (...) ajoutant seulement que la dissolution accomplie par Clérambault de la psychose hallucinatoire systématique progressive de Magnan me semble épistémologiquement exemplaire.

Nous discuterons également la présentation de Mme Soledo, parue dans Lacan Redivivus, Ornicar Hors-série, 2021.

Bibliographie :

Lacan J., « Présentation de Mlle Boyer », in Miller J.-A. & Alberti C. (s/dir.), Ornicar ? hors-série. Lacan Redivivus, Paris, Navarin, 2021, p. 126-141
Miller Jacques-Alain , « Enseignements de la présentation de malades » Ornicar ? n° 10, juillet 1977.

Adres

51, Square Vergote
Brussels
1030

Meldingen

Wees de eerste die het weet en laat ons u een e-mail sturen wanneer Section Clinique de Bruxelles nieuws en promoties plaatst. Uw e-mailadres wordt niet voor andere doeleinden gebruikt en u kunt zich op elk gewenst moment afmelden.

Contact De Praktijk

Stuur een bericht naar Section Clinique de Bruxelles:

Delen

Share on Facebook Share on Twitter Share on LinkedIn
Share on Pinterest Share on Reddit Share via Email
Share on WhatsApp Share on Instagram Share on Telegram